BOB DY­LAN

L’in­té­gra­li­té des séances de “Blood On The Tracks” pa­raît au­jourd’hui dans un im­po­sant cof­fret. Pour­quoi cet al­bum est-il si im­por­tant ? Peut-être parce que le chan­teur y at­teint un som­met d’écri­ture et s’y livre comme ja­mais au­pa­ra­vant.

Rock & Folk - - Sommaire 616 - Charles Fi­cat

“Nombre de gens me disent qu’ils adorent cet al­bum, mais j’ai un peu de mal avec ça. Comment peut-on ai­mer pa­reille souf­france ?”

A PRO­POS DE “BLOOD ON THE TRACKS”, LA COU­TUME PARLE D’UN RE­TOUR DE BOB DY­LAN APRES UNE DECENNIE D’ER­RANCE. Ce disque se­rait le seul à pou­voir ri­va­li­ser avec la tri­lo­gie gran­diose des an­nées 1965-1966 qui n’a ces­sé de han­ter les mé­moires : “Brin­ging It All Back Home”, “Highway 61 Revisited”, “Blonde On Blonde”. Dès les pre­mières notes, “Blood On The Tracks” s’im­pose avec évi­dence comme un disque ma­jeur. “Tan­gled Up In Blue”, qui l’ouvre, ri­va­lise avec les mor­ceaux de bra­voure “A Hard Rain’s A-Gon­na Fall”, “Like A Rol­ling Stone” ou “De­so­la­tion Row”. L’homme n’est plus le même, il est en­tré dans une phase de ma­tu­ri­té. Le voi­là confron­té à un pro­blème exis­ten­tiel, ce­lui de la sé­pa­ra­tion d’avec sa femme Sa­ra. L’au­ra qui en­toure “Blood On The Tracks” tend à dé­pré­cier tout ce qui s’est pas­sé entre 1966 et 1975. Dy­lan au­rait été ren­du à lui-même : le voi­ci à nou­veau ca­pable de dé­fier le fan­tôme de son époque hé­roïque.

Cette vue mé­rite d’être plus que re­la­ti­vi­sée, car lors de sa re­traite consé­cu­tive à l’ac­ci­dent de mo­to de 1966, il en­re­gistre avec le Band les “Ba­se­ment Tapes”, dont on peut au­jourd’hui me­su­rer, dans leur in­té­gra­li­té, à quel point il s’agit d’un chef-d’oeuvre, puis des al­bums re­mar­quables, “John Wes­ley Har­ding” sur­tout, mais aus­si “Na­sh­ville Sky­line”. Très dé­crié à sa sor­tie, “Self Por­trait” a fait l’ob­jet d’une ré­éva­lua­tion à la fa­veur de la sor­tie du “Boot­leg Se­ries Vol 10”. Quant à “New Mor­ning” ou “Pat Gar­rett & Billy The Kid”, voi­là des al­bums fort ho­no­rables — pas aus­si flam­boyants que ceux du dé­but, mais qu’on au­rait tort de re­je­ter en bloc. On écar­te­ra l’al­bum “Dy­lan” sor­ti à son in­su par Co­lum­bia. Il signe avec Da­vid Gef­fen chez Asy­lum. En 1974, il réus­sit un coup double avec ses amis du Band : “Pla­net Waves”, nu­mé­ro 1 au Bill­board à sa sor­tie, sui­vi d’une tour­née triom­phale d’une tren­taine de dates aux Etats-Unis et d’un disque live, le pre­mier de sa car­rière, “Be­fore The Flood” qui pa­raît en juin.

