Je me dé­goûte et je me dé­teste. Est-ce juste un pro­blème d’ado­les­cence ? Chloé, 16 ans

Psychologies - - TES QUESTIONS -

Non, Chloé, ce n’est pas juste un pro­blème d’ado­les­cence. Et si je me per­mets de l’af­fir­mer alors que je ne vous connais pas, c’est parce que votre mes­sage, long et pré­cis ( je vous en re­mer­cie) m’a beau­coup in­quié­tée. Vous me dites que vous avez 16 ans, que vous êtes étu­diante mais que, de­puis un mo­ment, vous n’al­lez plus aux cours à cause d’une « pe­tite » ( les guille­mets sont de vous…) dé­pres­sion. Votre vie au­jourd’hui ? Vous ne dor­mez qu’avec des ca­chets (ce qui n’est pas nor­mal) et, quand vous êtes éveillée, vous trou­vez les jour­nées tel­le­ment mo­no­tones que vous n’avez plus de dé­sir pour rien. Et vous fi­nis­sez par éprou­ver, pour vous-même, du dé­goût et même de la haine. Par rap­port à tout ce­la que font vos pa­rents ? Vous m’écri­vez : « De peur que je ne m’ouvre les veines ou que je leur fasse des frayeurs, ils m’ont pri­vée de sor­ties. » Je ne pense pas que ce­la puisse ré­soudre le pro­blème. Car je crois, Chloé, que vous n’al­lez vrai­ment pas bien et que vous avez be­soin de soins. Mais ras­su­rez-vous, ce­la ne veut en au­cun cas dire que vous se­riez « ma­lade ». Ce­la si­gni­fie seu­le­ment que vous êtes en train de crou­ler sous un poids trop lourd. De quoi peut-il être fait ? Pré­ci­sé­ment, je n’en sais (évi­dem­ment) rien. Mais il a à voir avec ce que vous vi­vez de­puis que vous êtes en­fant, avec les épreuves que vous avez tra­ver­sées, celles qu’ont tra­ver­sées vos pa­rents et votre fa­mille… Tout ce­la n’a rien de dra­ma­tique, mais il faut iden­ti­fier ce poids qui vous écrase et vous en dé­bar­ras­ser pour re­trou­ver le goût de la vie. Vous avez pu, Chloé, m’écrire. Il faut main­te­nant al­ler plus loin et trou­ver un psy à qui par­ler. C’est urgent. Je compte sur vous.

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