AN­DREW O’NEILL

Ce co­mé­dien de stand-up bri­tan­nique a trou­vé un cré­neau sin­gu­lier : faire des sketches sur le me­tal. Un genre pour le­quel il éprouve une pas­sion in­ta­ris­sable mais lu­cide.

Rock & Folk - - Sommaire - RECUEILLI PAR CH­RIS­TOPHE ER­NAULT - PHO­TOS MICHELA CUCCAGNA

PEU CONNU EN FRANCE, l’An­glais An­drew O’Neill a pour­tant ex­cel­lente ré­pu­ta­tion dans son pays d’ori­gine et dans tout le Com­mon­wealth. Il faut dire que son ta­lent d’amu­seur pu­blic ré­pon­drait fin­gers in the nose à la ques­tion exis­ten­tielle po­sée en son temps par Frank Zap­pa (“Does hu­mor be­long in mu­sic ?”), par l’af­fir­ma­tive. En rem­pla­çant mu­sic par me­tal s’entend, car son coeur de mé­tier, quoique cli­vant, est bien ce­lui-ci : faire rire en par­lant de hard rock. Bon. Ha­bi­tuel­le­ment ré­ser­vées aux spec­ta­teurs de son stan­dup, ses ana­lyses ico­no­clastes et son éru­di­tion PTDR sont dé­sor­mais ras­sem­blées dans un ou­vrage, “Me­tal Sto­ry”, où il re­trace l’évo­lu­tion d’un genre sou­vent mé­pri­sé par les pa­tri­ciens du rock mais qui, dans la grande ta­bu­la ra­sa du 21ème siècle, de­meure le seul en­core ca­pable d’at­ti­rer les foules bi­naires en les fai­sant payer. On le re­trouve dans un hô­tel pa­ri­sien, où, im­mé­dia­te­ment, son débit AK-47 et un ac­cent co­ck­ney à cou­per au cran d’ar­rêt rappelle que nous n’au­rions pas dû prendre al­le­mand en pre­mière langue.

Hen­drix sous acide

ROCK& FOLK : Pre­mier disque ache­té ?

An­drew O’Neill : Avec mon propre ar­gent, Cliff Ri­chard And The Young Ones, un mor­ceau qui s’ap­pelle “Li­ving Doll”. Les Young Ones étaient une troupe co­mique an­glaise as­sez cin­glée des an­nées 80. On est en 1986, je pense. J’ai 6 ans. Gros tube en An­gle­terre. L’un des trucs que j’ai le plus écou­té de ma vie.

R&F : Pour­quoi ce­lui-ci en par­ti­cu­lier ?

An­drew O’Neill : J’ado­rais les Young Ones, ils avaient un cô­té anar­chiste, cré­tin. Sur la face B, il y a un sketch qui m’a d’ailleurs don­né en­vie de faire à mon tour le plai­san­tin. Ça s’ap­pelle “(All The Lit­tle Flo­wers Are) Hap­py”.

R&F : Alors, pre­mier disque de me­tal ?

An­drew O’Neill : Le Black Al­bum de Me­tal­li­ca en 1991. Je l’ai ra­che­té à un mec de mon école qui n’en vou­lait plus. En deux se­maines, je me suis plon­gé de­dans. De là, j’ai re­tra­ver­sé la discographie du groupe, beau­coup plus speed et black que ce­lui-ci, pa­ra­doxa­le­ment. Me­tal­li­ca reste mon groupe vi­vant fa­vo­ri. Ji­mi Hen­drix, que j’ai dé­cou­vert aus­si à l’époque, est quant à lui mon mort fa­vo­ri. C’est un âge, l’ado­les­cence, où la mu­sique t’aide à te struc­tu­rer.

R&F : Il y avait beau­coup de mu­sique dans votre fa­mille ?

An­drew O’Neill : Mes pa­rents écou­taient la ra­dio. BBC 2. Une sta­tion spé­cia­li­sée dans les ol­dies des an­nées 60 et 70. Mon père met­tait tou­jours les Beatles dans la voi­ture. J’ai en­ten­du “Sgt Pep­per” une cen­taine de fois là-de­dans. Mon grand-frère écou­tait pas mal de trucs aus­si. C’est lui qui m’a fait dé­cou­vrir Pu­blic Ene­my, par exemple. J’avais 9 ans

(rires). Queen éga­le­ment... Et puis Hen­drix...

R&F : Dé­ci­dé­ment...

An­drew O’Neill : Hen­drix me parle comme au­cun ar­tiste ne le fait. Sans vrai­ment com­prendre pour­quoi d’ailleurs. Je le vois comme un pote. R&F : Al­bum pré­fé­ré ? An­drew O’Neill : “Elec­tric La­dy­land”, chef-d’oeuvre ab­so­lu.

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