FÊTE DU BRUIT

RAGE AGAINST THE MA­CHINE 1994 - BODYCOUNT 1995 - SE­PUL­TU­RA 1996 - ME­TAL­LI­CA 1999 - SLAYER 2000/2003 - RAMM­STEIN 1998/2002 - KORN 2004 - EAGLES OF DEATH ME­TAL 2005/2015 - QUEENS OF THE STONE AGE 2005/2007/2011 - MOTÖ­RHEAD 2011 - ROYAL BLOOD 2015/2017

Rock & Folk - - Edito / Sommaire -

Le bruit, les dé­ci­bels, le so­leil et la boue : un cock­tail clas­sique que les fes­ti­va­liers aiment re­trou­ver chaque an­née, avec en 1994 la tor­nade Rage Against The Ma­chine qui ba­laya tout sur son pas­sage.

Le bruit, les dé­ci­bels, le so­leil et la boue : un cock­tail clas­sique que les fes­ti­va­liers aiment re­trou­ver chaque an­née, avec en 1994 la tor­nade Rage Against The Ma­chine qui ba­laya tout sur son pas­sage. Po­go, pous­sière digne d’un spa­ghet­ti wes­tern, son vo­lume 11, toutes les condi­tions étaient réunies pour un show d’an­tho­lo­gie.

Bodycount a prou­vé l’an­née sui­vante qu’un rap­peur, en l’oc­cur­rence Ice-T, sa­vait faire du bruit avec la même pas­sion que des hard ro­ckers clas­siques : masque de hockey à la Ven­dre­di 13, hits po­lé­miques (ah, “Cop Killer” et ses ly­rics de fu­rie) et sa­tu­ra­tion ré­gle­men­taire, bref du noise en noir et blanc. De son propre aveu, Max Ca­va­le­ra, le chan­teur/gui­ta­riste de

Se­pul­tu­ra, n’avait ja­mais joué dans un aus­si gros fes­ti­val avant sa pro­gram­ma­tion en 1996, et la pres­ta­tion de ce lé­gen­daire groupe hard­core bré­si­lien fon­dé en 1984 fut aus­si tel­lu­rique qu’on pou­vait l’es­pé­rer. C’était, pour mé­moire, juste avant le dé­part de Max, par­ti quelques mois après les Eu­rocks pour l’aven­ture Soul­fly (et donc de re­tour pour l’édi­tion 2002). In­croyable anec­dote très “Spi­nal

Tap” : alors que Se­pul­tu­ra don­nait une confé­rence de presse, deux har­deux tentent de tra­ver­ser le lac à la nage pour en­trer à l’oeil. Voyant l’au­dace des grat­teurs, le groupe leur offre des backs­tage passes pour la jour­née. La classe mé­tal­lique.

Me­tal­li­ca au creux de la vague don­na un concert puis­sant, avec un troi­sième rap­pel au dé­but du­quel Lars Ul­rich of­frit ses ba­guettes à la foule et pas­sa à la guitare pour exé­cu­ter “Am I Evil” dans une

fu­rieuse jam. Le tout mal­gré une am­biance dé­plo­rable entre les membres du groupe, ve­nus cha­cun dans un tour bus dif­fé­rent.

“Spi­nal Tap” en­core une fois, on n’y échappe pas. En 2000, Slayer a gar­dé la ten­sion ac­cu­mu­lée par Trent Rez­nor, puisque les tra­shers ca­li­for­niens ont suc­cé­dé à Nine Inch Nails sur une grande scène re­gor­geant de dé­ci­bels et de tes­to­sté­rone. Les che­veux du chan­teur Tom Araya bou­geaient d’avant en ar­rière, et les nuques des spec­ta­teurs s’agi­taient au son des riffs comme les fa­meux chiens ar­ti­cu­lés sur la plage ar­rière des voi­tures dans les an­nées 1970. De re­tour en 2003, Slayer a eu un spec­ta­teur in­at­ten­du : James Mur­phy de LCD Sound­sys­tem, bour­ré à la vod­ka, écla­bous­sant tout le monde avec sa bou­teille et éva­cué par la tour ma­na­geuse après deux mor­ceaux. Rock & roll, in­deed.

