Première

Eddie, King of Comedy

Porté par l’excellent accueil réservé à Dolemite is my name, Eddie Murphy enfonce le clou avec Un prince à New York 2, suite de son méga carton de 1988 et énième reboot d’une carrière placée sous le signe de la démesure, des succès phénoménau­x, des bides

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FRÉDÉRIC FOUBERT

PREMIÈRE : De Dolemite is my name à Un prince à New York 2, en passant par votre retour triomphal au Saturday Night Live fin 2019, on a l’impression d’assister au come-back d’Eddie Murphy… C’est aussi comme ça que vous le vivez ?

EDDIE MURPHY :

Un come-back ? Bof, non, j’avoue que je n’aime pas trop cette idée… Je fais du cinéma depuis quarante ans, je n’étais parti nulle part ! Cela dit, je veux bien t’accorder que j’ai fait un petit break. J’avais d’ailleurs donné cette interview à Rolling Stone, en 2011, où j’annonçais que j’allais lever le pied. Ça ne devait durer qu’un an ou deux et, bon, il se trouve que je n’ai pas tourné pendant huit ans ! (Rires.) À l’exception de ce petit film indé, Mr. Church. Donc, OK, je peux comprendre que tu aies l’impression que je suis de retour. Même si je ne vis pas ça du tout comme un come-back, qui me paraît être un terme un peu ronflant.

Quand même : dans tous les choix que vous avez faits ces derniers temps, on sent l’envie de renouer le dialogue avec

Événement du mois de mars sur Amazon Prime Video, Un prince à New York 2 était à l’origine conçu comme un grand film de Noël pour la Paramount. Une fête. Une célébratio­n. Un immense happening qui ne chercherai­t pas tant à retrouver la recette magique du conte de fées rigolard de 1988 que de célébrer le souvenir de celui-ci, à coups de clins d’oeil au bon vieux temps, de flash-back, de chansons, de chorégraph­ies fastueuses, et de retrouvail­les avec des visages amis ( Arsenio Hall ! Wesley Snipes !). Apparaissa­nt parfois en retrait au milieu des festivités, comme un hôte qui ne voudrait pas trop tirer la couverture à lui, Eddie Murphy se déchaîne réellement quand il se grime en Clarence le coiffeur ou en Randy Watson, chanteur libidineux toujours à la tête du groupe Sexual Chocolate. Ils sont venus, ils sont tous là. Histoire de rappeler au monde qu’avant le Wakanda, il y avait le Zamunda.

les spectateur­s qui ont grandi avec vous dans les années 80, qui ne s’intéressai­ent pas trop à vos films pour enfants et qui avaient du coup un peu perdu le fil de votre carrière…

Écoute, voilà comment ça s’est passé : j’étais en train de buller dans mon canapé, mes batteries étaient enfin rechargées, et j’ai fini par me dire que je ne pouvais décemment pas laisser ma filmograph­ie dans l’état où elle était. Je n’allais quand même pas finir ma carrière sur Pluto Nash ou Appelezmoi Dave ! (Rires.) Il fallait que je revienne à des projets qui me faisaient vraiment marrer, que ce soit fun à faire, pour pouvoir partir en beauté, et revenir sur mon canapé. On a donc élaboré ce plan d’attaque : d’abord

Dolemite is my name, puis un passage au Saturday Night Live, ensuite Un prince à New York 2, et enfin mon retour au stand-up. Entre-temps, la Covid a frappé et mes projets de stand-up ont été remis à plus tard. Mais ça a plutôt bien commencé : Dolemite a été bien reçu, le Saturday Night Live aussi, j’ai même gagné un Emmy Award pour ça.

Vous enchaînez donc avec cette suite d’Un prince à New York, qui est l’un de vos plus gros hits, le climax de votre âge d’or. Et c’était un projet personnel. C’est vous qui en avez eu l’idée, vous qui avez fait appel à John Landis…

Oui, j’étais sur la route, dans le tour bus, je venais de rompre avec ma copine, j’étais au

sommet de mon succès, au milieu des années 80, et je rêvassais à l’idée de rencontrer une fille qui n’aurait jamais entendu parler de moi, qui ne connaîtrai­t pas le Eddie Murphy en costume de cuir… C’est parti de là. Mais attention, hein, il ne faut pas minimiser le travail de John Landis ! Si Un prince est devenu un classique, c’est grâce à lui. À cette époque, John Landis était le roi de la comédie. The man ! American College, Les Blues Brothers, Le Loup- Garou de Londres, Un fauteuil pour deux… Une suite de hits impression­nante, non ? Un prince à New York, c’est vraiment son film.

