Y a-t-il un moyen de gé­rer ma ti­mi­di­té ?

Psychologies - - VOS QUESTIONS -

J’ai 20 ans. De­puis mon en­fance, je suis d’une ti­mi­di­té tel­le­ment ma­la­dive qu’elle a gâ­ché ma sco­la­ri­té : les en­sei­gnants me consi­dé­raient comme une han­di­ca­pée. Je dois au­jourd’hui re­prendre des études. Com­ment faire ? Ariane, Lille Deux lignes (aux­quelles vous ne sem­blez pas at­ta­cher d’im­por­tance) ont, dans votre lettre, re­te­nu, Ariane, mon at­ten­tion. Je les cite : « Je re­çois et j’ai re­çu dans mon en­fance beau­coup de cri­tiques de mes pa­rents (moche, vi­sage dé­gueu­lasse, sque­lette, sale naine, sale nulle, ar­rête tes études, fais femme de mé­nage). » Vous ap­pe­lez ce­la des « cri­tiques », Ariane ? Moi, j’ap­pelle ce­la des in­jures. Des in­jures mons­trueuses. Et par­ti­cu­liè­re­ment mons­trueuses quand elles sont dites par ses pa­rents à un en­fant. Et après avoir, toute votre en­fance, en­ten­du vos pa­rents dé­truire ain­si, mé­tho­di­que­ment, l’image que vous pou­viez avoir de vous, vous vous éton­nez d’avoir été « ti­mide » ? Vous n’étiez pas ti­mide, Ariane, vous étiez apeu­rée. Et sans doute même ter­ri­fiée. Et c’était nor­mal.

Un en­fant pense tou­jours que ses pa­rents savent tout, et que tout ce qu’ils lui disent est vrai. Et il est per­sua­dé que le monde en­tier par­tage leur opi­nion. Dès lors, si ses pa­rents le dé­va­lo­risent, il aborde les autres, pa­ra­ly­sé par la crainte, en re­dou­tant leur ju­ge­ment. C’est, je pense, ce que vous avez fait à l’école, et les en­sei­gnants n’ont pas été ca­pables de le com­prendre. Or tout ce­la était faux. Car les pa­rents mal­trai­tants (et les vôtres l’étaient) ne disent pas les choses parce qu’elles sont vraies. Ils les disent parce qu’elles sont sus­cep­tibles de faire souf­frir leur en­fant et que (ré­pé­tant sou­vent ce qu’ils ont eux­mêmes vé­cu mais ce­la n’ex­cuse rien, au contraire) ils se re­paissent de sa souf­france. Ces­sez de vous re­gar­der dans le mi­roir de la per­ver­sion de vos pa­rents, Ariane, et re­dres­sez la tête. Vous n’êtes pas et n’avez ja­mais été ce qu’ils disent. Bat­tez-vous !

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