Amen Dunes

Rock & Folk - - Disques poprock - ERIC DEL­SART

“Free­dom” SACREDBONES/DIFFER-ANT

“DIA”, le pre­mier al­bum d’Amen Dunes sor­ti en 2009, a du­ra­ble­ment mar­qué les es­prits de ceux qui l’avaient en­ten­du à l’époque. Disque ma­lade, en­re­gis­tré dans une ca­bane au mi­lieu de la fo­rêt par un mu­si­cien aux portes de la fo­lie, ce disque au croi­se­ment de Bon Iver et Syd Bar­rett est un pe­tit chef-d’oeuvre lo-fi qui, s’il était res­té sans suite, au­rait fait d’Amen Dunes un ar­tiste culte. Heu­reu­se­ment, le des­tin a vou­lu que Da­mon McMa­hon trouve sa voie dans la mu­sique et Amen Dunes mène de­puis une car­rière hors norme, faite d’al­bums à fleur de peau. “Free­dom” sort quatre après “Love”, son troi­sième al­bum qui avait été conçu et en­re­gis­tré avec les mu­si­ciens de God­speed! You Black Em­pe­ror. Un laps de temps plu­tôt long pour l’ar­tiste qui a mis à la pou­belle une pre­mière ver­sion de l’al­bum après des heures pas­sées en stu­dio. McMa­hon avait be­soin de ré­in­ven­ter Amen Dunes, de le nour­rir de ses ob­ses­sions élec­tro­niques. Sont ain­si en­trés dans la danse des mu­si­ciens tels que Nick Zin­ner des Yeah Yeah Yeahs, Gus Seyf­fert, bas­siste de Beck, l’ar­tiste élec­tro­nique romain Pa­no­ram et le pro­duc­teur Ch­ris Coa­dy (ré­pu­té pour son tra­vail avec Beach House). McMa­hon, qui avait pour ha­bi­tude de ne s’ac­com­pa­gner sur scène que d’un bat­teur et de gui­tares blanches, se trouve ain­si do­té d’un groove bon­dis­sant qui évoque la scène bag­gy an­glaise (“Blue Rose”, “Calling Paul The Suf­fe­ring”). Por­té par des textes sai­sis­sants (où il mul­ti­plie les ré­fé­rences bi­bliques, évoque ses ex­pé­riences avec la drogue, parle de sa mère mou­rante...) qui contrastent avec la mu­sique lu­mi­neuse (“Be­lieve”, “LA”), “Free­dom” est un voyage eu­pho­rique et pas­sion­nant dans la psy­ché abî­mée d’Amen Dunes.

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