Jay Mas­cis

Rock & Folk - - Disques Poprock - “Elas­tic Days”

SUBPOP/PIAS Par­mi les fiers in­do­lents de l’his­toire du rock, quelque part entre Bob­by Charles et John Se­bas­tian, trône de­puis plus de trente ans la fi­gure in­dé­chif­frable de Jay Mas­cis. Au fil du temps, avec ou sans le bas­siste Lou Bar­low, ce­lui-ci a éle­vé l’ab­sence de re­nou­vel­le­ment jus­qu’à une sorte d’art. L’âge ai­dant, l’an­cien po­tache grunge de Di­no­saur Jr a pour­tant pris de­puis quelques al­bums son vi­rage acous­tique. Qu’on se ras­sure : rien n’a fon­da­men­ta­le­ment chan­gé. Ici en­core, le ca­ne­vas de chaque chan­son est à peu près le même : aux avant-postes, un ta­pis bon­homme de gui­tare acous­tique, que re­joint bien­tôt, guère plus pres­sé, le timbre d’une uni­for­mi­té trom­peuse de Mas­cis que viennent se­cou­rir des as­sauts élec­triques tou­jours in­ven­tifs. Ma­lingre mais vaillant (sou­vent avan­cée, la com­pa­rai­son avec Neil Young est lourde à por­ter), le chant de Jay Mas­cis a la grâce d’une qua­li­té rare, la re­te­nue. “Elas­tic Days”, c’est un peu 50 nuances de Lo-fi ; Mas­cis y la­boure un ter­ri­toire res­ser­ré mais in­son­dable, de la douce nos­tal­gie de la chan­son épo­nyme au ro­man­tisme très Big Star de “Sky Is All We Had”. Loin d’en­nuyer, cet al­bum, qu’il faut prendre comme un bloc, ré­con­forte et ras­sure, per­met­tant à l’au­di­teur de vé­ri­fier à son écoute cet an­tique axiome : il est doux de ne rien faire. A l’oc­ca­sion, sans crier gare, sans éclats, sans se dé­par­tir de son pas, Jay Mas­cis sait même se faire su­pé­rieu­re­ment émou­vant (“Drop Me”). Si “Elas­tic Days” n’est pas en­core son chef-d’oeuvre, il aide à ima­gi­ner et es­pé­rer ce que ce­lui-ci pour­rait être. VIANNEY G.

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