Korn et son néo mé­tal de luxe a dé­chai­né les fans avec un set res­ser­ré, cen­tré sur ses hits (“Freak On The Leash”, “Blind”) et

éclai­ré de deux re­prises, l’une, éton­nante, de Pink Floyd (“Ano­ther

Brick In The Wall”) et l’autre, plus clas­sique, de Me­tal­li­ca (“One”). Et tout ce­la s’ache­va dans le chaos avec “Y’All Want A Single”, l’oc­ca­sion pour le bas­siste d’une ex­plo­sion de din­gue­rie qui fit bien rire ses col­lègues.

Ramm­stein dé­bou­la en 1998 avec un set ser­ré de 7 titres et pro­po­sa une double dose pour 2002, tou­jours aus­si apo­ca­lyp­tique jus­qu’à l’ul­time titre en fin de rap­pel, une re­prise sa­cri­lège et su­perbe du “Strip­ped” de Dé­pêche Mode. Les Eagles Of Death Me­tal, pour leur pre­mier pas­sage, avaient été im­po­sés aux pro­gram­ma­teurs. Scan­dale ? Coup de pres­sion ? Bon, il faut pré­ci­ser que ce sont les Queens Of The Stone Age qui ont joué les for­ceurs, ce qui change tout. D’au­tant que leur pres­ta­tion s’est avé­rée être à la hau­teur, la pe­tite scène ex­plo­sant sous la charge so­nique de ces Eagles- là qui n’ont ja­mais séjourné à l’Ho­tel Ca­li­for­nia, mais comp­taient alors dans leurs rangs une bat­teuse à la forte frappe, Sa­man­tha Ma­lo­ney (ex Hole et Möt­ley Crüe). Le se­cond pas­sage en 2015 fut aus­si une joyeuse épi­pha­nie de hard rock et de joie, hé­las on connaît la suite.

Motö­rhead en 2011 fut l’oc­ca­sion d’exor­ci­ser le ren­dez-vous man­qué de 2001, an­nu­lé la veille suite à la chute du bat­teur Phil

Camp­bell lors d’un fes­ti­val en Nor­vège. 70 mi­nutes à la hau­teur de la (mons­trueuse) ré­pu­ta­tion de ce groupe lé­gen­daire dé­sor­mais dé­ci­mé, avec une in­tro in­ou­bliable : “We are Motö­rhead and we play

rock & roll !”. Un fan de Lem­my pro­fi­ta de sa ve­nue pour lui of­frir une baïon­nette al­le­mande de la pre­mière guerre mon­diale, ce qui le plon­gea dans une joie to­tale. La re­mise de l’arme eut lieu dans le tour bus du groupe à un Lem­my ra­vi en pei­gnoir blanc avec ses lu­nettes de vue, of­frant au fan une image in­so­lite et ma­gni­fique, de celles qui ne s’ef­facent ja­mais.

Royal Blood en­fin prou­va à deux re­prises qu’en ma­tière de bruit, le nombre ne fait rien à l’af­faire : à deux en for­mule basse/ bat­te­rie, Mike Kerr et Ben That­cher, re­pé­rés en 2014 par les pro­gram­ma­teur des Eu­rocks dans un pe­tit fes­ti­val nor­vé­gien, mirent le feu à deux ans d’in­ter­valle, avec la même hargne et la même éner­gie dans l’après-mi­di que d’autres stars au coeur de la nuit, of­frant en 2017 quelques aper­çus de leur nou­vel al­bum au titre évo­ca­teur, “How Did We Get So Dark ?”. Un troi­sième pas­sage en tête d’af­fiche pour­rait bien leur tom­ber des­sus dans un fu­tur proche.

RAGE AGAINST THE MA­CHINE 1994

EAGLES OF DEATH ME­TAL 2005/2015

MOTÖ­RHEAD 2011

SE­PUL­TU­RA 1996

QUEENS OF THE STONE AGE 2005/2007/2011

ROYAL BLOOD 2015/2017

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