À VOS CO­TÉS

Pour évi­ter l’iso­le­ment, l’as­so­cia­tion So­li­da­ri­tés Nou­velles face au Chô­mage aide, ac­com­pagne et sou­tient les per­sonnes en re­cherche d’em­ploi. L’ob­jec­tif : per­mettre que leur re­tour en en­tre­prise soit du­rable et se fasse dans les meilleures condi­tions.

Rebondir - - AU SOMMAIRE - Mathilde Sei­fert.

SNC : ac­com­pa­gner avec bien­veillance

L’as­so­cia­tion So­li­da­ri­tés Nou­velles face au Chô­mage (SNC) re­pose sur deux pi­liers ma­jeurs. L’un de ses en­jeux est l’ac­com­pa­gne­ment ef­fec­tué par des bi­nômes de bé­né­voles don­nant lieu à des dis­po­si­tifs et ate­liers spéciaux. Cette no­tion de bi­nôme est pri­mor­diale. En ef­fet, c’est par la pré­sence de ces duos, cette mixi­té et cette pa­ri­té que SNC se dé­marque. “L’ADN de l’as­so­cia­tion re­pose sur ce double point de vue. Ce­la en­ri­chit consi­dé­ra­ble­ment les échanges de se re­trou­ver à deux face à une per­sonne ac­com­pa­gnée”, ex­plique Vé­ro­nique Pe­tit­jean, bé­né­vole de­puis fé­vrier 2020. “Nous ne sommes pas des ex­perts, et nous ne vou­lons pas l’être mais de cette ma­nière-là nous pou­vons com­plé­ter nos com­pé­tences et nos ex­pé­riences”. Des mo­dules de for­ma­tion existent et ont été pen­sés pour pal­lier les manques que pour­raient res­sen­tir les bé­né­voles.

Vincent, 51 ans, ac­com­pa­gné par Vé­ro­nique Pe­tit­jean et Ber­nard Cor­dobes, en est un bon exemple. Cu­mu­lant les pe­tits bou­lots de­puis plu­sieurs an­nées, il a dé­ci­dé, avant le confi­ne­ment, de se re­prendre en main en cher­chant un em­ploi pé­renne. Son ob­jec­tif ? Pen­ser à l’ave­nir et tendre vers une si­tua­tion plus stable en ar­rê­tant de mul­ti­plier les mis­sions tout en se re­cen­trant sur un seul et même corps de mé­tier. Une fois le pre­mier en­tre­tien ef­fec­tué et le bi­nôme de bé­né­voles dé­fi­ni, l’ac­com­pa­gne­ment de Vincent se fait via des échanges ré­gu­liers afin de l’ai­der à être plus ef­fi­cace dans sa re­cherche d’em­ploi. Ce­la peut pas­ser par dif­fé­rentes ac­tions ou ate­liers de for­ma­tion comme l’aide à la dé­fi­ni­tion du pro­jet pro­fes­sion­nel, l’amé­lio­ra­tion des CV ou lettres de mo­ti­va­tion, des cours de pré­pa­ra­tion aux en­tre­tiens face à de vé­ri­tables re­cru­teurs par­te­naires, mais éga­le­ment de la

so­phro­lo­gie ou en­core des ran­don­nées. “Il n’y a pas d’ob­jec­tifs de ré­sul­tats, mais des ob­jec­tifs de moyens”, no­ti­fie Ber­nard Cor­dobes.

