Vos ques­tions à Claude Hal­mos

Psychologies - - SOMMAIRE -

Comment re­trou­ver de l’éner­gie pro­fes­sion­nelle ? J’ai 47 ans. Il y a douze ans, j’ai quit­té un em­ploi fixe pour de­ve­nir dé­co­ra­trice et ou­vrir une bro­cante. J’ai dû la fer­mer il y a six mois à cause de la crise. De­puis je n’ai plus d’idées pour re­bon­dir et plus d’éner­gie. Je n’ar­rive plus à vivre. Elyane, Men­ton Der­nière d’une fra­trie de quatre en­fants, et vos frères et soeurs étant par­tis tôt, vous avez vé­cu, Elyane, entre un père « ul­tra ri­gide » et une mère « dé­pri­mée et co­lé­rique » . Celle-ci consul­tait tous les jours (mais il était in­ter­dit d’en par­ler), dans une ville voi­sine, un psy­chiatre qu’elle pre­nait pour Dieu et in­vo­quait pour dé­va­lo­ri­ser son ma­ri qu’elle trai­tait – de­vant vous – de « con » et d’« ho­mo re­fou­lé », ce que, semble-t-il, il ac­cep­tait (au se­cours !). Vos frères et soeurs ont obéi aux va­leurs fa­mi­liales et fait de « belles car­rières ». Quant à vous, après un em­ploi fixe, qui vous a per­mis d’éle­ver, qua­si­ment seule, vos trois en­fants, vous avez choi­si, contre l’avis de votre fa­mille, la voie ar­tis­tique qui vous conve­nait. Avec suc­cès, jus­qu’à la fer­me­ture de votre bou­tique. Vous au­riez dû pou­voir en­suite, comme vous l’avez tou­jours fait, re­bon­dir. Mais vous vous sen­tez anes­thé­siée, blo­quée. Pour­quoi ? Je ne le sais évi­dem­ment pas. Mais il est pos­sible que vous ayez vé­cu, in­cons­ciem­ment, la fer­me­ture de votre bou­tique, comme une confir­ma­tion des cri­tiques de votre fa­mille. Et no­tam­ment de celles de votre mère, dont vous sous-es­ti­mez ma­ni­fes­te­ment le ca­rac­tère par­fai­te­ment meur­trier. Elle vous a en ef­fet ac­cu­sée – entre autres – de ne « peindre que des ta­bleaux mor­bides » et de « n’ai­mer que les vieille­ries et la merde » (!). Vous com­pa­rant même pour l’oc­ca­sion à sa propre mère, ce qui peut faire pen­ser qu’elle ré­gle­rait avec vous les comptes qu’elle n’a pas ré­glés avec elle. Quoi qu’il en soit, elle vous a ac­cu­sée de pré­fé­rer la mort à la vie, et l’on peut se de­man­der si votre im­mo­bi­lisme ac­tuel ne se­rait pas une fa­çon – in­cons­ciente – de vous sou­mettre à ses diag­nos­tics aus­si stu­pides qu’as­sas­sins. Il faut (au be­soin en re­pre­nant une thé­ra­pie) que vous sor­tiez de là, Elyane. Vous êtes ma­ni­fes­te­ment une femme so­lide, créa­tive, pleine d’idées et qui aime la vie. Réa­gis­sez !

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