Du sang, de la peine, de la souf­france

Quand il com­mence à l’été 1974 à écrire sur son pe­tit car­net rouge à spi­rale les chan­sons qui fi­gu­re­ront sur “Blood On The Tracks”, Dy­lan est confor­té par un suc­cès re­trou­vé qui dé­clenche une très forte at­tente au­tour de son nom. D’au­tant que, dans cette ferme du Min­ne­so­ta, ré­cem­ment ac­quise où il passe son été, il est ac­com­pa­gné d’El­len Bern­stein, une cadre de Co­lum­bia, qui ne se­ra sans doute pas étran­gère à son re­tour dans le gi­ron de son la­bel d’ori­gine. Dans la presse, il n’est alors plus ques­tion de ces nou­veaux Dy­lan, aux­quels on fai­sait sou­vent al­lu­sion au dé­but des an­nées 1970 dès qu’un nou­vel ar­tiste équi­pé d’une gui­tare pu­bliait un al­bum : Bruce Springsteen, El­liott Mur­phy et d’autres ont eu droit à cet épi­thète. A trente-quatre ans, le vrai Dy­lan oc­cupe le de­vant de la scène et plus per­sonne ne peut lui dis­pu­ter sa cou­ronne. Avec les chan­sons de “Blood On The Tracks”, le Zim tient un en­semble co­hé­rent, qu’il ne faut pas dé­na­tu­rer. Au contraire, il s’agit de don­ner à l’al­bum toute la puis­sance qu’il mé­rite et cette ques­tion sou­lè­ve­ra bien des ter­gi­ver­sa­tions, jus­qu’à au­jourd’hui pas tout à fait tran­chées, tant sur le plan des textes que des ar­ran­ge­ments. Sou­mises à de nom­breuses cor­rec­tions et va­ria­tions, les pa­roles im­pliquent le plus in­time de son être, comme dans “Simple Twist Of Fate” ou “Idiot Wind”. Dans les in­ter­pré­ta­tions live, les textes conti­nue­ront à va­rier. Trait as­sez ty­pique du ca­rac­tère dy­la­nien, à sa­voir que, même en­re­gis­trée, une chan­son conti­nue à évo­luer aus­si bien dans ses pa­roles que dans ses so­no­ri­tés. Toute sa vie le dé­montre. Après avoir joué quelques mor­ceaux au mois d’août à son vieux com­plice Mike Bloom­field — le gé­nial gui­ta­riste du Paul But­ter­field Blues Band qui l’ac­com­pa­gna sur “Highway 61” et lors de la fa­meuse nuit du fes­ti­val de New­port en 1965 — sans pou­voir le convaincre de par­ti­ci­per, Dy­lan entre à New York aux stu­dios A&R, an­cien­ne­ment stu­dio A, où il avait en­re­gis­tré six de ses al­bums his­to­riques dans les an­nées 1960. Au dé­part, il compte faire ap­pel à Eric Weiss­berg et à son propre groupe De­li­vrance. Ce­pen­dant, la pre­mière séance, le 16 sep­tembre, ne se dé­roule pas con­for­mé­ment aux sou­haits de Dy­lan, par­fois dif­fi­cile à suivre dans ses exi­gences. De cette pre­mière jour­née ne sur­vi­vra sur l’al­bum fi­nal que le blue­sy “Meet Me In The Mor­ning”. Il re­tourne au stu­dio du 17 au 19 sep­tembre avec de nou­veaux mu­si­ciens (Paul Grif­fin à l’orgue, Bud­dy Cage à la pe­dal steel), à l’ex­cep­tion du bas­siste To­ny Brown qu’il a gar­dé, et ré­en­re­gistre les chan­sons. Au cours de ces ses­sions, Dy­lan se laisse al­ler comme ja­mais. Sa voix ex­prime un de­gré d’émo­tion ra­re­ment at­teint. Il est au som­met de son art. Ce n’est plus un ar­tiste qui s’ex­prime, mais un homme dont le coeur est en train de cha­vi­rer et qui com­mu­nique sa dou­leur. Il y a du sang, de la peine, de la souf­france dans ces chan­sons-là. Dy­lan ne fait pas le ma­lin et va aus­si loin que son âme lui per­met. Toute cette in­ten­si­té pas­sion­née se re­trouve sai­sie lors des ses­sions de sep­tembre 1974, me­nées sous la hou­lette de Phil Ra­mone, et qui font l’ob­jet au­jourd’hui d’un nou­veau vo­lume des Boot­leg Se­ries, après que des ex­traits ont été dis­til­lés de­puis une tren­taine d’an­nées, où l’on re­trouve éga­le­ment les deux titres qui fi­na­le­ment n’ont pas été re­te­nus dans la sé­lec­tion fi­nale : “Up To Me” et “Call Let­ter Blues”. Avec des sur­prises, telle cette pré­sence, dans un stu­dio voi­sin, de Mick Jag­ger qui pas­se­ra une tête et dont la voix fut cap­tu­rée.

