Ha­tem Ben Arfa

Quinze ans d’al­bums de rap, de Grecs cham­pions d’Eu­rope, de morts tra­giques, de RLD en cla­quettes, de re­mon­tées en ligue 1, de vi­site de Kadha­fi, de cuites en boîte de nuit, de gâ­teau en forme de Mi­nion, d’en­trées en ma­ter­nelle, de ma­lé­dic­tions mayas, de

So Foot - - COMPO - é PAR LES JOUEURS AVEC LA RÉ­DAC­TION / PHO­TOS: PHOTOSHOT/ ICONSPORT, PA­NO­RA­MIC ET AFP/DPPI

est sans doute le rem­pla­çant le plus cé­lèbre de France. En at­ten­dant de trou­ver un nou­veau club, l’em­ployé le moins uti­li­sé du PSG a pro­fi­té de son temps libre pour re­ve­nir sur son an­née 2017. Comme avant lui qua­torze autres joueurs et joueuses qui ont mar­qué les quinze dernières an­nées du foot­ball fran­çais.

2003 par Pe­dro Mi­guel Pau­le­ta Joueur de l’an­née de ligue 1

On était à un an de l’Eu­ro au Por­tu­gal, et tout le monde vou­lait qu’on l’or­ga­nise parce que c’était bien pour le pays, pour mon­trer que les Por­tu­gais en étaient ca­pables. Cette an­née-là, c’est aus­si la sor­tie de l’al­bum Folk­lore de Nel­ly Fur­ta­do, ori­gi­naire des Açores, comme moi: même s’ils sont par­tis au Ca­na­da, sa fa­mille est de Pon­ta Gar­ça, à une heure de chez moi. J’ai écou­té cet al­bum un pa­quet de fois, et c’est d’ailleurs là-des­sus qu’il y a For­ça, la chan­son of­fi­cielle de l’Eu­ro 2004. De cette an­née-là, je me sou­viens aus­si très bien de l’ar­ri­vée de Cris­tia­no Ronaldo en sélection: Fi­go, Rui Cos­ta ou moi, qui étions plus ex­pé­ri­men­tés, avons tout de suite re­mar­qué qu’il était spé­cial. Il avait dé­jà une grosse per­son­na­li­té, tra­vaillait pour être le meilleur. Je me rap­pelle aus­si avoir re­gar­dé le match de coupe des con­fé­dé­ra­tions où Marc-Vi­vien Foé est mort sur la pe­louse. Évi­dem­ment que des gens meurent tous les jours… mais voir quel­qu’un qui a joué avec ou contre toi tom­ber sur le ter­rain, c’est dif­fi­cile.

2004 par Jé­ré­mie Ja­not Pre­mière sor­tie avec son maillot de Spi­der­man

2004, c’est l’an­née de la ma­tu­ri­té en tant qu’homme et foot­bal­leur: Je suis jeune pa­pa, puisque ma fille est née en 2001 et mon fils en 2003, je suis en­fin ti­tu­la­ri­sé par Fré­dé­ric An­to­net­ti et on re­monte en ligue 1 dans la fou­lée. C’était une époque où j’écou­tais en­core NTM en boucle mais aus­si l’al­bum Ti­cal Ø: The Pre­quel de Me­thod Man. Quel kiff! J’ai ja­mais dé­cro­ché de Me­thod Man, alors que je suis in­ca­pable de ci­ter un type d’au­jourd’hui. Cette an­née-là, la Grèce gagne l’Eu­ro. Une chose im­pen­sable. Au­jourd’hui en­core, je ne capte pas. L’en­vie? La chance? Je ne sais pas… Pour moi, le fait ma­jeur de 2004, ça reste tout de même mes va­cances au Ca­na­da. Le cours de l’Eu­ro était fort et j’avais ap­pré­cié la culbute par rap­port au dol­lar ca­na­dien. Cha­cun ses sou­ve­nirs…