Un an avant Un prince à New York, vous cartonniez au cinéma avec la captation de votre spectacle, Eddie Murphy Raw…

Roar ?

Non, Raw !

C’est marrant, tu dis « Roar ».

Pardon, je prononce super mal. Et donc, dans, euh… Raw, il y a ce sketch où vous rêvez de partir au fin fond de l’Afrique pour trouver une amoureuse qui n’aurait jamais entendu parler de vous et qui ne serait donc pas une croqueuse de diamants…

Oui, et ?

Et Un prince à New York fonctionne sur le même principe, en l’inversant : vous êtes le riche prince africain qui va enfin pouvoir devenir anonyme en Amérique et trouver l’amour…

Je n’avais jamais fait la connexion. Mais OK, pourquoi pas !

Ça vous travaillai­t manifestem­ent beaucoup à l’époque. Est-ce qu’Un prince à New York est votre commentair­e sur le fardeau de la célébrité, la rançon de la gloire ?

Non, non, non, surtout pas ! Ce n’est pas un commentair­e sur quoi que ce soit ! Ça n’aurait jamais résonné aussi fort, à travers les génération­s, si c’était un commentair­e ou n’importe quel autre truc de ce genre ! Tu sais, c’est vraiment un film culte en Amérique. Les gens font des soirées Un prince à New York, s’habillent comme les personnage­s du film à Halloween. Il y a un restaurant qui, une fois par an, change son enseigne pour celle de McDowell’s [le restaurant fictif du film, concurrent de McDonald’s] et sert les mêmes plats que dans le film. À Noël, la chaîne VH1 le passe en boucle pendant vingt-quatre heures. Et la raison de ce culte, ce n’est pas que c’est un commentair­e sur ma vie, c’est que la distributi­on du film est entièremen­t noire ! D’habitude, quand tu vois un film avec un casting 100 % noir, tu peux être sûr qu’il va être question de troubles civils, d’injustice,

Tout juste sorti du tournage de 48 heures, son premier film, Eddie Murphy vient ici remplacer au pied levé son idole Richard Pryor, viré parce que trop drogué. Très sobre de son côté, John Landis se prend pour Frank Capra et brode une fable tordante sur la condition humaine à l’heure de Ronald Reagan. Les tenues fluo de Jamie Lee Curtis se chargent d’électriser le tout. Carton évidemment planétaire. Même en France.

de douleur, de drogue, de potentiel gâché… Nous, les Noirs, n’avions jamais le loisir de se voir dépeints à l’écran comme des gens normaux. Un prince à New York est le premier film de l’histoire de Hollywood où il y avait des princes noirs, des rois africains, etc. Mais c’est surtout le premier où on était montrés sous une lumière différente, faisant des trucs ordinaires, des trucs de tous les jours. Comme chercher le grand amour. C’est un conte de fées, un conte de fées moderne. C’est pour ça que les gens l’aiment. Et

est identique.

Les milliards de rediffs télé l’ont systématiq­uement confirmé : ce film est inoxydable, merveilleu­x, presque parfait. Eddie Murphy y est déjà à son sommet : verve mitraillet­te, virtuosité grimaçante, génie caméléon, tout est en place, il n’y a plus qu’à se bidonner. S’installe ici le vrai paradoxe de sa carrière : cette superstar n’est jamais aussi forte que lorsqu’elle est bien entourée et légèrement en retrait.

c’est l’employé du McDowell’s qui lave la salade en rêvant de devenir assistant manager. (Rires.) Je précise que j’adore Louie Anderson, hein, d’ailleurs, la preuve, quand on m’a dit qu’il fallait un Blanc dans le film, c’est à lui que j’ai pensé. Ils ne nous auraient pas laissés faire le film sans lui.

Ils flippaient vraiment ?

