Uneaf­faire de­fa­mille : une af­faire d’État ?

Première - - FILMS - MAXIME GRANDGEORGE

« Simple » chef-d’oeuvre vu d’ici, le der­nier Kore-Eda est aus­si, chez lui, un suc­cès po­pu­laire et un ob­jet po­lé­mique.

Lau­réat de la Palme d’or à Cannes, Une af­faire de fa­mille n’a pas fait l’una­ni­mi­té au Ja­pon. Le gou­ver­ne­ment nip­pon, tou­jours prompt à fé­li­ci­ter les ci­toyens qui font rayon­ner le pays à l’étran­ger, s’est mon­tré très dis­cret vis-à-vis du suc­cès cri­tique du nou­veau Kore-Eda. Shin­zo Abe, le Pre­mier mi­nistre, de sen­si­bi­li­té conser­va­trice, n’a pas fé­li­ci­té le réa­li­sa­teur pour sa ré­com­pense. Et pour cause : le film, qui a re­çu le sou­tien fi­nan­cier de l’État, ne se prive pas de cri­ti­quer ce der­nier. Ex­clu­sion so­ciale, pau­vre­té, cri­mi­na­li­té… Une af­faire de fa­mille met en ef­fet le doigt sur les fai­blesses du sys­tème ja­po­nais. Rien de plus na­tu­rel pour le réa­li­sa­teur, qui a dé­cla­ré au site The Asa­hi Shim­bun qu’« il est juste de re­ce­voir des sub­ven­tions pu­bliques pour faire des films qui cri­tiquent l’État » et que la « culture mour­ra si l’obéis­sance au pou­voir de­vient un pré­re­quis pour re­ce­voir des fi­nan­ce­ments pu­blics ». La po­lé­mique sus­ci­tée par le film, cir­cons­crite au Ja­pon, n’a pas em­pê­ché

Une af­faire de fa­mille de faire le neu­vième plus gros score de l’an­née au box-of­fice na­tio­nal, où il a dé­jà rap­por­té près de 38 mil­lions de dol­lars de recettes.

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