2005 par Ha­bib Beye Membre de l’équipe type de L1

2005, c’est un conden­sé par­fait de ce que j’ai connu à Mar­seille pen­dant quatre sai­sons: des chan­ge­ments d’en­traî­neurs, des joueurs de haut ni­veau, une équipe qui avait sur le pa­pier le po­ten­tiel pour être cham­pionne de France… Et on ne gagne rien der­rière. C’est aus­si, un soir d’août, Ro­bert Louis-Drey­fus en cla­quettes sur

la pe­louse avec Abdoulaye Meï­té, La Co­rogne… On a cé­lé­bré cette vic­toire en In­ter­to­to (5-1) comme si on ve­nait de ga­gner l’UEFA. C’était ir­ra­tion­nel, un peu comme la fi­nale Mi­lan-Li­ver­pool que j’avais re­gar­dée à la té­lé­vi­sion quelques se­maines plus tôt. Je suis nos­tal­gique de cette époque: de Ronaldinho qui se fait ap­plau­dir par le Ber­na­béu, de Zi­dane qui re­vient fi­ler de l’es­poir à tout un pays, de Pau­le­ta et de Pa­gis. 2005, c’est aus­si les émeutes, Sar­ko­zy et le Kär­cher… Dans mon im­meuble, il y avait des Ma­ro­cains, des Ka­byles, des Chi­nois, des Fran­çais, on était tous en­semble. On a aus­si vu ar­ri­ver plein de choses sans se rendre compte de l’im­pact qu’elles au­raient. You­Tube, par exemple. Je ne pen­sais pas qu’un jour mon fils pour­rait voir l’un de mes buts en ta­pant “Ha­bib Beye but 2005”. 2006 par Ka­rim Zia­ni Bal­lon d’or… al­gé­rien Quand Zi­dane met son coup de boule à Ma­te­raz­zi, j’étais avec des potes de­vant un grand écran, sur une ter­rasse à Du­baï. Ça mon­trait à quel point un homme pou­vait être aus­si fort et fra­gile dans un même match… D’un point de vue per­son­nel, j’ai re­gar­dé le mon­dial à la té­lé, comme la CAN. Une énorme dé­cep­tion. Heu­reu­se­ment qu’avec Lo­rient, on a va­li­dé notre mon­tée en ligue 1 lors de la der­nière jour­née, à la dif­fé­rence de buts avec Caen. On me­nait 2-1 contre Reims et à cinq mi­nutes de la fin, je marque sur pe­nal­ty, le stade ex­plose. J’ai aus­si mar­qué mon pre­mier but en ligue 1, avec So­chaux, et mon pre­mier en sélection al­gé­rienne. Une an­née faste. Je me sou­viens aus­si du dé­cès d’un sup­por­ter pa­ri­sien, après le match entre le PSG et l’Ha­poël Tel-Aviv. C’est le genre d’évè­ne­ment dont on parle dans un ves­tiaire, plus que des guerres ou de la po­li­tique. J’ai aus­si pris conscience, à 23 ans, qu’il fal­lait ar­rê­ter d’être un pe­tit con. J’avais dé­jà per­du as­sez de temps, et la confiance que Ch­ris­tian Gour­cuff m’a ac­cor­dée m’a beau­coup ap­por­té… On gran­dit tous, un jour. 2007 par Steve Sa­vi­dan Deuxième meilleur bu­teur de L1 Une an­née de fo­lie parce que c’est ma pre­mière sai­son en ligue 1, chose que j’at­ten­dais de­puis

“En 2003, je me rap­pelle avoir re­gar­dé le match de coupe des Con­fé­dé­ra­tions où Marc-Vi­vien Foé est mort sur la pe­louse. Voir quel­qu’un qui a joué avec toi tom­ber sur le ter­rain, c’est dif­fi­cile…” Pe­dro Mi­guel Pau­le­ta, cru de l’an­née

“Au­jourd’hui, je suis tou­jours aus­si con qu’en 2012, sauf qu’à l’époque je por­tais des pan­ta­lons taille basse…” Hen­ri Be­di­mo, ca­gole

très, très long­temps. Je marque le pre­mier but de l’an­née ci­vile au Parc des Princes, où je donne aus­si une passe dé­ci­sive, dans une équipe où pas mal de mecs, dont moi, n’avaient rien à faire là… En plus, c’était la pre­mière fois que Kom­boua­ré re­ve­nait au Parc, il y avait une am­biance de fou. