Bré­sil : Terre émer­gente

Après deux an­nées de grave crise éco­no­mique, le Bré­sil sort en­fin de la ré­ces­sion. Ce peut être l’oc­ca­sion de sai­sir des op­por­tu­ni­tés pro­fes­sion­nelles dans un pays où la main d’oeuvre qua­li­fiée se fait rare. Pour ne pas ris­quer le faux pas de sam­ba, mieux

Rebondir - - AU SOMMAIRE - Ni­co­las MONIER

Quinze mois après les Jeux Olym­piques d’été de 2016, le Bré­sil fait en­core un peu grise mine. En ef­fet, après deux an­nées de ré­ces­sion, force est de consta­ter que le pays cherche un nou­veau souffle éco­no­mique et po­li­tique bien qu’il ait re­noué, en 2017, avec la crois­sance (+1 % à prix constants). Le pays a connu ces der­nières an­nées des dif­fi­cul­tés po­li­tiques : la des­ti­tu­tion de Dil­ma Rous­sef en août 2016, les ac­cu­sa­tions de cor­rup­tion contre l’ac­tuel Pré­sident Mi­chel Te­mer et en­fin la peine de pri­son pro­non­cée à l’en­contre de Lu­la... Au­tant dire que le pays peine en­core à re­nouer avec la sta­bi­li­té po­li­tique. Mal­gré tout, les in­ves­tis­seurs étran­gers res­tent confiants sur la force d’at­trac­ti­vi­té de ce pays, pre­mière éco­no­mie d’Amé­rique la­tine. Ce sont au­tant d’op­por­tu­ni­tés d’em­ploi pour les res­sor­tis­sants fran­çais. En la ma­tière, le Bré­sil a en­re­gis­tré sur le der­nier tri­mestre 2017 un taux de chô­mage de 11,8 % contre 13,7 % au dé­but de la même an­née. Les res­sor­tis­sants fran­çais qui sou­haitent ten­ter leur chance dans ce pays doivent donc se concen­trer sur les secteurs qui recrutent car au même titre que d’autres émergents, le Bré­sil manque d’une main d’oeuvre qua­li­fiée no­tam­ment dans les do­maines des tech­no­lo­gies de l’in­for­ma­tion, des té­lé­com­mu­ni­ca­tions, des secteurs ban­caire, chi­mique, pé­tro­lier et autres biens de consom­ma­tion.

UNE COMMUNAUTÉ FRAN­ÇAISE DE 30 000 PER­SONNES

Pour les can­di­dats à l’aven­ture bré­si­lienne, il faut sa­voir que près de 850 fi­liales d’en­tre­prises fran­çaises sont im­plan­tées dans “l’éter­nel pays d’ave­nir”, se­lon les mots de Georges Clé­men­ceau. La communauté

fran­çaise ins­tal­lée au Bré­sil est es­ti­mée à 30 000 per­sonnes se­lon le der­nier re­cen­se­ment du mi­nis­tère de l’Eu­rope et des Af­faires étran­gères. Elle se ré­par­tie, en grande ma­jo­ri­té entre les états de São Pau­lo et de Rio de Ja­nei­ro. Il faut dire que l’état de São Pau­lo concentre 37 % du com­merce bi­la­té­ral entre la France et le Bré­sil. Pour ani­mer cette communauté, la chambre de com­merce France Bré­sil or­ga­nise ré­gu­liè­re­ment et en par­te­na­riat avec São Pau­lo Ac­cueil, des “ca­fés-ren­contres” pour per­mettre aux ex­pa­triés de se fa­mi­lia­ri­ser avec la re­cherche d’em­ploi dans le pays. L’une des clés de la réus­site reste in­dé­nia­ble­ment la maî­trise de la langue por­tu­gaise. Ces réunions s’avèrent très utiles pour com­prendre aus­si le fonc­tion­ne­ment des vi­sas de tra­vail pour les res­sor­tis­sants étran­gers. L’aven­ture bré­si­lienne peut dé­bu­ter jeune !

PRIVILÉGIER LE PRO­GRAMME PVT

Si la France se si­tue au qua­trième rang des in­ves­tis­seurs étran­gers au Bré­sil, elle peut aus­si comp­ter sur les 700 ac­cords in­ter-uni­ver­si­taires et 110 doubles-di­plômes si­gnés en 2016. Faire des études au Bré­sil peut donc re­pré­sen­ter une pre­mière porte d’en­trée pour un pays qui en­tre­tient de nom­breux ac­cords cultu­rels avec la France. Pour ac­croître les échanges, le pro­gramme Va­cances Tra­vail (PVT) per­met aux jeunes Fran­çais, âgés entre 18 et 30 ans, de se rendre au Bré­sil pen­dant un à deux ans pour y ef­fec­tuer un sé­jour cultu­rel tout en ayant la pos­si­bi­li­té de tra­vailler. Cet ac­cord bi­la­té­ral, si­gné au cours de l’an­née 2013, est en­tré en vi­gueur le 1er mars der­nier et re­pré­sente ain­si une nou­velle chance à sai­sir pour se fa­mi­lia­ri­ser avec ce grand émergent.

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