Une cas­sette ti­rée à 30 exem­plaires

Rock & Folk - - Erudit Rock -

Cher Eru­dit, pour­rais-je connaître le par­cours et la dis­co­gra­phie de TH­ROB­BING GRISTLE ? YVES, Rouen (76)

Pré­cur­seur bri­tan­nique de la mu­sique in­dus­trielle, ex­pé­ri­men­tale, brui­tiste et élec­tro­nique, Th­rob­bing Gristle n’a ja­mais connu les joies du hit-pa­rade, ni eu une grande au­dience, mais, en dé­ve­lop­pant sa pro­duc­tion de fa­çon to­ta­le­ment in­dé­pen­dante et en créant une mu­sique hors des codes et sans conces­sion, il eut une in­fluence consi­dé­rable sur bon nombre de mu­si­ciens et d’ar­tistes, no­tam­ment de la scène new wave. L’ori­gine du groupe re­monte à la fin des an­nées 60 lorsque Neil An­drew Meg­son fu­tur Ge­ne­sis P-Or­ridge, né le 22 fé­vrier 1950 à Man­ches­ter, fonde à Hull un col­lec­tif de per­for­mances ar­tis­tique et mu­si­cale, COUM Trans­mis­sions, in­fluen­cé par le da­daïsme et les acid­tests de Ken Ke­sey et ses Mer­ry Pranks­ters. A Noël 1969, il est re­joint par Ch­ris­tine Ca­rol New­by alias Cos­mo­sis, puis Cosey Fan­ni Tut­ti, née le 4 no­vembre 1951 à Hull. Leurs ins­tal­la­tions hap­pe­nings font très vite scan­dale et le col­lec­tif confron­té à un har­cè­le­ment po­li­cier ré­gu­lier. COUM s’ins­talle à Londres en 1973. En 1974, Peter Slea­zy Ch­ris­to­pher­son, né le 27 fé­vrier 1955 à Leeds, in­tègre COUM, sui­vi par Ch­ris Car­ter, né le 28 jan­vier 1953 à Londres, qui avait dé­jà tra­vaillé comme in­gé­nieur du son et bas­siste, puis créé un show mul­ti­mé­dia après avoir fa­bri­qué ses propres syn­thé­ti­seurs. En pa­ral­lèle à COUM, le 3 sep­tembre 1975, Ge­ne­sis, vio­lon, basse et chant, Cosey, guitare, cor­net et ef­fets, Slea­zy, trom­pette et tapes, et Car­ter, syn­thé­ti­seurs et samples, forment Th­rob­bing Gristle. Mais, en oc­tobre 1976, l’ex­po­si­tion “Pros­ti­tu­tion”, pour la­quelle Cosey de­vient strip-tea­seuse et mo­dèle pour des re­vues et des films por­nos, pro­voque un énorme scan­dale. Les con­tro­verses qui sui­virent en­traî­ne­ront la fin des subventions et un ban­nis­se­ment de la plu­part des ga­le­ries et centres cultu­rels bri­tan­niques, si­gni­fiant la fin de COUM. Pen­dant la te­nue de “Pros­ti­tu­tion”, Th­rob­bing Gristle a don­né son pre­mier concert pu­blic. Le groupe conser­ve­ra tou­jours un as­pect ar­tis­tique et mul­ti­mé­dia dans ses shows sou­vent pro­vo­ca­teurs, ima­ge­rie na­zie, ré­fé­rences ou actes sexuels, light shows mor­bides, en contrepoint d’une mu­sique plu­tôt aus­tère. La pre­mière ma­ni­fes­ta­tion dis­co­gra­phique de TG pa­raît en 1976 sous la forme d’une cas­sette ti­rée à 30 exem­plaires, “Best Of... Vo­lume I” sur In­dus­trial Re­cords, la­bel fon­dé pour l’oc­ca­sion. “The Se­cond An­nual Re­port”, pa­ru en no­vembre 1977, contient une pre­mière face pro­po­sant huit mor­ceaux dont six live et une se­conde, “Af­ter Cease To Exist”, consa­crée à la B.O. du COUM Trans­mis­sions Film. Sor­ti à l’ori­gine à 785 exem­plaires, l’al­bum se­ra ré­édi­té à plu­sieurs re­prises. Le qua­tuor connait son plus grand suc­cès com­mer­cial en juillet 1978 avec le single “Uni­ted” et “Zyk­lon B Zom­bie”, en­fin sur­tout la pre­mière face. “DOA : The Third And Fi­nal Re­port” (1978), avec “Uni­ted” dans une ver­sion ac­cé­lé­rée de seize se­condes ; “20 Jazz Funk Greats” (1979), l’al­bum le plus en­cen­sé par les cri­tiques ; “Hea­then Earth” (1980) ; “The Mis­sion Of Dead Souls” (1981) sur Fe­tish Re­cords, le der­nier concert de Th­rob­bing Gristle à San Fran­cis­co le 29 mai 1981. “Jour­ney Through A Bo­dy” (1982), en­re­gis­tré à Rome pour la RAI, der­nier al­bum stu­dio.

