“Le mar­ché de l’em­ploi n’a pas an­ti­ci­pé la crois­sance du sec­teur”

Rebondir - - AU SOMMAIRE - Entretien réa­li­sé par Ma­rie ROQUES

À l’heure où les ser­vices à la per­sonne peinent à at­ti­rer les ta­lents, Axeo Ser­vices re­cherche 1 500 nou­veaux col­la­bo­ra­teurs pour l’an­née 2018. Un vé­ri­table dé­fi dans un contexte dans le­quel il est bien plus fa­cile de trouver des clients que des in­ter­ve­nants. Ex­pli­ca­tions avec Ju­lien Moi­neau, pré­sident d’Axeo Ser­vices. Quels sont vos vo­lumes de recrutements pour l’an­née 2018 ?

Nous al­lons avoir be­soin de re­cru­ter 1 500 per­sonnes pour sup­por­ter la de­mande. Nous sommes sur un sec­teur où nous avons plus de mal à trouver des col­la­bo­ra­teurs que des clients. Le vo­lume de recrutements est en pro­gres­sion constante de­puis plu­sieurs an­nées. En 2017, nous avons em­bau­ché 1 200 per­sonnes.

Comment faites-vous pour pal­lier ces dif­fi­cul­tés ?

Nous sommes obli­gés d’in­dus­tria­li­ser nos mé­thodes. Pour pou­voir gar­der un col­la­bo­ra­teur, nous al­lons en ren­con­trer une ving­taine. Nous fai­sons des réunions d’in­for­ma­tion tous les mois et après nous en re­ce­vons une par­tie en entretien.

Sur quels postes prin­ci­pa­le­ment ?

Nous re­cru­tons sur des ac­ti­vi­tés de mé­nage, d’auxi­liaire de vie, de jar­di­nier et aus­si beau­coup de res­pon­sables de sec­teur qui vont être char­gés de gé­rer l’ac­ti­vi­té en­vers les per­sonnes âgées dans nos agences. Notre sec­teur souffre tou­jours d’une pé­nu­rie de pos­tu­lants. Je pense que le mar­ché de l’em­ploi n’a pas an­ti­ci­pé la forte crois­sance qu’il y a dans le do­maine des ser­vices à la per­sonne. Au­jourd’hui, de nom­breuses for­ma­tions ont été créées mais il faut main­te­nant que les gens se forment et ac­quièrent de l’ex­pé­rience. La concur­rence avec nos confrères se si­tue sur­tout au ni­veau du re­cru­te­ment et de la fi­dé­li­sa­tion des ta­lents. Cette an­née on de­vrait faire 30 % de crois­sance et si on par­vient à re­cru­ter les per­sonnes qu’il nous faut, on peut at­teindre 45 %.

Quels types de contrats pro­po­sez-vous ?

Nous avons, dans l’en­tre­prise, 98 % de CDI alors qu’au ni­veau du sec­teur, la moyenne est à 60 %. Nous fai­sons le choix de créer des em­plois pé­rennes car nous ne sommes pas in­quiets sur notre ca­pa­ci­té à trouver des mis­sions à cha­cun. C’est pour cette rai­son que nous pri­vi­lé­gions les CDI à temps plein ou à temps par­tiel.

Quels autres ar­gu­ments met­tez-vous en avant pour at­ti­rer les ta­lents ?

Nous met­tons en place des plans de for­ma­tion, pro­po­sons une mu­tuelle et d’autres avan­tages liés au groupe La Poste (lire en­ca­dré). Cette an­née, nous consa­crons la moi­tié de notre bud­get com­mu­ni­ca­tion na­tio­nale à des opé­ra­tions de re­cru­te­ment. Glo­ba­le­ment, nous ob­ser­vons que l’image du sec­teur évo­lue sauf sur les mé­tiers du mé­nage. Concer­nant les em­plois liés au jar­di­nage, à la garde d’en­fant ou à l’as­sis­tance aux per­sonnes âgées, nous sommes sur des mé­tiers de pas­sion. Faire du mé­nage est ra­re­ment une vo­ca­tion, à l’ori­gine.

À quel ni­veau d’ex­pé­rience re­cru­tez-vous ?