« Il n’y a que des Noirs ! Comment va-t- on gagner de l’argent ? Les films avec des Noirs ne marchent pas à l’étranger ! » Or, je crois bien que c’est le seul film de l’histoire du cinéma avec un all black cast qui ait cartonné partout dans le monde. Avec Black Panther bien sûr.

C’était un motif de fierté pour vous, j’imagine…

Fierté, je ne sais pas. J’avais le vent en poupe à l’époque, tout marchait pour moi et ça me

paraissait juste être la progressio­n naturelle des choses. L’étape d’après. Mais c’est sûr que le succès de mes premiers films a totalement transformé le paysage pour les acteurs, les actrices et les cinéastes noirs. Avant moi, il n’y avait pas de stars noires dont les films rapportaie­nt des centaines de millions de dollars partout dans le monde. Encore aujourd’hui, il n’y en a pas tant que ça, d’ailleurs ! On est trois : Will Smith, Dwayne Johnson et moi.

Après Un prince à New York, vos films vont être plus souvent portés par des castings majoritair­ement noirs. Vous enchaînez avec Les Nuits de Harlem – que vous réalisez –, où vous jouez le fils adoptif de Richard Pryor, comme pour signifier que les contours de votre terrain de jeu se sont agrandis…

Encore une fois : ça me paraissait être la

suite logique. Je pouvais faire ce que je voulais, aller dans toutes les directions, et j’ai choisi de faire ce film. C’est seulement maintenant que j’apprécie la chance que j’avais à l’époque. L’idée des Nuits de Harlem, c’était de réunir trois génération­s de comiques afro-américains : Redd Foxx, Richard Pryor et moi-même. C’était super important pour moi de nous montrer ensemble à l’écran. Mais Richard, en réalité, n’était déjà plus que l’ombre de lui-même, sa sclérose en plaques s’était déclarée et, physiqueme­nt, il n’était pas là à 100 %. Tant pis, je suis quand même content de l’avoir filmé, immortalis­é.

Il y avait ce lien de filiation très fort entre Pryor et vous, mais celui qui n’a pas du tout été sympathiqu­e avec vous, en revanche, c’est Bill Cosby. Vous avez souvent parlé – encore récemment dans la série de Jerry Seinfeld Comedians in Cars Getting Coffee – de ce coup de fil qu’il vous a passé pour vous faire la leçon, parce que vous disiez trop de gros mots sur scène… Vous avez eu le sentiment que votre idole vous laissait tomber ce jour-là ?

Non, parce que je n’avais jamais idolâtré Bill Cosby. Je l’aimais bien, mais ce n’était pas mon idole. Je n’avais aucune envie de ressembler à Cosby, artistique­ment parlant. Vous savez, beaucoup de comiques ont ce fond d’amertume en eux. Et je ne suis pas le seul à qui Cosby a téléphoné pour lui faire la morale. Si Richard Pryor m’avait fait ça, là, oui, ça m’aurait blessé. Mais Cosby ? C’était juste un vieux gars en plein délire. J’étais l’homme du moment, the new thing, et ça ne lui plaisait pas du tout.

Au contraire, vous avez toujours fait en sorte de donner des coups de pouce aux petits nouveaux. On croise Chris Rock tout jeunot dans Le Flic de Beverly Hills 2, Dave Chappelle dans Le Professeur foldingue, aujourd’hui Jermaine

Fowler dans

Un prince à

New York 2…

Oui, et Trevor Noah. Leslie Jones. Tracy Morgan. Mais c’est normal : nous, les comiques, nous formons une sorte de confrérie. On a toujours envie de savoir qui est le nouveau gars ou la nouvelle fille marrante en ville. Au cinéma, quand on fait une comédie, l’idée est quand

Une mythologie 80s digne de Star Wars : les synthés de Harold Faltermeye­r, Brigitte Nielsen en pure incarnatio­n du mal, Taggart et Rosewood en sidekicks modèles, la Ferrari 328 rouge sang, les punchlines magiques, la VF de rêve… Et au milieu de tout ça, le héros que son époque attendait: Axel Foley. Un nom qui claque presque autant que Luke Skywalker, non ? même d’être le plus drôle possible. Et ça ne se fait pas tout seul, on a besoin d’aide !

À quel moment avez-vous vu une nouvelle génération comique venir frapper à votre porte pour vous demander des conseils ?

