Comment faire com­prendre à mes proches que je m’épuise à tout prendre en charge ?

Psychologies - - LE COURRIER - Hé­lène, Cler­mont-Fer­rand

J’ai 40 ans, un ma­ri, trois en­fants et un tra­vail très pre­nant. Mais je dois néan­moins or­ga­ni­ser, chez moi, toutes les fêtes pour ma fa­mille et ma belle-fa­mille. Je n’en peux plus et c’est tel­le­ment lourd que je me sens lasse de vivre.

Vous me dites, Hé­lène, que vous vous sen­tez ri­di­cule de m’en­voyer une lettre qui ne contient, pen­sez-vous, que des anec­dotes.

Je vais donc vous ras­su­rer tout de suite : ce ne sont pas des anec­dotes. De­puis dix ans, en ef­fet, vous de­vez (entre autres choses) or­ga­ni­ser, pour votre fa­mille et votre belle fa­mille, le ré­veillon de Noël. Il se passe tou­jours chez vous. Vous de­vez tou­jours tout faire, sans ja­mais au­cune aide, et votre belle-soeur, que vous in­vi­tez ré­gu­liè­re­ment, avec son ami, ne vous ap­porte même pas un ca­deau. Or, cette an­née, vous avez « cra­qué » et confié à votre mère que, n’ayant pas de frères et soeurs, vous ai­me­riez qu’au moins cette belle-soeur vous in­vite… Ré­ponse de votre mère ? Des hur­le­ments. Elle a pré­ten­du que vous lui re­pro­chiez d’être fille unique et ajou­té : « Si tu es dé­jà fa­ti­guée à 40 ans, qu’est- ce que ce se­ra quand tu au­ras mon âge ? » Vous vous êtes sen­tie in­com­prise, hu­mi­liée et déses­pé­rée. Et vous ne com­pre­nez pas la las­si­tude qui vous a en­va­hie. Elle est pour­tant com­pré­hen­sible.

Vous êtes, en ef­fet, de­puis tou­jours, « uti­li­sée » ( il n’y a pas d’autre mot) par les membres de votre fa­mille et de votre belle-fa­mille.

Sans qu’ils tiennent au­cun compte de vos obli­ga­tions, de votre fa­tigue et de la ma­la­die ch­ro­nique avec la­quelle – ils le savent – vous de­vez vivre. On peut donc dire qu’ils vous « ins­tru­men­ta­lisent », non sans cy­nisme. Et c’est sans doute très confor­table pour eux. Dès lors, si vous ma­ni­fes­tez la moindre en­vie de re­fu­ser ce far­deau, ils montrent les dents, quitte à user – comme votre mère – de mau­vaise foi et de vio­lence. Il faut dire stop, Hé­lène ! Mais vous pré­pa­rer, au­pa­ra­vant, aux réactions dé­plai­santes que vous al­lez de­voir sup­por­ter. Car il y en au­ra. Les états-ma­jors n’ont ja­mais ai­mé que leurs troupes dé­sertent les tran­chées…

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