ELEC­TRO LIBRE

Rock & Folk - - Edito / Sommaire -

Dès le dé­but des an­nées 1990, la vague élec­tro­nique a été prise en compte sur la pres­qu’ile du Mal­sau­cy, avec comme point com­mun des mul­tiples stars élec­tro, une ca­pa­ci­té à en­flam­mer la scène sans rien avoir à en­vier aux poids lourds du hea­vy me­tal.

DAFT PUNK 1996/2006 - CHE­MI­CAL BRO­THERS 1998/2002/2005/2015 - LAURENT GAR­NIER 2000/2007/2009 - ALEC EM­PIRE 2002/2011 ( ATARI TEENAGE RIOT) - MAS­SIVE AT­TACK 2003/2008/2010 - LCD SOUND­SYS­TEM 2003/2010 - KRAFT­WERK 2005 - JUS­TICE 2007/2012/2017 - CAS­SIUS 2013 - MA­JOR LA­ZER 2013/2015 - SKRILLEX 2014

Dès le dé­but des an­nées 1990, la vague élec­tro­nique a été prise en compte sur la pres­qu’ile du Mal­sau­cy, avec comme point com­mun des mul­tiples stars élec­tro pro­gram­mées une ca­pa­ci­té à en­flam­mer la scène sans rien avoir à en­vier aux poids lourds du hea­vy me­tal. Et aus­si des rave par­tys sur le site du cam­ping, his­toire de gar­der l’es­prit re­belle de cette nou­velle vague tech­no. En 1996, le duo Tho­mas Ban­gal­ter/Guy-Ma­nuel De Ho­mem

Ch­ris­to fait son pre­mier pas­sage en DJ set qua­si in­co­gni­to, en fin de soi­rée du sa­me­di sur la pe­tite scène, sans être an­non­cé sur les af­fiches du fes­ti­val. Une dis­cré­tion que ne se­ra pas de mise pour le se­cond coming de Daft Punk dix ans plus tard, à leur de­mande, un mois après leur triomphe à Coa­chel­la. Un grand mo­ment avec la fa­meuse py­ra­mide et le light show épi­lep­tique trans­for­mant les élec­tro­ni­ciens mas­qués en che­va­liers du bruit syn­thé­tique, aux com­mandes d’une set­list ali­gnant les tubes et les mo­ments de transe. Une messe pour le temps pré­sent, comme au­rait dit Pierre Hen­ry, dé­mar­rant à 1h30 du ma­tin, ren­due pos­sible par le dé­voue­ment des équipes tech­niques qui bos­sèrent toute la nuit pour ins­tal­ler le dé­cor ex­tra­va­gant des pha­raons de la mu­sique élec­tro­nique mon­dia­li­sée. Un grand coup pour les Eu­rocks, sa­chant que le duo était dé­si­ré par les fes­ti­vals du monde en­tier. Ve­nus avec Ro­main Du­ris, Tho­mas et Guy-Man ont pro­fi­té de leur in­co­gni­to au bar VIP du backs­tage pen­dant que l’ac­teur de “Dé­jà Mort” et “De

Battre Mon Coeur S’Est Ar­rê­té” si­gnait au­to­graphe sur au­to­graphe. Nul fes­ti­va­lier pré­sent cette nuit-là n’a ou­blié l’ar­ri­vée live des fren­chy ro­bots, sur les quatre notes qui an­non­çaient l’at­ter­ris­sage

des ex­tra-ter­restres dans le film de Ste­ven Spiel­berg ”Ren­contres Du

Troi­sième Type”. “Da Funk” in­deed, avec quand même en fi­nal une fu­rieuse ver­sion de “Rock’N Roll” mixée à “Hu­man Af­ter All”. Les Che­mi­cal Bro­thers ont ta­pé à l’es­to­mac, chaque show étant blin­dé d’in­fra­basses et de beats su­per­so­niques. Laurent Gar­nier, lui, dé­tient un re­cord in­so­lite aux Eu­ro­ckéennes : pour la fête de fin de fes­ti­val en 2007, l’ex DJ de l’Ha­cien­da man­cu­nienne a pris les pla­tines à une heure du ma­tin pour les lâ­cher à 6 heures du ma­tin, ren­voyant à plu­sieurs re­prises les taxis qui de­vaient le ra­me­ner à l’aé­ro­port.

Alec Em­pire, en bon tech­no­punk, ter­ri­fia l’équipe tech­nique avec une re­quête folle : 125 dé­ci­bels sur la console. Alec ne mon­ta sur scène qu’après avoir si­gné une dé­charge le ren­dant res­pon­sable de tout ex­cès so­nique pré­ju­di­ciable aux oreilles des fes­ti­va­liers. Le vo­lume était puis­sant, mais les tym­pans des fans ont sur­vé­cu à son hard­core di­gi­tal. Neuf ans plus tard, Alec re­ve­nait avec son groupe Atari Teenage Riot. Quelques têtes man­quaient à l’ap­pel (le psy­cho­tique Carl Crack n’était plus de ce monde, sui­ci­dé en 2001) mais Alec conti­nuait la lutte an­ti­fa qui était au coeur de la for­ma­tion de­puis sa créa­tion en 1992 à Ber­lin, pour contrer la ré­sur­gence des néo-na­zis. CX Kid­tro­nik se je­ta dans la foule (mal­gré le grand fos­sé sé­pa­rant le groupe du pu­blic) et la pré­sence de la chan­teuse Nic En­do ap­por­tait une touche sexy au mur du son élec­tro­clash.

