J’ai dé­ci­dé de fon­der une fa­mille avec deux hommes”

Psychologies - - LE DOSSIER - Me­ta, 35 ans, jour­na­liste Pro­pos re­cueillis par Va­lé­rie Pé­ron­net

« Je suis née de l’union d’un étu­diant congo­lais et de sa prof is­sue de la grande bour­geoi­sie fran­çaise. Ils nous ont éle­vés, mes frères et moi, dans l’in­dé­pen­dance et la li­ber­té ; très vite, j’ai pen­sé ce que je vou­lais et fait ce que je pen­sais. Et, dès l’ado­les­cence, je suis tom­bée amou­reuse de plu­sieurs per­sonnes à la fois. Sans que ça pose de pro­blème à qui que ce soit. Jus­qu’à ce que je ren­contre Sé­bas­tien, qui m’a ex­pli­qué qu’avec lui ce mode de vie ne se­rait pas pos­sible. Je me suis of­fert l’au­dace d’es­sayer la mo­no­ga­mie. Au bout de trois ans, notre couple était usé. Il m’a quit­tée et j’ai fait une dé­pres­sion, qui m’a don­né rai­son : je ne veux ja­mais me dis­soudre dans l’en­ti­té d’un couple. Quelque temps plus tard, j’ai ren­con­tré Tho­mas. Nous ve­nions à peine de trou­ver un mo­dus vi­ven­di, sur la base de la li­ber­té sexuelle et sen­ti­men­tale de cha­cun, lorsque est ar­ri­vé Au­ré­lien, avec qui j’ai aus­si une re­la­tion très forte. Nous avons ré­flé­chi, dis­cu­té, et nous avons dé­ci­dé, en­semble, de construire une fa­mille, dans le res­pect de la li­ber­té de cha­cun. J’ai eu un bé­bé avec Tho­mas, dont Au­ré­lien est le par­rain. Nous sa­vions que nous nous lan­cions dans un truc casse-gueule, mais l’au­dace, c’est de suivre ses envies plu­tôt que se lais­ser pa­ra­ly­ser par ses peurs. Nous avons eu rai­son : notre pe­tite fille a 3 ans, et tout va bien ! Au­jourd’hui, nous cher­chons un ap­par­te­ment pour vivre tous en­semble et nous sommes prêts à ac­cueillir un deuxième en­fant, que je fe­rai avec Au­ré­lien, et dont Tho­mas se­ra le par­rain. Fi­na­le­ment, quand on as­sume qui on est, les ré­sis­tances cèdent toutes seules. »

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.