SI­MON RAY­MONDE : “On au­rait pu conti­nuer”

Re­tour, entre deux avions, sur ces der­niers cha­pitres de l’his­toire du groupe, avec Si­mon Ray­monde, au­jourd’hui di­ri­geant du pro­li­fique la­bel Bel­la Union, créé avec Ro­bin Gu­thrie en 1997, un an avant la sé­pa­ra­tion.

Rock & Folk - - Cocteau Twins - RE­CUEILLI PAR ALEXANDRE BRE­TON

ROCK&FOLK : Quel est votre ju­ge­ment sur ce cha­pitre fi­nal de l’his­toire du groupe ?

Si­mon Ray­monde : Il était temps que le la­bel en­vi­sage de faire quelque chose, plus de vingt ans après la sé­pa­ra­tion du groupe ! Il y a des tré­sors dans ces al­bums. Seule­ment, le groupe se­ra tou­jours éva­lué à l’aune de ce que d’autres es­timent être nos som­mets, comme “Heads Over Heels” ou “Trea­sure”. L’af­fec­tion du pu­blic lors des an­nées 4AD s’est vo­la­ti­li­sée quand nous sommes al­lés chez Fon­ta­na. Pour­tant, ce que nous avons fait tient la route. Etant don­nées les cir­cons­tances, je trouve même for­mi­dable que ces en­re­gis­tre­ments ne sonnent pas plus comme “Me­tal Ma­chine Mu­sic” !

R&F : Pou­viez-vous al­ler plus loin?

Si­mon Ray­monde : Bien que j’au­rais dû tout faire pour, vue l’im­por­tance de ce groupe et de cette mu­sique pour moi, peut-être au­rions-nous dû tout ar­rê­ter lorsque Ro­bin et Eli­za­beth se sont sé­pa­rés. Qui sait ? Ce qui compte, c’est qu’une fois en stu­dio, tous les pro­blèmes sem­blaient comme sus­pen­dus. Donc, oui, on au­rait pu conti­nuer ! Mais ce ne fut pas le cas.

R&F : Que s’est-il exac­te­ment pas­sé?

Si­mon Ray­monde : Un lent dé­clin des re­la­tions, à l’ex­té­rieur comme au sein du groupe, à par­tir du dé­part de 4AD. Sans ou­blier les drogues, les pro­blèmes fi­nan­ciers et af­fec­tifs, la peur, les re­dres­se­ments, jus­qu’à la prise de conscience qu’il fal­lait prendre cette dé­ci­sion.

R&F : Que reste-t-il, à votre avis, de Cocteau Twins?

Si­mon Ray­monde : Je ne sais pas vrai­ment. Nous fai­sions notre mu­sique d’une ma­nière si peu conven­tion­nelle, qui ré­tros­pec­ti­ve­ment pa­raît à ce point aléa­toire et im­pré­vi­sible, que le seul fait que nous ayons pu pro­duire au­tant d’al­bums me laisse per­plexe ! R&F : Peut-on ima­gi­ner qu’un jour vous pu­bliiez les tout der­niers en­re­gis­tre­ments ? Si­mon Ray­monde : Im­pos­sible.

R&F : Et que vous vous re­for­miez ? Si­mon Ray­monde : Là aus­si, im­pos­sible.

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