De face et de pro­fil

Si­tôt les en­re­gis­tre­ments ache­vés, les titres mixés, un test pres­sing est réa­li­sé que Dy­lan, de re­tour à Ma­li­bu, fait écou­ter à Rob­bie Ro­bert­son et quelques proches. Co­lum­bia es­père sor­tir l’al­bum avant Noël. En­tre­temps, la re­la­tion avec El­len Bern­stein s’ef­fi­loche et Dy­lan semble ten­ter une ré­con­ci­lia­tion avec Sa­ra. Une in­cer­ti­tude de­meure quant au des­tin de l’oeuvre. Dy­lan la fait alors écou­ter à son jeune frère, Da­vid Zim­mer­man, qui lui sug­gère de ré­en­re­gis­trer la moi­tié des titres. Pour quelle rai­son ? Il craint que le disque ren­contre peu d’écho en rai­son de l’ari­di­té du son et lui pro­pose de l’élec­tri­fier. Le 27 et le 30 dé­cembre 1974, il s’oc­cupe de lui trou­ver des mu­si­ciens et de ré­ser­ver un stu­dio, le Sound 80 à Min­nea­po­lis. En fait, Dy­lan ne fait pas que mo­di­fier les ar­ran­ge­ments, il en pro­fite en­core pour amen­der les textes. Cinq titres fe­ront l’ob­jet d’un ré­exa­men : “You’re A Big Girl Now” et “Idiot Wind” le pre­mier jour, “Tan­gled Up In Blue”, “Li­ly, Ro­se­ma­ry And The Jack Of Hearts” et “If You See Her Say Hel­lo” le se­cond. Les noms des mu­si­ciens qui l’ac­com­pagnent lors de ces ses­sions n’ap­pa­raî­tront ja­mais sur les édi­tions suc­ces­sives de l’al­bum. Les voi­ci pour la pos­té­ri­té : Ke­vin Ode­gard (gui­tare), Pe­ter Os­trou­sh­ko (man­do­line), Billy Pe­ter­son (basse), Gregg In­ho­fer (cla­viers), Bill Berg (bat­te­rie). En tout cas, en élec­tri­fiant da­van­tage ces titres, Dy­lan les ren­dait plus per­cu­tants et s’éloi­gnait de ce dé­voi­le­ment qui met­tait son coeur à nu. La suite de l’his­toire est connue. Sor­ti le 17 jan­vier, l’al­bum est dans l’en­semble très bien ac­cueilli par le pu­blic (nu­mé­ro 1 aux Etats-Unis, nu­mé­ro 4 au Royaume-Uni), un peu moins par la cri­tique. Jon Lan­dau, dans Rol­ling Stone, ex­prime des ré­serves trou­vant l’or­ches­tra­tion “bâ­clée” — comme d’ha­bi­tude. Dans le New Mu­si­cal Ex­press, Nick Kent se mon­tre­ra plus sé­vère en­core. En re­vanche, Mi­chael Gray — un des meilleurs dy­la­no­logues au monde, au­teur de deux sommes in­dis­pen­sables “Song And Dance Man III” et “The Bob Dy­lan En­cy­clo­pe­dia” — per­ce­vra, lui, dans sa cri­tique pour Let It Rock, “l’al­bum le plus re­mar­qua­ble­ment in­tel­li­gent des an­nées 1970”. Avec “Blood On The Tracks”, il ap­pa­rut clai­re­ment que Bob Dy­lan était loin d’avoir dit son der­nier mot, que son écri­ture al­lait en­core sur­prendre par ses trou­vailles. L’homme en­trait dans une nou­velle phase de plé­ni­tude et de maî­trise. Il en va ain­si pour un des mor­ceaux phares de l’al­bum, si­non le plus im­por­tant, une de ses meilleures chan­sons ja­mais écrites : “Tan­gled Up In Blue”.

