Leurs as­tuces pour re­ve­nir à l’es­sen­tiel

Em­ma­nuel, Vir­gile et Anne- Claire ont sim­pli­fié leur vie, cha­cun à leur ma­nière. Non pas pour vi­ser l’ef­fi­ca­ci­té, mais pour at­teindre da­van­tage de vé­ri­té, de li­ber­té. Et pour les pré­ser­ver.

Psychologies - - SOMMAIRE - Propos recueillis par Ch­ris­tilla Pel­lé-Douël Photos Yves Sa­muel

Ils n’ont pas grand-chose en com­mun : l’un ac­com­plit sa vie comme il l’en­tend à la cam­pagne, l’autre rêve de tra­vailler dans les ba­teaux, la troi­sième mène sa car­rière à Pa­ris. Et pour­tant, leur sou­hait est le même : re­ve­nir à l’es­sen­tiel. Dans le livre où il ra­conte avec beau­coup d’hu­mour son choix de dé­crois­sance ra­di­cale, Em­ma­nuel Blan­ca­fort (ci-contre) dit avoir beau­coup lu Hen­ry Da­vid Tho­reau, le chantre amé­ri­cain du re­tour à la na­ture. « Les hommes vivent trop vite », écri­vait l’au­teur de Wal­den ou la Vie dans les bois (Gall­meis­ter), pour qui il n’exis­tait qu’un seul re­mède : « Sim­pli­ci­té ! Sim­pli­ci­té ! Sim­pli­ci­té ! » Lui-même af­fir­mait ne pos­sé­der que trois chaises, « une pour la so­li­tude, deux pour l’ami­tié, trois pour la so­cié­té ». Em­ma­nuel a mar­ché sur ses pas, par né­ces­si­té éco­no­mique, mais aus­si pour s’abs­traire de notre so­cié­té de consom­ma­tion. Se­rions-nous ca­pables de suivre son exemple ? Le des­si­na­teur re­con­naît qu’il n’au­rait ja­mais pu se re­plier dans les bois s’il avait eu charge de fa­mille. Mais il nous dit quelque chose d’im­por­tant sur nous, sur notre ten­dance à nous en­com­brer de l’in­utile, et sur le bon­heur de choi­sir le vrai luxe : le temps et la na­ture. Pour ce­la, il convient de nous dé­con­nec­ter, comme le fait Vir­gile, dont le té­moi­gnage nous ren­voie à notre uti­li­sa­tion com­pul­sive du té­lé­phone. Dans la gé­né­ra­tion des 25 ans, rares sont ceux qui re­fusent ce « fil à la patte », et le jeune homme re­con­naît vo­lon­tiers pas­ser pour un ov­ni au­près de ses co­pains. Il as­sume en riant : « Ça peut même faire très hips­ter. » Sim­pli­fier, en­fin, c’est aus­si faire le tri dans ses re­la­tions, dans ses émo­tions. Et pour ce­la, Anne-Claire a trou­vé un moyen : écrire. Pour faire une pause, prendre du re­cul, po­ser les conflits sur le pa­pier et les exa­mi­ner. Pour faire la balance entre l’es­sen­tiel et l’in­utile. Une ma­nière de « vivre plus lé­gè­re­ment », comme elle nous y in­vite jo­li­ment.

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