PO­SER UN LA­PIN

Secrets d'Histoire - - DES MOTS, DES HISTOIRES -

« Il est tou­jours avan­ta­geux de por­ter un titre no­bi­liaire. Être de quelque chose, ça pose un homme, comme être de ga­renne, ça pose un la­pin. » (Al­phonse Al­lais). On a tous pes­té pour avoir at­ten­du quel­qu’un qui n’est ja­mais ve­nu! Sûr, le mam­mi­fère à longues oreilles est un ex­pert dans l’art du (faux) bond! La tour­nure da­te­rait de la fin du xviiie siècle. Un « la­pin » est un pas­sa­ger en trop dans une di­li­gence, obli­gé de prendre place à cô­té du co­cher. C’est aus­si le nom du client in­dé­li­cat de la fille de joie, qui prend du plai­sir puis la fuite sans payer son dû. Du ren­dez-vous clan­des­tin mal­hon­nête au ren­dez­vous ra­té, il y a qu’un saut… Jus­qu’au xixe siècle, « po­ser » si­gni­fiait aus­si faire at­tendre: « De­puis trois mois, elle le fai­sait po­ser, jouant à la femme comme il faut, afin de l’al­lu­mer da­van­tage » (Na­na, d’Émile Zo­la).

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