Ci­néaste pop

Psychologies - - L’ OEIL DE PSYCHO - P. R. Saint Laurent, avec Gas­pard Ul­liel, Jé­ré­mie Re­nier, Léa Sey­doux. En salles le 24 sep­tembre.

Ber­trand Bo­nel­lo, au­quel le Centre Pom­pi­dou rend hom­mage jus­qu’au 26 oc­tobre1, est sans doute le plus pop de nos ci­néastes. Pas seu­le­ment parce qu’il est mu­si­cien et qu’il élec­trise les bandes-son de ses films avec d’en­voû­tants mé­langes de mu­siques ori­gi­nales et de chan­sons nos­tal­giques. Mais parce qu’il in­vite le spec­ta­teur à éprou­ver ce que vivent ses per­son­nages. Ce qui n’est pas très gai quand il s’agit d’un ci­néaste en dé­clin ( Le Por­no­graphe, 2001) ou de pros­ti­tuées en­fer­mées dans un bor­del ( L’Apol­lo­nide, sou­ve­nirs de la mai­son close, 2011). jan­vier, il dé­laisse l’évé­ne­men­tiel et le ré­cit d’une vie pour se concen­trer sur la dé­cen­nie (1967-1977) du­rant la­quelle Saint Laurent est pas­sé du sta­tut de grand cou­tu­rier à un nom de marque ( YSL), sym­bole du luxe in­ter­na­tio­nal. Ber­trand Bo­nel­lo aban­donne la chronologie des faits à une re­cons­truc­tion men­tale du pas­sé plus conforme au fonc­tion­ne­ment de la pen­sée. Il s’offre même le luxe, dans la der­nière par­tie du film, de rem­pla­cer Gas­pard Ul­liel, dans le rôle de Saint Laurent, par Hel­mut Ber­ger, l’ac­teur fé­tiche de Lu­chi­no Vis­con­ti. Le met­teur en scène élève ain­si son évo­ca­tion fu­nèbre au rang de mé­di­ta­tion sur la réa­li­té et les ap­pa­rences. Une dua­li­té qui éta­blit un pa­ral­lèle entre son art de ci­néaste et le mi­lieu de la mode. 1. « Ber­trand Bo­nel­lo, ré­so­nances » (cen­tre­pom­pi­dou.fr).

Dans Saint Laurent, son évo­ca­tion du cé­lèbre cou­tu­rier, il se dé­tourne des che­mins de la bio­gra­phie fil­mée pour s’at­ta­cher à l’es­prit du per­son­nage.

À l’in­verse de l’Yves Saint Laurent de Ja­lil Les­pert, sor­ti en

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