Si vous de­viez... Vous ra­ser le crâne, par Axelle Laf­font

Axelle Laf­font se­rait « hy­per-sen­sible » à en ju­ger par le titre de son der­nier spec­tacle ? Sans doute pas tant que ça. Elle a si­gné sa pre­mière co­mé­die, MILF (en salles ce mois-ci) et n’hé­si­te­rait pas à tout cou­per... À condi­tion de jouer dans un block­bu

So Film - - Sommaire - par Axelle Laf­font, ac­trice PRO­POS RECUEILLIS PAR RA­PHAËL CLAIREFOND MILF, UN FILM DE ( ET AVEC) AXELLE LAF­FONT, VIR­GI­NIE LE­DOYEN, MA­RIE­JO­SÉE CROZE. AC­TUEL­LE­MENT EN SALLES.

Je me suis dit que j’in­car­ne­rais une su­per-hé­roïne très « girl power ». J’ai des su­per-pou­voirs et des seins dé­cu­plés tant que je garde mon crâne ra­sé : je vois tout, j’en­tends tout, je res­sens tout, et je peux me té­lé-trans­por­ter. Sauf que quand mes che­veux re­poussent, je perds mes su­per-pou­voirs. Donc je me ba­lade sans ar­rêt avec une ton­deuse avec moi. Il se trouve que j’ai un concur­rent. On est les deux seuls su­per-hé­ros qui res­tent dans le monde. Il s’appelle Mu­let Man... pour sa coupe de mu­let bien sûr. Il se­rait in­ter­pré­té par Mat­thias Dan­dois qui joue dans MILF. Parce qu’il a plein de che­veux et que la coupe lui irait par­fai­te­ment. Il fau­drait lui faire une vraie coupe mu­let par contre. Le pro­blème, c’est qu’il veut être le seul su­per-hé­ros et il a en­le­vé ma fille que je dois al­ler sau­ver. Ma fille, quant à elle, est su­per-in­tel­li­gente : elle ar­rive à ré­soudre le moindre pro­blème ma­thé­ma­tique, ce qui ne l’em­pêche pas de tom­ber dans le piège d’un coif­feur. Ce diable de Mu­let Man...

Ni une ni deux, je pars à sa re­cherche, sauf que dans la pré­ci­pi­ta­tion, je perds mon ra­soir de chez Dy­son. Et comme c’est di­manche, tous les ma­ga­sins sont fer­més, donc j’appelle un ven­deur qui m’avait dra­guée et il me sauve la vie. Il m’ap­porte une ton­deuse et je peux de nou­veau ré­cu­pé­rer mes su­per-pou­voirs pour al­ler sau­ver ma fille. Elle est re­te­nue dans un han­gar par Mu­let Man avec qui je dois me battre. Lui, son su­per­pou­voir, c’est qu’il peut frap­per avec sa queue de che­val qui la­cère comme un cou­teau. Moi, comme je suis hy­per-sen­sible, j’ar­rive à pré­voir tout ce qu’il va faire à l’avance donc je peux le court­cir­cui­ter, sauf pour un truc que je n’ai pas vu ve­nir. Au cours de la ba­taille, vi­cieu­se­ment, il me colle une per­ruque de Do­nald Trump sur la tête et là, je com­mence grave à m’af­fai­blir et à perdre toute forme d’in­tel­li­gence. Mais heu­reu­se­ment, John, le ven­deur pro­vi­den­tiel, ar­rive de nou­veau à mon se­cours, par­vient à me ra­ser la per­ruque et comme il m’avait dra­guée, qu’en plus il m’a sau­vé la vie et celle de ma fille, je tombe amou­reuse de lui. Voi­là, c’est la fin : hap­py end, quoi ! C’est un film d’ac­tion à très gros bud­get avec des ef­fets spé­ciaux de ouf – pour les su­per-pou­voirs, c’est obli­gé – tour­né en langue an­glaise à Los An­geles au so­leil, au bord de la mer. Je joue­rais de­dans en pré­voyant un gros coa­ching phy­sique deux-trois mois à l’avance et je le fe­rais réa­li­ser par James Gray. Il y au­rait plein de scènes de pour­suites en voi­ture, donc c’est le meilleur pour ça. Ni­veau mu­sique, que du hip hop : Ken­drick La­mack, A$AP Ro­cky et on est bien. Pour le titre, ça pour­rait être Bold Wo­man ce qui veut dire à la fois « ra­sée » et « au­da­cieuse », c’est par­fait. •

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