Tes ques­tions

Psychologies - - le voutch -

J’ai en­vie de faire mal à ma petite soeur ou de me faire mal. Pour­quoi ? Lia, 11 ans

Je ne sais pas, Lia, pour­quoi tu as en­vie de faire mal à ta petite soeur (qui a,

me dis-tu, 15 mois) parce que je ne te connais pas. Mais il faut que tu saches que ce genre d’en­vies bi­zarres et qui font peur ar­rivent sou­vent aux en­fants qui ont un pe­tit frère ou une petite soeur. Parce que c’est un grand bou­le­ver­se­ment, un bé­bé. On était tran­quille avec ses pa­rents et pa­ta­tras ! ils ne vous de­mandent pas votre avis (ce qui est ab­so­lu­ment nor­mal, mais, sou­vent, on ne le sait pas) et ils dé­cident d’avoir un autre en­fant. Drôle d’idée ! Et ils doivent en­suite s’en oc­cu­per en per­ma­nence, comme si plus rien d’autre ne comp­tait. Et ils en parlent tout le temps, etc. On n’en peut plus ! Donc il ar­rive que l’on soit tra­ver­sé(e) par la pen­sée que l’on pour­rait peut- être lui faire un peu mal, à cette petite mer­veille à qui tout le monde fait des câ­lins… Et, comme on s’en veut d’avoir des idées pa­reilles, comme on a l’im­pres­sion d’être quel­qu’un de pas bien, et comme on a honte, on veut aus­si se faire du mal à soi. Mais ras­sure-toi, tout ce­la n’est pas grave. Parce qu’il ne s’agit pas de choses que tu fais, mais seule­ment de choses que tu penses. Si tu fai­sais, pour de vrai, mal à ta petite soeur, ce se­rait grave, et même très grave, et d’ailleurs c’est in

ter­dit. Mais pen­ser à lui faire du mal ne peut lui faire au­cun mal. Par contre, il est clair que ce­la te fait du mal à toi. Je pense donc que tu de­vrais, même si c’est dif­fi­cile, par­ler avec tes pa­rents de tout ce qui est de­ve­nu com­pli­qué, pour toi, de­puis qu’elle est née. Ce­la leur per­met­trait de le com­prendre et de t’ai­der. Tu es­sayes, Lia ? Vas-y ! Je pense à toi.

Les grandes per­sonnes dorment à deux. Pour­quoi, nous, on doit dor­mir tout seuls ? Ga­bin, 5 ans

Ex­cel­lente ques­tion, Ga­bin, qui prouve que tu es un gar­çon in­tel­li­gent, qui a

en­vie de com­prendre ce qui se passe au­tour de lui. Je vais donc es­sayer de te ré­pondre. D’abord, tous les adultes ne dorment pas en­semble. Et ceux qui le font, le font parce qu’ils sont des amou­reux. Quand on est adulte et que l’on est amou­reux on peut, si on le veut, vivre en­semble et dor­mir en­semble. Quand on est un en­fant, on peut aus­si être amou­reux (tu l’as peut-être d’ailleurs dé­jà été…). Mais on ne peut pas en­core vivre et dor­mir en­semble. Il faut at­tendre, pour ce­la, d’être grand. Tu le se­ras dans quelques an­nées. En at­ten­dant, il faut que tu ac­ceptes que tes pa­rents ( parce que j’ima­gine que c’est eux dont tu me parles) dorment en­semble, sans toi (et sans tes frères et soeurs, si tu en as). Parce que – tu ne le sais peut-être pas – ils sont, en plus d’être des pa­rents, des amou­reux. Et d’ailleurs, c’est parce qu’ils sont des amou­reux et qu’ils s’aiment qu’ils ont eu en­vie d’avoir un en­fant, que tu es né et qu’ils sont de­ve­nus des pa­rents. Donc quand, le soir, ils ont fi­ni leur tra­vail de pa­rents et que leurs en­fants sont cou­chés, ils ont be­soin de vivre leur vie d’amou­reux, dans leur chambre, en­semble. ( Et je crois que ce se­rait bien que tes pa­rents t’ex­pliquent ce qu’est la vie d’amou­reux des grandes per­sonnes.) Donc, pour ré­su­mer : tes pa­rents sont des adultes amou­reux, ils dorment en­semble. Toi, qui es un en­fant, tu dors seul, comme eux quand ils étaient en­fants. Un jour, toi aus­si, tu se­ras grand. Et tu pour­ras alors, comme eux, dor­mir à deux. Pen­dant que tes en­fants dor­mi­ront seuls, comme toi au­jourd’hui. C’est la vie !

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.