Mas­sive At­tack, ve­nu à trois re­prises, n’a ja­mais dé­çu, ap­por­tant en 2003 son show mul­ti­mé­dia avec en ve­dette un mur LED truf­fé de chiffres et de mes­sages, dont cer­tains en fran­çais, Ro­bert Del Na­ja (alias 3D) ayant pas­sé son après-mi­di à de­man­der aux or­ga­ni­sa­teurs des tra­duc­tions en fran­çais des évé­ne­ments du mo­ment. En 2010,

c’est la ré­gu­lière de Tri­cky, Mar­ti­na To­pley-Bird, qui ve­nait don­ner de la voix dans le groupe à géo­mé­trie va­riable avec 3D comme seule constante. LCD Sound­sys­tem a lais­sé un sou­ve­nir for­te­ment al­coo­li­sé de sa pre­mière pres­ta­tion en 2003, ce qui ne les em­pê­cha pas d’être re­pro­gram­més sept ans plus tard, cette fois avec un set très com­plet d’où émer­geait avec un écho par­ti­cu­lier leur hymne “Daft Punk Is Playing At My House” (et bien sûr “Drunk Girls”, nor­mal).

Kraft­werk a été l’une des grosses at­trac­tions de l’an­née 2005, avec un spec­tacle to­tal dont le clou fut évi­dem­ment le qua­tuor de ro­bots rem­pla­çant Ralph Hüt­ter et ses aco­lytes le temps de leur hit ma­chi­nal “The Ro­bots”. Le sou­ve­nir mar­quant qu’en garde les or­ga­ni­sa­teurs, pour­tant, est tout autre : la vi­sion des Quatre de Düs­sel­dorf pous­sant leur pla­teau re­pas dans la loge du ca­te­ring res­te­ra gra­vée dans leur mé­moire. Le pu­blic était en par­tie al­le­mand (plus grosse fré­quen­ta­tion teu­tonne aux Eu­rocks de­puis Ramm­stein), et le cha­pi­teau sem­blait bien pe­tit pour ac­cueillir le fas­ci­nant cé­ré­mo­nial des Mensch Ma­chi­nen. Jus­tice a tou­jours su domp­ter les grosses scènes avec son mur d’am­plis Mar­shall et ses ar­pèges élec­tro rock, lut­tant contre les élé­ments en 2017 et li­vrant pour la troi­sième fois un spec­tacle qui cloua le ca­quet des grin­cheux ne voyant en Gas­pard Au­gé et Xa­vier De Ros­nay qu’un duo bon à faire du son en stu­dio. Mais les pro­gram­ma­teurs avaient de­vi­né bien avant l’al­bum live de 2013 “Ac­cess All Are­nas” que l’éner­gie du duo

était à la hau­teur de la grande scène bel­for­taine.

Cas­sius en 2013 per­mit de com­pen­ser l’ou­bli de Mo­tor­bass, lé­gen­daire com­bo élec­tro qui pré­cé­da le duo Boom Bass/Zdar et ne pas­sa ja­mais par Bel­fort. Ma­jor La­zer en 2013 et 2015 était l’af­fir­ma­tion d’une scène club qui pas­sait des boites de nuit aux gros fes­ti­vals, avec aux com­mandes Di­plo, mon­sieur Loyal d’un Bar­num élec­tro pop qui a ac­cu­mu­lé les tubes tout en gar­dant sa cré­di­bi­li­té in­tacte. La fo­lie du pre­mier show sur la Plage, où le pu­blic vint en masse, fit même craindre le pire aux or­ga­ni­sa­teurs, dé­pas­sés par la masse grouillante des club­bers pla­gistes dé­chai­nés. Cette nuit de fo­lie per­mit au su­per-groupe de s’of­frir la grande scène deux ans plus tard, consa­crant ain­si le suc­cès du Ma­jor au­près du grand pu­blic. Sor­ti d’une sou­coupe vo­lante après un compte à re­bours af­fi­ché sur les écrans de contrôle et re­pris par la foule, Skrillex ba­lan­ça un fu­rieux dubs­tep, une vraie fes­sée. Un châ­ti­ment drum & bass dé­li­vré sous le re­gard bien­veillant d’un alien sou­riant, le lo­go de cet ar­tiste au look de geek ca­pable de se­couer les masses. Aus­si simple backs­tage que fré­né­tique sur scène, Skrillex s’est im­po­sé au fes­ti­val comme un des grands ar­tistes de ces der­nières an­nées.

CHE­MI­CAL BRO­THERS 1998/2002/2005/2015

DAFT PUNK 1996/2006

KRAFT­WERK 2005

LAURENT GAR­NIER 2000/2007/2009

JUS­TICE 2007/2012/2017

MA­JOR LA­ZER 2013/2015

ALEC EM­PIRE 2002/2011

SKRILLEX 2014

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