The Dam­ned

Rock & Folk - - Disques poprock - VINCENT HANON

“Evil Spi­rits” SEARCH AND DES­TROY

Exit anar­chistes et so­cia­listes. Ne res­tent plus, en An­gle­terre, que les je-m’en-fou­tistes. Mais c’est de fli­bus­te­rie, da­van­tage que de fu­mis­te­rie bouf­fonne, dont il s’agit ici. Et si The Dam­ned ne sort au­jourd’hui que son troi­sième al­bum du vingt-etu­nième siècle, on blâ­me­ra avant tout les sou­cis fi­nan­ciers plu­tôt que les pannes créa­tives ou les conflits d’ego. S’il ne sub­siste plus de la for­ma­tion ini­tiale que Dave Va­nian et Cap­tain Sen­sible, le gang punk qui, avec “New Rose”, a sor­ti le pre­mier simple du genre n’a, con­trai­re­ment aux autres, ja­mais per­du sa sève. Pro­duit par le lé­gen­daire To­ny Vis­con­ti, qui ap­porte une pa­tine old­school à cet en­semble psy­ché­dé­lique, “Evil Spi­rits” consti­tue le on­zième al­bum du groupe. Avec le re­mar­quable “Stan­ding On The Edge Of To­mor­row” aux sombres mais uto­piques pa­roles, The Dam­ned ouvre le bal en en­voyant Love chez Joe Meek, avant de re­cen­trer le dé­bat avec le ta­pa­geur “The De­vil In Dis­guise” où El­vis Pres­ley se pren­drait pour Sky Saxon. A l’en­contre de l’amu­se­ment plas­tique en­vi­ron­nant et de la réa­li­té dé­jà écrite, “Evil Spi­rits” de­meure ou­vert sur le monde et en per­pé­tuelle ex­pan­sion. Tout comme il marque le re­tour de Paul Gray (ex-Ed­die And The Hot Rods et UFO), dont les om­ni­pré­sentes lignes de Ri­cken­ba­cker et le jeu créa­tif donnent le ver­tige. En place de­puis “Grave Di­sor­der” (2001), Pinch, à la bat­te­rie et Mon­ty Oxy­mo­ron, aux cla­viers aci­du­lés, se ré­vèlent plus en forme que ja­mais. Entre har­mo­nies fan­tas­tiques, as­pi­ra­tions hip­pies et vi­sions go­thiques, l’ap­proche fu­tu­riste du com­bo de­meure fan­tas­ma­go­rique, en phase avec son âge et une époque qu’il de­vance tou­jours.

Dam­né à ja­mais.

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