AT­TA­CHE­MENT RÉ­CI­PROQUE

Pour les per­sonnes dont la re­cherche d’em­plois se pro­longe, “SNC crée et fi­nance sur ses fonds propres des em­plois d'une du­rée de 6 mois, dans des struc­tures de l'Éco­no­mie So­ciale et So­li­daire”, se fé­li­cite Anne d’Or­ge­val. “Au sein de SNC, il existe un vé­ri­table at­ta­che­ment ré­ci­proque entre les ac­com­pa­gnés et les bi­nômes bé­né­voles”, in­siste Ber­nard Cor­dobes, élé­ment que Vincent confirme im­mé­dia­te­ment. To­ta­li­sant près de 2 500 bé­né­voles par­tout en France à tra­vers 200 groupes, l’as­so­cia­tion se dit “être un bon com­plé­ment à Pôle em­ploi. Une re­la­tion de confiance se crée entre nos ac­com­pa­gnés et nos bé­né­voles. C’est là la force de SNC, la bien­veillance et le non-ju­ge­ment sont des va­leurs es­sen­tielles”, ajoute la dé­lé­guée gé­né­rale ad­jointe. En pa­ral­lèle, l’as­so­cia­tion a dé­ployé des ini­tia­tives telles que le “plai­doyer” ai­dant les de­man­deurs d’em­plois à ex­pri­mer leurs points de vue sur des thé­ma­tiques pré­cises. Le pre­mier do­maine d’ac­tion qu’est l’ac­com­pa­gne­ment se fait dans la plu­part des cas dans des lieux pu­blics comme des ca­fés ou bien dans des lo­caux as­so­cia­tifs mis à dis­po­si­tion. “Le fait de ne pas se ren­con­trer dans un lieu trop ins­ti­tu­tion­nel fa­ci­lite l’échange et la mise en confiance de l’ac­com­pa­gné face aux bé­né­voles ac­com­pa­gna­teurs”, ex­plique Anne d’Or­ge­val, dé­lé­guée gé­né­rale ad­jointe de SNC. Le confi­ne­ment a, bien évi­dem­ment, eu un im­pact sur l’as­so­cia­tion mais “elle l’a bien gé­ré” ex­plique Di­dier Le­bret, bé­né­vole de­puis 7 ans, avant d’ajou­ter “per­sonne n’a été lais­sé sur le bord du che­min. Que ce soit des per­sonnes ac­com­pa­gnées de­puis un cer­tain temps, des nou­veaux de­man­deurs et même des sa­la­riés en poste in­quiets pour l’ave­nir de leur em­ploi”. Comme tout au long de l’an­née, l’as­so­cia­tion s’est don­née pour mis­sion de main­te­nir le lien pour lut­ter contre l’iso­le­ment. “Ce­la a pu être pos­sible grâce à la mo­bi­li­sa­tion des bé­né­voles qui n’a pas fai­bli”, ex­plique la dé­lé­guée gé­né­rale ad­jointe.

Certes, les per­ma­nences te­nues ha­bi­tuel­le­ment par des bé­né­voles de SNC pour ac­cueillir les per­sonnes en re­cherche d’em­ploi ont été contrainte­s de fer­mer. De la même ma­nière, les ac­ti­vi­tés col­lec­tives ou réunions phy­siques ont été re­por­tées. Ce­pen­dant, une per­ma­nence té­lé­pho­nique est res­tée ou­verte du­rant l’in­té­gra­li­té du confi­ne­ment et la consultati­on sur la ré­forme de l’as­su­rance chô­mage a été main­te­nue. Tou­jours dans le cadre de leurs dis­po­si­tifs com­plé­men­taires face à la si­tua­tion en­traî­née par la crise sa­ni­taire, la struc­ture a mis en place un fonds d’ur­gence. “Cer­taines per­sonnes ont été par­ti­cu­liè­re­ment im­pac­tées par la si­tua­tion. On parle d’une po­pu­la­tion ayant per­du leurs em­plois ou leurs mis­sions, mais éga­le­ment une cer­taine sta­bi­li­té et qui ne sa­vaient pas, la veille pour le len­de­main, comment elles al­laient faire pour man­ger”, dé­taille Anne d’Or­ge­val.

“Il n’y a pas d’ob­jec­tifs de ré­sul­tats, mais des ob­jec­tifs de moyens”

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