Assez tôt, en fait… J’avais, quoi ? 25 ans ? (Rires.)

Le premier ressemble à un téléfilm mais reste sympa, bon esprit, poilant. Le deuxième est fascinant pour ses excès 80s – il réussit l’exploit d’être à la fois l’un des pires Tony Scott et l’un des sommets du duo Simpson/Bruckheime­r. Une chose est sûre cependant : les Flic de Beverly Hills, ce n’est pas tout à fait Star Wars. Excuseznou­s, on avait à peine 8 ans.

C’est fou, c’est ce qui frappe le plus quand on revoit vos classiques des années 80, vos stand-up : votre jeunesse.

Ouais… J’ai fêté mes 19 ans au Saturday Night Live. J’ai 59 ans aujourd’hui, donc ça remonte ! Honnêtemen­t, ça m’arrive parfois de tomber sur un extrait du SNL et de ne pas me reconnaîtr­e.

Comme si c’était quelqu’un d’autre ?

Exactement. « C’est qui, là, c’est moi ? » Il y a certains sketches que je ne me souviens même pas avoir faits !

Il y a la jeunesse, mais aussi l’arrogance, l’énergie, la vitalité hallucinan­te… ça vous venait d’où ?

J’étais jeune, j’avais du succès, j’étais très sûr de moi, tout s’est mis en place, les hits se sont enchaînés, et je ne me posais pas de questions. J’étais dans l’instant. À fond.

Vous êtes un fan notoire d’Elvis Presley et il y a clairement un côté Elvis dans vos débuts : vous avez 20 ans, une attitude super provocatri­ce et vous rendez l’Amérique hystérique…

Quand j’étais petit, Elvis était l’incarnatio­n du cool. J’adorais ses films : l’imagerie, les fringues, les filles, la plage… C’était totalement fantasmati­que pour un gamin. Mais quand je suis arrivé dans le métier, le nom d’Elvis n’était plus du tout synonyme de cool, il était au contraire devenu cette cautionary tale, ce contre-modèle : voici ce qu’il ne faut surtout pas faire quand tu as du succès. Mais ça le rendait encore plus fascinant à mes yeux !

En apparence, tout était parfait, le show était rodé, mais en coulisses, à l’abri des regards, c’était le chaos, la tempête. J’ai développé une sorte de fascinatio­n pour lui, j’ai collection­né des objets lui ayant appartenu. J’ai un de ses foulards, avec sa signature, des bijoux…

Si on vous décrit comme un croisement entre Elvis et Richard Pryor, c’est une

Après Le Flic de Beverly Hills 2 et Un prince à New York, Eddie Murphy a un boulevard devant lui : il choisit de réaliser cette relecture des films de gangsters années 30 et déroule le tapis rouge à ses mentors Redd Foxx et Richard Pryor. Le film rapporte fatalement moins que les précédents, et lui vaut ses premières nomination­s aux Razzie Awards, signe que le vent est en train de tourner.

Drôle de film, clairement bancal, mal construit, un peu raide, mais qui frappe surtout à la revoyure par sa sincérité et sa modestie. Murphy s’efface derrière ses partenaire­s et traite le genre avec ce qu’il faut de fétichisme et de dévotion. Une sorte de face B du Cotton Club de Coppola, rendu super touchante par le regard fêlé et mélancoliq­ue de Richard Pryor.

image qui vous convient ? Ce sont eux, vos héros ultimes ?

Oh, il ne faudrait pas oublier Mohamed Ali. Elvis était cool, Richard Pryor était drôle, mais Ali était grand. Je le vénérais. Et je ne suis pas le seul. Quand j’étais gosse, il n’y avait pas de présidents noirs, pas de milliardai­res noirs… Tous les Noirs qui ont accompli des choses remarquabl­es dans le sport, le business, la musique, la politique, les Michael Jordan, Oprah Winfrey, Barack Obama, l’ont fait grâce à Ali. Leur point commun, à tous, c’est d’avoir été enfants dans les sixties, quand Ali, Malcolm X et Martin Luther King ont pris la parole. Des trois, Ali est le seul qui ne s’est pas fait tuer ! Il est responsabl­e de tout ce qui a suivi. « I’m the greatest » ? Wow ! On n’avait

Sorti en catimini en France en VHS sous le titre Eddie Murphy Show, Raw se jouait alors aux USA dans des salles bondées, et hilares. Dans son costume de cuir bleu (le rouge, c’est dans Delirious, 1983), Eddie Murphy y dégomme les girlfriend­s vénales, Bill Cosby, son beaupère alcoolique… Avec plus de 50 millions de dollars de recettes, Raw devient le stand-up filmé le plus populaire de tous les temps.

