DISQUES

Rock & Folk - - Sommaire 616 - “Som­nium”

PIAS Il manque quel­qu’un à l’ap­pel. Plus exac­te­ment, quelque chose : la voix de Jac­co Gard­ner. On l’at­tend, la guette, la dé­sire tout au long de “Som­nium”. Mais non. Pas là, au­cun chant. Pour­quoi ? Peut-être Gard­ner était-il ga­ré en double file — trop pres­sé, il a fait une croix sur les ses­sions vo­cales. Hy­po­thèse aus­si plau­sible que celle d’une dé­ci­sion ar­tis­tique ré­flé­chie. Jac­co choi­sis­sant d’en­re­gis­trer un al­bum ins­tru­men­tal ? C’est pour­tant dans le for­mat chan­son, cou­plet-pont-re­frain, avec chant et mé­lo­dies, que le Néer­lan­dais a fait des mi­racles : en 2010 avec “Year One” (sous le nom The Sky­wal­kers) puis en 2013 avec “Ca­bi­net Of Cu­rio­si­ties”. Deux mer­veilles rem­plies de chan­sons au ni­veau des té­nors de la neo­psy­che­de­lia, les Nick Ni­ce­ly, The Le­gen­da­ry Pink Dots, Paul Ro­land, Mar­tin Ne­well... Tous les fans de ce Jac­co Gard­ner-là vont tom­ber de haut avec “Som­nium” — comme cer­tains ad­mi­ra­teurs des Beatles ont pu s’ar­ra­cher les che­veux à l’écoute du “Elec­tro­nic Sound” de George Har­ri­son ou “Straw­ber­ries Oceans Ships Fo­rest” de Paul McCart­ney. Les ins­tru­men­taux de “Som­nium” n’ont plus grand-chose à voir avec Syd Bar­rett ou The Dukes Of Stra­tos­phear : dé­sor­mais, le Hol­lan­dais s’ins­crit dans la fi­lia­tion des mu­si­ciens se­ven­ties d’Outre-Rhin, les Clus­ter, Mi­chael Bundt, Ha­rald Gross­kopf... Dans ce rayon-là, ce­lui des vi­gnettes élec­tro­niques sur­an­nées, Gard­ner se ré­vèle éga­le­ment très doué. Evo­luant do­ré­na­vant dans le do­maine de l’am­biance, de l’at­mo­sphère, il n’ou­blie pas, comme John Car­pen­ter, de glis­ser des gim­micks mé­lo­diques. Mais si, la pro­chaine fois, il pou­vait cho­per une place de par­king et prendre le temps de po­ser sa voix... BE­NOIT SA­BA­TIER

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