Beechwood

Rock & Folk - - Disques Poprock - “In­side The Flesh Ho­tel” ALIVE JO­NA­THAN WITT

Ces ga­vroches new-yor­kais aux fringues bi­gar­rées avaient ré­cem­ment sub­ju­gué leur monde avec “Songs From The Land Of Nod”, belle oeuvre élec­trique et toxique, entre John­ny Thun­ders et Alex Chil­ton. Les voi­ci dé­jà de re­tour avec sa suite, gra­vée avec le même pro­duc­teur (Mat­thew Mar­quardt), ce qui as­sure une cer­taine conti­nui­té, un son tou­jours dé­char­né mais plus clair. Qu’en est-il du conte­nu ? L’am­biance se fait cette fois re­la­ti­ve­ment en­jouée : l’heure n’est plus aux rê­ve­ries opia­cées, mais aux sen­ti­ments amou­reux. Fait re­mar­quable, le bas­siste Sid Si­mons et le bat­teur ta­toué Isa Ti­neo épaulent main­te­nant Gor­don La­wrence pour l’écri­ture des chan­sons. Il en ré­sulte un disque bien plus di­ver­si­fié. Ti­neo signe deux im­pec­cables pé­pites pop (la lu­mi­neuse “Amy”, “Up And Down”), mais Sid se ré­vèle plus doué en­core, et laisse ap­pré­cier sa voix che­vro­tante rap­pe­lant Marc Bo­lan sur “Bi­got In My Be­droom” — qui vise non pas le jour­na­liste fran­çais, mais Do­nald Trump — et sur­tout l’im­mé­diate “Su­cker”, vé­ri­table tube en puis­sance. Quant à La­wrence, il n’a pas per­du sa mé­lan­co­lie ni sa vio­lence sourde, comme en té­moignent les ten­dues “Flesh Ho­tel” ou “I Found You Out”. Il re­noue avec la slide pour la ballade “I Don’t Blame You Any­more”, en forme de confes­sion, avant la conclu­sion coun­try folk “Our Love Was Worth The Heart­break”, tout aus­si ré­si­gnée. A l’épreuve du deuxième al­bum, Beechwood s’en tire donc ad­mi­ra­ble­ment : le trio creuse son sillon réa­liste et s’il n’at­teint peu­têtre pas les som­mets nar­co­tiques de son pré­dé­ces­seur, ce “In­side The Flesh Ho­tel” confirme la classe à part d’un gang au­then­tique et at­ta­chant.

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