AL­TER­NANCE

Rebondir - - AU SOMMAIRE - Ma­rie Roques

Mi­sez sur les bons sec­teurs

L’al­ter­nance reste une porte d’en­trée ef­fi­cace sur le mar­ché de l’em­ploi. En­core faut-il choi­sir le bon sec­teur. Bonne nou­velle, la plu­part d’entre eux re­crutent ré­gu­liè­re­ment des al­ter­nants. Tour d’ho­ri­zon de ceux sur les­quels mi­ser cette an­née.

Fu­turs al­ter­nants, sa­chez que tous les sec­teurs d’ac­ti­vi­té ont la pos­si­bi­li­té de re­cru­ter des al­ter­nants à tout ni­veau. “D’ailleurs, la vo­lon­té du gou­ver­ne­ment est d’at­ti­rer de plus en plus de jeunes et d’en­tre­prises dans cette voie”, éclaire Ra­chi­da Sous­si, ex­perte em­ploi chez Stu­dy­ra­ma. À comp­ter de jan­vier 2019, l’âge li­mite pour suivre une for­ma­tion par le biais de l’ap­pren­tis­sage se­ra en ef­fet éten­du à 30 ans. “C’est une bonne chose, com­mente Ra­chi­da Sous­si. Ce­la va sur­tout ai­der les per­sonnes qui sou­haitent chan­ger de voie pro­fes­sion­nelle, ce­la peut être un bon al­lié si on se trompe de for­ma­tion” D’ailleurs, se­lon Jean-Phil­lipe Le­roy, di­rec­teur gé­né­ral ad­joint en charge de l’al­ter­nance et de l’ap­pren­tis­sage au sein du groupe IGS, la ré­forme va chan­ger la donne au ni­veau des en­tre­prises pu­bliques. “Jus­qu’alors elles n’avaient pas le droit de prendre des ap­pren­tis car elles n’étaient pas as­su­jet­ties à la taxe d’ap­pren­tis­sage, éclaire-t-il. Or la ré­forme les in­cite à em­bau­cher des ap­pren­tis.” Le sec­teur pu­blic est donc à re­gar­der de près dans le cadre de vos re­cherches.

LES GRANDS CLAS­SIQUES

Pour au­tant, trou­ver une en­tre­prise qui vous ac­cueille le temps de votre al­ter­nance reste un dé­fi que cer­tains jeunes ont du mal à re­le­ver. Afin de mettre toutes les chances de votre cô­té, il est es­sen­tiel de mi­ser sur les sec­teurs d’ac­ti­vi­té re­con­nus pour faire ap­pel à des al­ter­nants. Il se­ra en ef­fet plus dif­fi­cile de vous faire em­bau­cher dans une en­tre­prise qui n’a ja­mais eu re­cours à l’al­ter­nance, bien que ce ne soit pas im­pos­sible. Dans cette pers­pec­tive, la plu­part des grands sec­teurs ont re­cours au sys­tème. Par­mi eux, la banque-as­su­rance, prin­ci­pa­le­ment à par­tir du ni­veau bac +2, mais aus­si tous les sec­teurs clas­siques de l’hô­telle-

rie-res­tau­ra­tion, tous les do­maines de l’in­dus­trie, de l’ar­ti­sa­nat et du BTP. “Il ne faut pas né­gli­ger la grande dis­tri­bu­tion et les mé­tiers de l’in­for­ma­tique et du nu­mé­rique qui re­crutent aus­si de nom­breux al­ter­nants chaque an­née”, ajoute Ra­chi­da Sous­si. Un constat éga­le­ment dres­sé au sein du groupe IGS qui pro­pose de nom­breuses for­ma­tions en al­ter­nance prin­ci­pa­le­ment dans les do­maines du com­merce, de la dis­tri­bu­tion, des trans­ports ou en­core de l’im­mo­bi­lier. “Dans les sec­teurs du com­merce et de la dis­tri­bu­tion, les re­cru­te­ments en al­ter­nance sont en pro­gres­sion avec des ni­veaux d’em­ploi de ni­veau bac à bac +2, pré­cise JeanP­hi­lippe Le­roy. L’in­for­ma­tique se main­tient mais sur des ni­veaux d’étude su­pé­rieurs.” Sur l’en­semble de la France, le groupe IGS re­groupe 7 600 al­ter­nants, 40 % sont sur des ni­veaux bac à bac +2. “Nous tra­vaillons beau­coup avec des en­tre­prises du sec­teur du net­toyage, de la sé­cu­ri­té et de nom­breuses PME”, pour­suit Jean-Phi­lippe Le­roy. Ce spé­cia­liste re­marque éga­le­ment qu’à Pa­ris et en ré­gion pa­ri­sienne, les en­tre­prises de­mandent beau­coup d’al­ter­nants de ni­veau bac+2 à bac+5 alors que c’est moins le cas en Rhône-Alpes par exemple, où les BTS sont da­van­tage de­man­dés. “Je pense que c’est cultu­rel, les en­tre­prises pa­ri­siennes af­fichent une vo­lon­té de mon­ter en ni­veaux alors que ce n’est pas tou­jours né­ces­saire.”

S’IN­FOR­MER POUR MIEUX SE PRÉ­PA­RER

Par­mi les en­tre­prises fai­sant ré­gu­liè­re­ment ap­pel à des al­ter­nants, fi­gurent les poids lourds de l’éco­no­mie fran­çaise comme Air­bus, Car­re­four, La Poste, BNP Pa­ri­bas, mais aus­si La­ca­ta­lis, Sie­mens, Sho­wroom Pri­vé ou en­core Ch­ro­no­drive. Se­lon le der­nier ba­ro­mètre de l’al­ter­nance réa­li­sé par Les Échos Start et Mul­ti­pos­ting, des ac­teurs comme Are­va, Re­nault, En­gie ou Sa­no­fi re­crutent éga­le­ment des al­ter­nants chaque an­née. Tout comme So­dexo, Lidl, E.Le­clerc,

“Souvent, on pense aux grands groupes alors qu’il faut voir ce qui peut res­sor­tir au ni­veau des PME”

Mo­no­prix ou en­core Ikea. Ce ne sont là que des idées qui ne doivent pas vous dis­pen­ser d’une re­cherche plus poin­tue. Une fois que vous avez iden­ti­fié le sec­teur dans le­quel vous sou­hai­tez réa­li­ser votre al­ter­nance, il faut vous ren­sei­gner afin de sa­voir comment il se porte au ni­veau éco­no­mique et en­suite, cher­cher les en­tre­prises du sec­teur. “Souvent, on pense aux grands groupes alors qu’il faut voir ce qui peut res­sor­tir au ni­veau des PME”, aver­tit Ra­chi­da Sous­si. C’est seule­ment après ce tra­vail qu’il faut pos­tu­ler. “Il est im­por­tant de sa­voir vers quoi on se di­rige, ce­la conso­lide la can­di­da­ture, conclut Ra­chi­da Sous­si. Une em­bauche en al­ter­nance est comme n’im­porte quel re­cru­te­ment, pour ré­pondre aux at­tentes de l’en­tre­prise, il faut bien lire les offres, dé­ga­ger les pro­fils re­cher­chés et adap­ter sa can­di­da­ture.”

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