C’est un document fascinant sur l’Eddie Murphy 80s, en plein ego-trip et d’une puissance comique phénoménal­e. Mais la misogynie et les relents homophobes du show font très mal aux oreilles. Murphy s’en est depuis excusé (« J’étais un connard ignorant ») mais, en réalité, ces vannes passaient déjà mal à l’époque – c’est à cause des controvers­es à répétition que l’acteur abandonna le stand-up. jamais entendu un Noir parler comme ça ! Il a allumé la mèche. L’idée du « Black is beautiful » ? C’est grâce à Ali. Avant lui, « black » était un gros mot. « Black motherfuck­er », c’était une bien plus grande insulte que « motherfuck­er ». Le hip-hop ? Ali, aussi. « Fly like a butterfly, sting like a

bee », c’est du hip-hop. Tous les trucs sur lesquels les rappeurs rappent, « je suis le meilleur », « je vais te botter le cul », c’est Ali qui les a inventés. À mes yeux, c’est l’un des plus grands êtres humains à avoir arpenté la Terre. Il a changé ma vie. Elvis et Richard Pryor ? C’étaient juste des entertaine­rs.

Un prince à New York est aussi un tournant dans votre carrière, car c’est la première fois que vous jouez plusieurs personnage­s dans un film, ce qui va ensuite devenir votre marque de fabrique, du Professeur foldingue à Norbit…

Ça remonte à l’enfance. Le tout premier cadeau que j’ai demandé à ma mère ayant un rapport avec le show-business, c’était une marionnett­e de ventriloqu­e, quand j’avais 8 ans. Je jouais avec cette marionnett­e et c’est devenu mon tout premier numéro : moi et un autre personnage. J’ai toujours fait ça, au fond. Me déguiser. Être un autre. Que ce soit au Saturday Night Live ou dans mes

stand-up. Parce que je ne raconte pas vraiment des blagues sur scène, plutôt des histoires où j’interprète plusieurs personnage­s.

Un prince à New York

pousse le bouchon plus loin : vous y devenez totalement méconnaiss­able…

Oui, ce goût du déguisemen­t a été complèteme­nt boosté par ma rencontre avec Rick Baker, un génie, le plus grand maquilleur de tous les temps. Je me faisais maquiller par Rick, je mettais les masques qu’il fabriquait, puis je sortais dans la rue pour les tester. Personne ne me reconnaiss­ait. J’ai fait ça avec les personnage­s d’Un prince à New York, et plus tard avec les membres de La Famille foldingue. C’est génial, les gens ne te reconnaiss­ent pas, ils se disent juste : « Hum, il y a quelque chose de chelou chez ce mec ! » (Rires.)

Et c’est devenu l’une de vos obsessions…

Ça m’a ouvert un nouvel horizon. Parce que les acteurs, les stars, ont tous leurs petits trucs, leur zone de confort. Une façon de sourire, de se tenir, de balancer leurs répliques, de faire un clin d’oeil au public. Ce que j’appelle mes Eddie moves. Mes trucs. Mais quand je suis maquillé, je ne peux plus faire ces Eddie moves. Il faut que je sois marrant dans le contexte de ce nouveau personnage, de cette nouvelle peau. Ça m’a toujours éclaté. Être marrant en vieille dame. En vieux juif du salon de coiffure. Le vieux juif ne peut pas jouer comme Eddie Murphy ! On parlait de mes héros, et l’un d’entre eux, c’est quand même Peter Sellers, dont c’était la spécialité. C’est quelque chose que je lui ai repris. La différence étant que Peter Sellers était tellement génial qu’il n’avait pas besoin de Rick Baker, il faisait ça sans maquillage. (Imitant Peter Sellers.) « I’m a monster ! A monster ! »

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