UN MOIS POUR… trou­ver son élan in­té­rieur

Psychologies - - SOMMAIRE - Par Ilios Kot­sou, cher­cheur en psy­cho­lo­gie, avec Fla­via Ma­ze­lin Sal­vi

L’au­tomne est ha­bi­tuel­le­ment sy­no­nyme

d’agenda plein à cra­quer, contraintes et ac­ti­vi­tés s’en­chaînent à un rythme ef­fré­né. Sans comp­ter les mul­tiples sol­li­ci­ta­tions de nos écrans, cap­teurs d’at­ten­tion et chro­no­phages. Dès lors, grand est le risque de se mettre en pi­lo­tage au­to­ma­tique et de « fonc­tion­ner » au lieu de vivre plei­ne­ment. « Il n’y a pas de vent fa­vo­rable pour ce­lui qui ne sait où al­ler », di­sait Sé­nèque. D’où l’im­por­tance de se bran­cher à notre bous­sole in­té­rieure pour aug­men­ter notre bien-être et nous ai­der à faire face aux dif­fi­cul­tés1. 1. Jour­nal of Con­tex­tual Be­ha­vio­ral Science, jan­vier 2017. Ilios Kot­sou est l’au­teur d’Éloge de la lu­ci­di­té (Ma­ra­bout, prix Psy­cho­lo­gies- Fnac 2015) et d’In­tel­li­gence

émo­tion­nelle et ma­na­ge­ment ( De Boeck su­pé­rieur).

l’exer­cice

Iden­ti­fier nos va­leurs clés, c’est se connec­ter

à « nos rai­sons de vivre », se­lon l’ex­pres­sion du psy­chiatre au­tri­chien Vik­tor Frankl. Sa­voir ce qui est im­por­tant pour soi exige que l’on prenne le temps d’y ré­flé­chir. Pré­voyez de dé­ga­ger une heure de votre agenda pour ré­pondre à ces ques­tions, sans ou­blier de vous mu­nir de quelques feuilles de pa­pier et d’un sty­lo : qu’est-ce qui est es­sen­tiel pour moi ? Qu’ai-je en­vie d’in­car­ner dans mon tra­vail, dans ma vie af­fec­tive et fa­mi­liale, en tant que ci­toyen ? Que pour­rais-je mettre en place dès au­jourd’hui pour in­té­grer dans mon quo­ti­dien les va­leurs qui me sont chères ? Prendre soin de celles-ci contri­bue à don­ner du sens à son exis­tence, en termes de di­rec­tion (dé­fi­nir des ob­jec­tifs à at­teindre) et de si­gni­fi­ca­tion (mettre ses actes en co­hé­rence avec ses va­leurs).

Le té­moi­gnage

Océane, 37 ans, di­ri­geante d’en­tre­prise « J’adore les pro­jets et je suis aus­si très am­bi­tieuse. Mais une fois mes ob­jec­tifs at­teints, mon sen­ti­ment de sa­tis­fac­tion s’ef­fa­çait très vite, il me man­quait tou­jours quelque chose pour être bien. Ce sen­ti­ment de vide, de manque de sens, a fi­ni par conta­mi­ner ma vie. En fai­sant ces exer­cices, j’ai dé­cou­vert que cette ré­flexion m’ai­dait vrai­ment à trier, à re­pé­rer ce qui était es­sen­tiel pour moi. De­puis, je mets mes va­leurs en pra­tique dans mes pro­jets, ce­la leur donne plus de sens et en donne plus à ma vie. Mon sen­ti­ment de vide a dis­pa­ru. Ma mo­ti­va­tion n’est plus ponc­tuelle, elle est de­ve­nue exis­ten­tielle. »

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