Bien ré­agir aux ques­tions dé­pla­cées

Si la loi n’in­ter­dit pas au re­cru­teur de po­ser les ques­tions qu’il sou­haite, elle liste les su­jets pour les­quels il ne peut vous dis­cri­mi­ner. Au plan lé­gal, le pro­blème ré­side donc da­van­tage dans l’uti­li­sa­tion qui est faite des ré­ponses qu’aux ques­tions e

Rebondir - - AU SOMMAIRE - Aline GÉRARD

Comp­tez-vous avoir des en­fants, quelle était la pro­fes­sion de vos pa­rents, de quelle re­li­gion êtes-vous ? Au­tant de ques­tions qui, en théo­rie, ne de­vraient pas avoir leur place en entretien... mais qui re­viennent plus ou moins fré­quem­ment. Dif­fi­cile dans ces cas là pour le can­di­dat de choi­sir la bonne pos­ture. Avant d’op­ter pour une stra­té­gie, dites-vous bien que la per­sonne qui vous fait pas­ser l’entretien n’est pas né­ces­sai­re­ment mal in­ten­tion­née.

COURAGE ET RAI­SON

Comme le sou­ligne Ch­ris­telle de Fou­cault, confé­ren­cière et for­ma­trice sur les tech­niques de re­cherche d’em­ploi,

“il n’y a pas de vé­ri­té en re­cherche d’em­ploi, cha­cun choi­sit la sienne”. Vous pou­vez donc dé­ci­der d’in­di­quer po­li­ment au re­cru­teur que vous es­ti­mez qu’il sort du cadre pro­fes­sion­nel. Mais ayez conscience qu’il y a de fortes chances pour que vous vous le met­tiez à dos. “Quand on vexe une per­sonne, en lui sou­li­gnant qu’elle sort du cadre et ne fait donc pas bien son job, il y a très peu de chances qu’elle nous choi­sisse”. La deuxième so­lu­tion, plus sûre, est de ré­pondre. Mais at­ten­tion, pas n’im­porte comment ! Pas­sez très vite sur l’as­pect per­son­nel pour dé­ve­lop­per im­mé­dia­te­ment les as­pects pro­fes­sion­nels qui en dé­coulent. “S’il vous de­mande com­bien vous avez d’en­fants, ré­pon­dez par exemple que vous en avez trois (sans en dire plus), mais que vous avez un ex­cellent sys­tème de garde, qui vous per­met d’être opé­ra­tion­nel, d’ar­ri­ver à l’heure. Ajou­tez que cette vie de fa­mille fait de vous quel­qu’un d’ul­tra or­ga­ni­sé qui sait gé­rer les prio­ri­tés”. Vous pou­vez aus­si, pour les plus cou­ra­geux, ré­pondre et dans un deuxième temps, ren­voyer la ques­tion sans cris­pa­tion. Il ne se vexe­ra pas car vous au­rez été hon­nête avec lui en ré­pon­dant. En­fin, rien ne vous em­pêche de men­tir si le re­cru­teur va trop loin dans la

sphère pri­vée. “À la ques­tion ‘comp­tez-vous avoir des en­fants dans les pro­chains mois’, j’ai une can­di­date qui a ré­pon­du ‘Dé­so­lée, mais je ne peux pas avoir d’en­fant’. À ceux qui s’in­quié­taient que ce men­songe soit dé­cou­vert, elle ré­pon­dait ‘Si un en­fant ar­rive, je di­rai que c’est un mi­racle’. L’idée étant vous sor­tez du cadre, j’en sors aus­si et je vous donne une pe­tite le­çon. Mais en au­cun cas je ne conseille­rais de men­tir sur la sphère professionnelle.”

NE PAS SE TROMPER DE COMBAT

Com­men­cez tou­jours par vous in­ter­ro­ger sur la per­sonne que vous avez en face. Est-ce un in­ter­mé­diaire ou votre fu­tur ma­na­ger ? Dans le pre­mier cas, jouer le jeu ne prê­te­ra pas à consé­quences. En re­vanche, in­ter­ro­gez-vous sur votre vo­lon­té de tra­vailler avec le se­cond alors même que vous êtes mal à l’aise. Dans tous les cas, pré­pa­rez-vous à ces ques­tions. Ch­ris­telle de Fou­cault conclut : “En re­cherche d’em­ploi, il ne faut pas se tromper de lutte. Mon but est de trouver un job, pas de sau­ver tous les mau­vais re­cru­teurs de la terre ni tous les can­di­dats. En re­vanche, si l’on es­time que l’on a été dis­cri­mi­né, il faut ap­pe­ler le Dé­fen­seur des droits. Là, ce­la fe­ra bou­ger les choses.”

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