DES VI­DEO-CLUBS

So Film - - Think Tank - PAR THO­MAS NGIJOL, AC­TEUR ET RÉA­LI­SA­TEUR

« Comme je suis un mec des an­nées 80, le vi­déo-club a été pour moi quelque chose d’as­sez ex­tra­or­di­naire. Il faut peut-être dé­pous­sié­rer ça aus­si. Il y avait un cô­té “club” qui est cool là-de­dans. Même quand il n’y avait pas les films que tu vou­lais parce qu’un connard les avait pris avant toi, tu en pre­nais un autre, tu te di­sais : “Al­lez tiens, c’est pas grave, je vais dé­cou­vrir ça.” Per­sonne ne se di­sait qu’il n’en avait pas pour son ar­gent, dans le pire des cas tu sor­tais un peu moins con et t’avais dé­cou­vert un truc. Donc je pense qu’on pour­rait ré­ac­tua­li­ser ce concept de vi­déo-club pour rendre le ci­né­ma plus at­trayant, qu’im­porte le sup­port. Tout le monde a plein de choses chez soi, mais il n’y a per­sonne, à part trois mecs sur des sites, pour jouer ce rôle de trans­mis­sion et de con­seil. Le contact hu­main est quand même im­por­tant. C’est bien d’être un peu ai­guillé de temps en temps pour s’ou­vrir à d’autres choses. J’ima­gine un truc très so­cial avec des pro­fils très dif­fé­rents au ni­veau des conseillers : ça irait du geek qui a re­gar­dé 700 fois L’Arme fa­tale à une dame d’un cer­tain âge qui a ai­mé le ci­né­ma de Jacques De­my. Moi, je pren­drais une carte d’abon­ne­ment à ma fille, elle des­cen­drait toute seule tous les week-ends se faire sa pe­tite culture avec des gens qui lui ex­pliquent. Au­jourd’hui, tu es sur Netflix, tu ne sais même pas où al­ler. Leurs ro­bots, si tu as re­gar­déRam­bo, dé Ram­bo, vont te pro­po­ser Ter­mi­na­tor… Alors que tu n’avais pas for­cé­ment en­vie de regarder Ter­mi­na­tor der­rière ! »

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