A trente-quatre ans, Dy­lan oc­cupe le de­vant de la scène et plus per­sonne ne peut lui dis­pu­ter sa cou­ronne

Ce n’est plus un ar­tiste qui s’ex­prime mais un homme dont le coeur est en train de cha­vi­rer et qui com­mu­nique sa dou­leur

Bien sûr, on peut y cher­cher une in­ter­pré­ta­tion bio­gra­phique en vou­lant re­trou­ver des dé­tails de la vie de Dy­lan ou de ses proches, dis­sé­mi­nés sous forme d’al­lu­sions ou de ré­mi­nis­cences. Là n’est peut-être pas l’es­sen­tiel. C’est dans la nar­ra­tion que s’opère cette ré­vo­lu­tion (“re­vo­lu­tion in the air”). Le nar­ra­teur glisse du je au il en ra­con­tant sa vie. Le pas­sé et le pré­sent se che­vauchent dans un té­les­co­page tem­po­rel. Des élé­ments au­to­bio­gra­phiques se mêlent aux sen­ti­ments les plus in­times. Au cours d’en­tre­tiens, Dy­lan a pu dé­cla­rer qu’il avait com­po­sé cette chan­son comme on peint une toile. Ce se­rait, à titre de com­pa­rai­son, à la ma­nière de Pi­cas­so qui re­pré­sente le vi­sage d’un mo­dèle de face et de pro­fil à la fois. Il convient de rap­pe­ler ici l’in­fluence de l’art pic­tu­ral au cours de l’écri­ture de “Blood”. Au tout dé­but de l’été à New York, il fait la connais­sance de Nor­man Rae­ben, un pro­fes­seur de pein­ture re­com­man­dé par des amis ca­li­for­niens. A un mo­ment où sa vie part en vrille, Dy­lan trouve en Rae­ben plus qu’un pro­fes­seur, un éclai­reur qui lui fait prendre conscience d’autres plans de réa­li­té. Dy­lan a tou­jours pra­ti­qué la pein­ture : on se sou­vient des toiles sur les po­chettes de “Mu­sic From Big Pink” du Band, de “Self Por­trait”, de “Pla­net Waves”, des des­sins de la pre­mière édi­tion du re­cueil “Wri­tings And Dra­wings”, sans comp­ter ses nom­breuses ex­po­si­tions qui conti­nuent en­core au­jourd’hui. C’est cette in­fluence-là qui s’ex­prime dans “Tan­gled Up In Blue” avec dif­fé­rentes pers­pec­tives (“from a dif­ferent point of view”). Comment ne pas y voir des pré­mo­ni­tions de ce qu’al­lait de­ve­nir sa vie : “I seen a lot of wo­men”, “You look like the silent type”, “But me I’m still on the road”. On pour­rait ain­si mul­ti­plier les vers pro­phé­tiques de ce­lui qui a per­çu des vé­ri­tés en­fouies. Pas éton­nant que “Tan­gled Up In Blue” se soit im­po­sé comme un des clas­siques de Dy­lan sur scène. Il s’agit du qua­trième titre le plus sou­vent in­ter­pré­té — après “All Along The Watch­to­wer”, “Like A Rol­ling Stone” et “Highway 61 Revisited”. A ce jour, on ne compte pas moins de 1700 ver­sions de ce clas­sique, avec de nom­breuses et pro­fondes va­riantes. A no­ter que le titre a dis­pa­ru — pour l’ins­tant ? — des set­lists de la tour­née de l’au­tomne 2018... Au dé­tour d’un vers, il évoque sa par­te­naire qui ouvre le livre d’un poète ita­lien du trei­zième siècle. S’agit-il de Dante ? Tou­jours est-il que dans “You’re Gon­na Make Me Lo­ne­some When You Go” — des­ti­né di­rec­te­ment à El­len Bern­stein puis­qu’il cite même Ash­ta­bu­la, la ville na­tale de sa maî­tresse — il com­pare ses amours à celles de Ver­laine et de Rim­baud. En­core une al­lu­sion poé­tique dans un océan de san­glots. Car cet al­bum gran­diose est aus­si une oeuvre de tris­tesse, avec ses “seaux de pluie et ses seaux de larmes”. Dy­lan avait bien conscience de dé­voi­ler un pan en­tier de ce qui lui était le plus cher. Une to­na­li­té mé­lan­co­lique berce tout le disque, mal­gré le ren­fort élec­trique des ses­sions de Min­nea­po­lis, dont au­cun out­take ne semble avoir été conser­vé — s’il y en a ja­mais eu... Le suc­cès et l’es­time sus­ci­tés par le disque sont même al­lés jus­qu’à em­bar­ras­ser l’in­té­res­sé lui-même. Au mi­cro de son amie Ma­ry Tra­vers (la jo­lie blonde de Pe­ter, Paul And Ma­ry), il dé­cla­re­ra en mars 1975 dans une rare in­ter­view ra­dio : “Nombre de gens me disent qu’ils adorent cet al­bum, mais j’ai un peu de mal avec ça. Comment peut-on ai­mer pa­reille souf­france ?” Chez Dy­lan, la grâce du verbe al­liée à la puis­sance de l’in­ter­pré­ta­tion illu­mine la dou­leur la plus noire, le cha­grin le plus pro­fond. D’où cette vo­lup­té. La délicatesse d’un “If You See Her, Say Hel­lo” re­pose sur sa sim­pli­ci­té, mais elle touche juste. Ja­mais Sa­ra n’ex­pri­me­ra d’opi­nion à l’égard de ces titres. En re­vanche, leur fils Ja­kob di­ra qu’il lui sem­blait en­tendre ses pa­rents conver­ser en écou­tant l’al­bum. Cer­taines chan­sons prennent une autre si­gni­fi­ca­tion avec le temps. Le 13 oc­tobre 2016, lors d’un concert au Chel­sea Theatre de l’hô­tel The Cos­mo­po­li­tan à Las Ve­gas, le soir de son at­tri­bu­tion du prix No­bel de lit­té­ra­ture, Dy­lan res­sor­tit sa Stra­to­cas­ter — fait de plus en plus rare — sur “Simple Twist Of Fate” : en ef­fet, suite à pa­reille con­sé­cra­tion, il ne pou­vait y avoir de plus “simple re­tour­ne­ment du des­tin”.

