Is­rael Nash

“Lif­ted”

Rock & Folk - - Disques Pop Rock -

LOOSE/MODULOR

La chose a des airs de pe­tite crèche païenne. Ri­vière en plas­tique sur la­quelle flottent quelques ca­nards, berge cou­verte d’une te­nue in­dienne par­se­mée d’herbe (à fu­mer ?), hi­bou per­ché dans un arbre, cham­pi­gnons, gui­tare, pia­no, pho­to du dé­sert... Is­rael Nash a tou­jours soi­gné ses po­chettes et celle-ci pose les ja­lons de son folk rock pan­théiste, qu’il pro­pose de clas­ser dans une ca­té­go­rie sor­tie de son pon­cho (“File Un­der : Hip­pie Spi­ri­tual”). Après deux al­bums ju­meaux, dont “Rain Plains”, chef-d’oeuvre du genre qu’il s’est in­ven­té (Cra­zy Horse de 1970 et contem­pla­tion du cos­mos), Is­rael Nash est-il en me­sure de se re­nou­ve­ler, de tou­cher un pu­blic plus large ? Le barde bar­bu du Texas n’a pas es­sen­tiel­le­ment cham­bou­lé sa formule ma­gique, il en a juste va­rié les do­sages. Après une in­tro féé­rique, “Rol­ling On” dé­ploie ces tem­pos me­dium qui ab­sorbent l’au­di­teur en leur sein, mille-feuille de gui­tares acous­tiques/ élec­triques et re­frain ex­ta­tique. “Loo­king Glass” dé­ploie la même fer­veur, re­haus­sé par les cuivres du Gru­po Fan­tas­ma pour une couche sup­plé­men­taire de contre­points. Une pe­tite touche de George Har­ri­son se re­marque ici et aus­si dans “The Wi­dow”, ain­si que pour le mys­ti­cisme gé­né­ral (“I speak to the wind and the wind speak sto me”, sur un “Strong Was The Night” d’une beau­té in­ti­mi­dante). Le gaillard et ses troupes sont à l’aise sur un tem­po plus vif (“Lu­cky Ones”), des cordes ajoutent à la den­telle ins­tru­men­tale, mais Nash ar­pente les mêmes col­lines du Texas, et leur dé­clament ses mé­lo­dies amples, sou­vent somp­tueuses. Sur la po­chette, dans les nuages en car­ton, six lettres en fleurs sé­chées. “Lif­ted”. Pour sou­le­vé, trans­por­té. Exac­te­ment l’ef­fet pro­duit sur l’au­di­teur. BER­TRAND BOUARD

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