Cosey et Ge­ne­sis se sé­pa­rant, le groupe se sé­pare. “In The Sha­dow Of The Sun” (1984), une BO de 1981 pour le film de De­rek Jar­man ; “CD1” (1986), des en­re­gis­tre­ments de 1979. Th­rob­bing Gristle se re­forme en 2004 : “TG Now” (2004) ; “Part Two : The End­less Not” (2007) ; “The De­sert­shore Ins­tal­la­tion” (2007), un cof­fret de douze CD sur le tra­vail au­tour du disque “De­sert­shore” de Ni­co ; “The Third Mind Mo­ve­ments” (2009), der­nier al­bum. Au dé­but des an­nées 80, après la sé­pa­ra­tion, Ge­ne­sis P-Or­ridge forme avec suc­cès Psy­chic TV. Cosey Fan­ni Tut­ti et Ch­ris Car­ter sont as­so­ciés dans Ch­ris & Cosey, CTI, TGT et X-TG avec Peter Ch­ris­to­pher­son. De son cô­té, outre qu’il a fait par­tie, de 1974 à 1982, du trio de créa­tions gra­phiques Hip­gno­sis, Ch­ris­to­pher­son re­joint Psy­chic TV, puis John Ba­lance dans Coil. Il meurt le 25 no­vembre 2010 à Bang­kok.

Com­pi­la­tions : “Grea­test Hits” (1981). D’in­nom­brables disques live de TG sont sor­tis en vi­nyles, en cas­settes et en CD. Voi­ci des cof­frets qui en pro­posent un grand nombre : “TG Box 1” (1993), 4 CD ; “TG 24” (2002), 25 CD ; “TG+” (2004), 10 CD, les der­niers concerts de 1980 et 1981 ; “TGV” (2007), 7 DVD. Cher Eru­dit, se­rait-il pos­sible de nous con­ter l’his­toire du trop mé­con­nu groupe ca­li­for­nien SWELL et de son émi­nent lea­der et com­po­si­teur Da­vid Freel ? JU­LIEN (cour­riel)

Swell est une for­ma­tion au style quelque peu in­clas­sable, vrai­ment in­die, mé­lange d’ame­ri­ca­na, de néo­psy­ché­dé­lisme, de noise pop ré­pé­ti­tive et de folk-rock dé­pres­sif, proche de Maz­zy Star en plus éner­gique. A la fin des an­nées 80 à San Fran­cis­co, le gui­ta­riste et chan­teur Da­vid Freel et le bas­siste Tim Adams cherchent à mon­ter un groupe. Ce qui se réa­lise en 1989 lors de la ren­contre avec le bat­teur Sean Kirk­pa­trick. En 1990, le trio crée son propre la­bel, Psy­cho-Spe­ci­fic Re­cords, pour en­re­gis­trer un al­bum. Ra­pi­de­ment, Tim Adams, qui n’est pré­sent que sur un mor­ceau, est rem­pla­cé par Mark Si­gno­rel­li. “Swell” sort en 1990 en pres­sage li­mi­té. Swell part pour l’Eu­rope, se pro­dui­sant au gré des oc­ca­sions, es­sen­tiel­le­ment dans les rues. De re­tour à San Fran­cis­co, Si­gno­rel­li cède sa place à Monte Val­lier et le gui­ta­riste John Dett­man-Lytle se joint au trio. Un single en 1991, “Get High” sur Spi­rit Mu­sic In­dus­tries, est sui­vi par un deuxième al­bum, “...Well ?” (1992). De nou­veau en trio, Freel, Val­lier, Kirk­pa­trick : “41” (1994), cette fois-ci sur Ame­ri­can Re­cor­dings et Beg­gars Ban­quet en Eu­rope. Mal­gré l’in­té­rêt sus­ci­té, les ventes res­tent très mo­destes. Après une dé­lo­ca­li­sa­tion à New York, Swell en­re­gistre un qua­trième al­bum qui est re­je­té par Ame­ri­can Re­cor­dings, mais fi­na­le­ment sor­ti par Beg­gars Ban­quet. Avec Clem Wald­man à la bat­te­rie sur quatre titres : “Two Ma­ny Days Wi­thout Thin­king” (1997). Freel, Val­lier et Rob El­lis, bat­teur de PJ Har­vey : “For All The Beau­ti­ful People” (1998). Da­vid Freel seul avec le bat­teur Rey Wash­man : “Eve­ry­bo­dy Wants To Know” (2001). Kirk­pa­trick de re­tour à la bat­te­rie, Greg Bald­zi­kows­ki, guitare, cla­viers, An­dy Mur­dock, basse, et Freel : “Whe­ne­ver You’re Rea­dy” (2003). Avec Nick Lu­ce­ro, bat­te­rie, et Freel : “South Of The Rain And Snow” (2008) sur le la­bel fran­çais Ta­litres et sur Psy­cho-Spe­ci­fic. Freel prend le nom de Be My Wea­pon avec Ro­nald Burns, bat­te­rie : “March/ 2009” (2009) sur Ta­litres ; Avec Wen­dell Da­vis, cla­viers, et Max Planck, bat­te­rie : “!! Grea­sy !!” (2014) sur Psy­cho-Spe­ci­fic.

Com­pi­la­tion : “Bas­tards & Ra­ri­ties 1989-1994” (2003) ; “The Lost Al­bum”, des titres de pé­riode 1994-96 (2008).

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.