John­ny Hal­ly­day

“Mon Pays C’Est L’Amour”

Rock & Folk - - Disques Français - WAR­NER JEAN-WILLIAM THOURY

L’homme sait que c’est son der­nier. Son tes­tament ar­tis­tique. Et que fait-il ? Il ba­lance deux rock’n’roll de la plus belle eau ! Le rock’n’roll, c’était ça son ter­ri­toire, sa culture, sa base ar­rière, son re­fuge. On l’en­tend ob­te­nir l’ap­pro­ba­tion de Lit­tle Ri­chard ou Jer­ry Lee Le­wis quand il as­sène “Mon Pays C’Est L’Amour”, la chan­son qui donne son titre à l’en­semble. Ce­lui qui a gra­vé “Les Rocks Les Plus Ter­ribles” en 1964 n’a rien per­du ni de sa force ni de son en­thou­siasme. C’est la mu­sique qu’il aime et il sait la ser­vir brillam­ment. Ce qui se confirme avec “Made In Rock’N’Roll”. Le pia­no sur une seule note qui vrille le tym­pan, les so­los suc­ces­sifs, saxo puis gui­tare, cette voix ma­gni­fique, ces cris de jouis­sance, tout est là ! Sous un titre certes un peu ba­lourd se pro­pulse un pur rock’n’roll. Cette adap­ta­tion de “Let The Good Times Roll” de JD McP­her­son (2014) montre que Hal­ly­day, peut-être in­ci­té par Ya­rol Pou­paud et Yo­dé­lice, res­tait à l’écoute, in­té­res­sé par ce que pou­vaient ap­por­ter de jeunes mu­si­ciens à cet art si dif­fi­cile. L’al­bum re­vèle les autres fa­cettes du chan­teur, tra­gé­dien (“Par­donne-Moi”), porte-pa­role des tau­lards (“4m2”, va­gue­ment swamp), grand ama­teur de riffs sto­niens (“Back In LA”), at­ti­ré par le folk fa­çon Cree­dence (“L’Amé­rique De William”)... Le disque ne se­rait pas com­plet sans une vi­brante et sen­suelle dé­cla­ra­tion d’amour, “Tom­ber En­core”. Sa­vant et per­for­mant, le mixage ef­fec­tué par Bob Clear­moun­tain mé­rite une écoute le vo­lume pous­sé au maxi­mum, c’est la seule ma­nière de rendre jus­tice à ce mo­nu­ment lais­sé par Hal­ly­day qui nous quitte avec une grâce in­fi­nie, en ro­cker.

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