Vo­lage

“Sit­tin’ Si­de­ways”

Rock & Folk - - Disques Français - ERIC DEL­SART

HOW­LIN’ BA­NA­NA/MODULOR

Quelques an­nées après l’émer­gence d’une gé­né­ra­tion spon­ta­née de groupes fran­çais ver­sés dans le ga­rage à la sauce doi­tyour­self et très in­fluen­cés par la scène de San Fran­cis­co (de Ka­viar Special à Dus­ty Mush), il est in­té­res­sant de consta­ter à quel point cha­cun s’est construit au fil des al­bums sa propre per­son­na­li­té. La dis­co­gra­phie de Vo­lage, riche en EP et singles, dé­montre l’in­té­rêt gran­dis­sant du groupe pour les ar­ran­ge­ments lé­chés et des idéaux plus pop que punk. “Sit­tin’ Si­de­ways”, son deuxième al­bum, dé­bute pour­tant sur un mor­ceau en trompe-l’oeil, un titre ga­rage por­té par un riff de gui­tare sor­ti tout droit du ré­per­toire de Ty Se­gall (“Per­ma­nent Fee­ling”). De quoi craindre que Vo­lage ne s’en­ferme dans la bande de sui­veurs qui ap­pliquent ad­nau­seam la for­mule ga­gnante du blon­di­net de la Bay Area ? Ab­so­lu­ment pas. Très vite, l’al­bum dé­montre que le groupe a d’autres am­bi­tions, d’autres en­vies. A l’image du mor­ceau-titre, “Sit­tin’ Si­de­ways”, da­van­tage gui­dé par le pia­no que par les gui­tares, le son de Vo­lage est ce­lui d’un groupe aux idées en mou­ve­ment per­pé­tuel. For­cé­ment, il y a un peu de dé­chet. “Spleen”, où Na­than Roche du Ville­juif Un­der­ground vient po­ser son timbre grave, est un brin ca­ri­ca­tu­ral, et les bal­lades ne sont pas tou­jours convain­cantes (“Hand­ker­chief Wa­ver”). Le groupe est à son meilleur quand il va­ga­bonde (on pense à “Whis­pers”, qui dé­bute dans des tor­rents de fuzz et prend des dé­tours in­at­ten­dus, ou ce “Fe­ver” qui dé­raille à mi-che­min pour s’ache­ver dans des vo­ca­lises fa­çon “The Great Gig In The Sky”) ou quand il laisse libre court à ses élans ro­man­tiques (“Ne­ver Heal”, aux vio­lons ma­gni­fiques).

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