L’ef­fet pa­pillon.

Com­ment les mer­ce­naires co­saques du XIIIe siècle ont em­pê­ché Ma­soud Sho­jaei d’être le pre­mier Ira­nien à dis­pu­ter trois coupes du monde.

So Foot - - SOMMAIRE - JPS/ PHO­TOS: DR

Com­ment les Co­saques du XIIIe siècle ont em­pê­ché Ma­soud Sho­jaei d’être le pre­mier Ira­nien à dis­pu­ter trois coupes du monde.

DE LA PRISE DE THÉODOSIE À L’ADIEU AU MON­DIAL DE SHO­JAEI

CAFFA 1281

Si la Terre est en­core consi­dé­rée comme plate par ceux qui la peuplent, l’ar­gent di­rige dé­jà le monde. Une grande par­tie du com­merce en mer Noire passe par Théodosie, en Cri­mée. Après avoir été gé­ré par les Grecs, ce centre d’af­faires stra­té­gique de­vient ro­main, puis bul­gare, avant que les Gé­nois en prennent fi­na­le­ment le contrôle aux des­cen­dants de Gen­gis Khan, les fa­meux Mon­gols.

CAFFA 1302

Pour fa­ci­li­ter le bu­si­ness, les mar­chands gé­nois mettent au point le

Co­dex Cu­ma­ni­cus, un dic­tion­naire tri­lingue la­tin-per­san-turc où il est pour la pre­mière fois fait men­tion du mot “co­saque”. Des mer­ce­naires ve­nus d’Asie cen­trale et de Rus­sie. En gros, des sau­vages. Ces der­niers s’al­lient avec les Mon­gols et re­prennent Caffa aux Gé­nois en je­tant les corps de leurs ca­ma­rades morts de la peste par-des­sus les murs de la ville.

VOLGOGRAD 1774

L’union fait la force, et ça, Ie­me­lian Pou­gat­chev l’a bien com­pris. Se fai­sant pas­ser pour le tsar Pierre III, ce pe­tit pro­prié­taire ter­rien co­saque re­groupe les dif­fé­rentes com­mu­nau­tés dis­sé­mi­nées dans la géo­gra­phie slave pour me­ner l’in­sur­rec­tion contre l’im­pé­ra­trice Ca­the­rine II. Dé­fait, Pou­gat­chev est dé­ca­pi­té. Ses ca­ma­rades, eux, in­tègrent les ar­mées im­pé­riales et de­viennent le bras ar­mé le plus ef­fi­cace des tsars.

MOS­COU 1878

En vi­site à Mos­cou, Nas­se­re­din Shah est im­pres­sion­né par la garde du tsar Alexandre II. Le chef du gou­ver­ne­ment ira­nien de­mande donc la per­mis­sion d’em­bar­quer quelques co­saques russes pour for­mer les siens. L’ap­pren­tis­sage du­re­ra jus­qu’en 1920, date à la­quelle Re­za Chah de­vient le pre­mier of­fi­cier per­san à com­man­der le corps ar­mé. Un coup d’État plus tard, il est pro­cla­mé em­pe­reur en 1926. Son fils, Mo­ham­mad Re­za Chah, lui suc­cède en 1941.

TÉ­HÉ­RAN 1979

Mo­ham­mad Re­za Chah oc­ci­den­ta­lise l’Iran et tisse même des re­la­tions étroites avec Is­raël, un pays qu’il consi­dère comme son meilleur al­lié non mu­sul­man. C’en est trop pour les fon­da­men­ta­listes chiites ins­pi­rés par les prêches de l’aya­tol­lah Kho­mey­ni: le Chah est ren­ver­sé par la ré­vo­lu­tion is­la­mique. Dès lors, l’Iran gèle ses re­la­tions avec Is­raël, un État qu’elle ne re­con­naît plus.

ATHÈNES 2017

En août der­nier, Ma­soud Sho­jaei, foot­bal­leur ira­nien du Pa­nio­nios, de­mande à ne pas dis­pu­ter le match d’Eu­ro­pa League contre le Mac­ca­bi Tel-Aviv, car “ce se­rait les re­con­naître”.

Scan­dale. Fi­na­le­ment obli­gé de jouer, il est ra­dié à vie de la sé­lec­tion sur ordre du mi­nistre des Sports. Sho­jaei ne dis­pu­te­ra pas son troi­sième mon­dial en Rus­sie. Mais res­te­ra comme le pre­mier joueur ira­nien à avoir af­fron­té des Is­raé­liens de­puis trente-huit ans.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.