Un tire-bou­chon au coeur

“Blood On The Tracks” conti­nue à au­tant fas­ci­ner parce que c’est aus­si un al­bum qui traite du temps et de son im­pi­toyable écou­le­ment. “Time is a jet plane”, en amour comme dans tout le reste. Dy­lan a su le gra­ver dans un clas­si­cisme in­tem­po­rel si bien qu’au­jourd’hui avec toutes les ver­sions stu­dio connues da­tant de ce mois de sep­tembre 1974, on n’au­ra plus à se de­man­der si l’on pré­fère les prises acous­tiques ou élec­triques. Reste cette ex­pres­sion “d’un mal qui s’en va qui re­vient/ comme un ti­re­bou­chon au coeur” (“With a pain that stops and starts/ Like a corks­crew to my heart”). En juin 1975, six mois après la pa­ru­tion de l’al­bum, sor­tait une ver­sion très am­pu­tée des “Ba­se­ment Tapes” réa­li­sées avec le Band. Fin juillet, il était dé­jà en stu­dio, avec d’autres mu­si­ciens en­core, à en­re­gis­trer “De­sire”, qui ne pa­raî­tra qu’en jan­vier de l’an­née sui­vante. Il al­lait lan­cer la Rol­ling Thun­der Re­vue et le tour­nage du film “Re­nal­do Et Cla­ra”. Si le des­tin de son ma­riage avec Sa­ra était scel­lé dès la com­po­si­tion de “Blood On The Tracks”, le di­vorce n’in­ter­vien­dra qu’en juin 1977, soit deux ans et de­mi après la sor­tie du disque. Tout ce­la re­monte à plus de qua­rante ans. Le sang et les larmes ont peut-être sé­ché, de­meure l’écla­tante ins­pi­ra­tion d’un ar­tiste adepte des re­nais­sances.

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