John­ny Marr

Rock & Folk - - Disques Poprock - “Call The Co­met”

WAR­NER Adam & The Ants avaient rai­son dès 1981 : “Le­ri­di­cu­le­ne­fait pas­peur!” chan­taient-ils dans l’ex­tra­va­gante “Prince Char­ming”. En 2018, il est à peine plus ef­frayant mais, en re­vanche, il fait écrire des chan­sons. No­tam­ment à John­ny Marr qui, de­puis qu’il en pond, n’a pour­tant ja­mais été en mal d’ins­pi­ra­tion. A l’en croire, c’est le Brexit et l’élec­tion de Trump qui lui ont fait mon­ter le mer­cure. Oh, il n’est pas le seul que la bê­tise ré­volte, pas le seul à en rem­plir la cuve à fuel du voi­sin en rê­vant d’y ba­lan­cer, quand per­sonne ne re­garde, une al­lu­mette en­flam­mée. Créa­teur d’un style gui­ta­ris­tique dont les Smiths ont été les pre­miers à bé­né­fi­cier, Marr ne sort ja­mais de sa ta­nière pour re­le­ver les comp­teurs. Il laisse ça aux autres. Comme Mor­ris­sey, il ne monte au cré­neau que mû par une grosse en­vie, tout en connais­sant ses li­mites. Car John­ny, aus­si bon soit-il, ne peut pas tout faire et le sait. En vé­ri­té, son pro­blème est le même que ce­lui de Noel Gal­la­gher qui, il ne faut pas l’ou­blier, lui doit une fière chan­delle (et le pud­ding dans la­quelle elle est plan­tée) : il n’est pas vé­ri­ta­ble­ment chan­teur. Qu’à ce­la ne tienne ! Flan­qué de son ef­fi­cace groupe de scène, dans un stu­dio de Man­ches­ter aux murs ani­més de pro­jec­tions pour l’am­biance, il a mis en boîte ce pe­tit troi­sième dont les meilleurs ex­traits ne sont pas ceux qu’on at­tend for­cé­ment de lui. “Walk In­to The Sea” on­du­lant dans l’écho, “My Eter­nal” pres­sé d’en fi­nir, “A Dif­ferent Gun” avec son échap­pée ma­ri­time, ou “Hi Hel­lo” aux ar­pèges et égre­nages re­con­nais­sables entre mille, sont un bon cru et volent à meilleure al­ti­tude que les pas­sages dé­ce­vants de l’al­bum : “Bug” et ce “Day In Day Out”, dont le titre, dé­ci­dé­ment, porte la poisse. JEROME SOLIGNY

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