Nous re­cher­chons des per­sonnes ayant au mi­ni­mum trois ans d’ex­pé­rience et, par­tout où c’est pos­sible des di­plômes. Dans le do­maine du jar­din, nous es­sayons de trouver des per­sonnes qui ont, a mi­ni­ma, un CAP Es­paces verts ou un BTS Pay­sa­giste. Concer­nant les auxi­liaires de vie nous de­man­dons aus­si aux per­sonnes d’être di­plô­mées et pour la garde des en­fants de moins de trois ans, d’avoir un CAP Pe­tite En­fance. Glo­ba­le­ment, il y a plus de de­mandes des clients que de ca­pa­ci­té à pro­duire les ser­vices. Sur le mé­nage et le bri­co­lage nous ne de­man­dons pas de di­plôme spé­ci­fique, nous al­lons fonc­tion­ner par contrôle de ré­fé­rences et tests théo­riques et pra­tiques. Sur cette par­tie, nous fa­vo­ri­sons le e-lear­ning pour la pré-sé­lec­tion ac­com­pa­gné de mises en si­tua­tion à l’is­sue des­quelles les can­di­dats sont éva­lués par des tu­teurs.

“Nous fai­sons le choix de créer des em­plois pé­rennes”

Une per­sonne sans di­plôme peut-elle néan­moins pos­tu­ler chez vous ?

Ab­so­lu­ment. Au­jourd’hui, nous pré­fé­rons re­ce­voir un col­la­bo­ra­teur mo­ti­vé qui au­ra quelques la­cunes à com­bler en ma­tière de sa­voir-faire qu’une per­sonne di­plô­mée qui ne res­te­ra pas. Avec nos or­ga­nismes de for­ma­tion, nous pou­vons com­plé­ter les com­pé­tences.

Est-il pos­sible de faire toute sa car­rière chez Axeo ?

Au­jourd’hui 60 % de notre per­son­nel d’en­ca­dre­ment ad­mi­nis­tra­tif en agence vient du ter­rain. C’est-à-dire qu’ils étaient in­ter­ve­nants au­pa­ra­vant. Et même, deux fran­chi­sés viennent du ter­rain. Ils sont au­jourd’hui chefs d’en­tre­prises à leur compte.

Au-de­là des com­pé­tences, que re­cher­chez-vous chez les can­di­dats ?

De l’em­pa­thie. C’est ce qu’on vend, de l’hu­main no­tam­ment dans le cadre de l’ac­com­pa­gne­ment des per­sonnes âgées, très at­ta­chées à cette re­la­tion avec les in­ter­ve­nants. Il faut de la ri­gueur et de la mo­ti­va­tion. De l’as­si­dui­té éga­le­ment. C’est d’ailleurs quelque chose que nous pi­lo­tons de très près. Une qua­li­té sur la­quelle nous met­tons en place une ré­mu­né­ra­tion va­riable sous forme de prime d’as­si­dui­té.

Comment se dé­roulent les pro­ces­sus de re­cru­te­ment ?

Le plus sou­vent ce­la passe par une pré­sen­ta­tion en réunion d’in­for­ma­tions. En­suite, nous pro­po­sons des en­tre­tiens in­di­vi­duels. Si, suite à ce­la les pro­fils sont re­te­nus, on passe à une mise en pra­tique sur le ter­rain. Si cette phase est concluante, l’em­bauche est va­li­dée. Une pé­riode d’es­sai de deux mois est pré­vue. Cette du­rée est fixée par la conven­tion col­lec­tive.

Qu’est-il im­por­tant de sa­voir en ce qui concerne les am­pli­tudes ho­raires et les jours tra­vaillés ?

Nous nous adap­tons aux contraintes des col­la­bo­ra­teurs et en­suite nous fai­sons des pro­po­si­tions à nos clients. Beau­coup d’in­ter­ve­nants tra­vaillent à temps par­tiel car ils sou­haitent s’or­ga­ni­ser, no­tam­ment, pour la garde de leurs en­fants. On ar­rive à trouver des clients qui vont cor­res­pondre à leurs at­tentes. Il n’y a pas d’obli­ga­tions à tra­vailler le soir et le week- end.

Quel conseil don­ne­riez-vous à un can­di­dat qui pos­tule chez vous ?

Qu’il ait le sou­rire. C’est vrai­ment très im­por­tant. Nous cher­chons à mettre en place des re­la­tions pé­rennes avec nos clients. C’est quelque chose à en­tre­te­nir. Le plus simple et le plus ra­pide pour pos­tu­ler chez nous est de se rendre sur notre site Internet. En juin, nous al­lons lan­cer un nou­vel es­pace dédié au re­cru­te­ment avec un ou­til de ges­tion des can­di­da­tures et de ges­tion RH.

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