Vente di­recte

Vous vous ap­prê­tez à re­joindre une en­tre­prise de vente di­recte. Quels sont les points sur les­quels vous de­vez vous mon­trer vi­gi­lant ? Quelles sont les li­mites fixées par la loi ? Voi­ci un tour d’ho­ri­zon des fon­da­men­taux.

Rebondir - - AU SOMMAIRE - Aline Gé­rard

Dé­mar­rer votre ac­ti­vi­té : Les points de vi­gi­lance

Que ce soit par plai­sir, pour mettre un peu de beurre dans les épi­nards ou bien pour vous construire un nou­veau plan de car­rière... vous sou­hai­tez vous lan­cer en vente di­recte. Si à force de tra­vail, le suc­cès pour­rait bien être au ren­dez-vous, vous de­vez tou­te­fois prendre garde à un cer­tain nombre de points avant de vous lan­cer dans l’aven­ture. Pour com­men­cer, la pre­mière ques­tion à se po­ser est celle des pro­duits ou ser­vices com­mer­cia­li­sés. S’ils ne vous plaisent pas, s’ils n’ap­portent au­cune va­leur ajou­tée ou si leurs ta­rifs sont ex­ces­sifs, vous ren­con­tre­rez des dif­fi­cul­tés pour les vendre. Ce­la peut d’ailleurs être le signe d’une en­tre­prise aux pra­tiques dou­teuses. Mieux vaut donc s’abs­te­nir et cher­cher autre chose.

LE CONTRAT

Une fois que vous au­rez je­té votre dé­vo­lu sur une so­cié­té, vous si­gne­rez obli­ga­toi­re­ment un contrat avec elle. Les ven­deurs à do­mi­cile in­dé­pen­dants (VDI) y trou­ve­ront des pré­ci­sions sur le sta­tut pro­po­sé : ache­teur-re­ven­deur ou man­da­taire. De­vront éga­le­ment y être men­tion­nées la fa­çon dont s’or­ga­nise la dis­tri­bu­tion, les règles re­la­tives au sta­tut, les condi­tions de ré­si­lia­tion, etc. Le contrat ou une an­nexe dé­taille­ra la po­li­tique de ré­mu­né­ra­tion. No­tez que l’en­tre­prise peut vous de­man­der de ne pas com­mer­cia­li­ser des pro­duits di­rec­te­ment concur­rents aux siens. C’est par­fai­te­ment au­to­ri­sé. Si la so­cié­té pra­tique le mul­ti­ni­veau, le contrat de­vra tou­jours être si­gné avec l’en­tre­prise elle-même et non avec le ven­deur qui vous a co­op­té. Ces per­sonnes qui gé­né­ra­le­ment jouent aus­si le rôle d’ani­ma­teurs, n’exercent sur vous au­cun lien de su­bor­di­na­tion. Elles ne sont là que pour vous épau­ler. Se­lon l’ar­ticle L. 135-2 du Code de com­merce, le contrat peut ef­fec­ti­ve­ment “pré­voir que le ven­deur as­sure des pres­ta­tions de ser­vice vi­sant au dé­ve­lop­pe­ment et à l’ani­ma­tion du ré­seau de ven­deurs à do­mi­cile in­dé­pen­dants, si celles-ci sont de na­ture à fa­vo­ri­ser la vente de pro­duits ou de ser­vices de l’en­tre­prise, réa­li­sée dans les condi­tions men­tion­nées à l’ar­ticle L. 135-1. Le contrat pré­cise la na­ture de ces pres­ta­tions, en dé­fi­nit les condi­tions d’exer­cice et les mo­da­li­tés de ré­mu­né­ra­tion. Pour l’exer­cice de ces pres­ta­tions, le ven­deur ne peut en au­cun cas exer­cer une ac­ti­vi­té d’em­ployeur, ni être en re­la­tion contrac­tuelle avec les ven­deurs à do­mi­cile in­dé­pen­dants qu’il anime”. D’ailleurs, tou­jours se­lon l’ar­ticle L. 135-2, “au­cune ré­mu­né­ra­tion, à quelque titre que ce soit,

ne peut être ver­sée par un ven­deur à do­mi­cile in­dé­pen­dant à un autre ven­deur à do­mi­cile in­dé­pen­dant, et au­cun achat ne peut être ef­fec­tué par un ven­deur à do­mi­cile in­dé­pen­dant au­près d’un autre ven­deur à do­mi­cile in­dé­pen­dant”.

KIT DE DÉ­MAR­RAGE

Pour com­men­cer l’ac­ti­vi­té, le ma­té­riel de dé­mons­tra­tion, les ca­ta­logues, les échan­tillons, les car­nets de bons de com­mande... sont par­fois prê­tés aux VDI ou bien re­mis contre un chèque de cau­tion. Mais il ar­rive aus­si qu’ils soient ven­dus. Ce n’est pas in­ter­dit. Si la loi n’oblige pas qu’ils soient com­mer­cia­li­sés à prix coû­tant (le code de con­duite de la FVD est plus strict, lire l’en­ca­dré), soyez vi­gi­lant à ce que la somme ne soit pas dé­me­su­rée. De la même fa­çon, si la plu­part des en­tre­prises font les for­ma­tions gra­tui­te­ment, d’autres les rendent payantes. Là aus­si, vé­ri­fiez que le conte­nu mé­rite le prix pra­ti­qué. En­fin, si l’en­tre­prise vous de­mande de consti­tuer un stock mi­ni­mum au mo­ment de l’adhé­sion (ache­teur-re­ven­deur) et qu’elle ne ga­ran­tit pas de re­prendre les in­ven­dus aux condi­tions de l’achat, dé­duc­tion faite éven­tuel­le­ment d’une somme n’ex­cé­dant pas 10 % du prix, sa­chez que ce­la est illé­gal. Cette ga­ran­tie de re­prise peut tou­te­fois être li­mi­tée à une pé­riode d’un an après l’achat.

“Si la so­cié­té pra­tique le mul­ti­ni­veau, le contrat de­vra tou­jours être si­gné avec l’en­tre­prise elle-même”

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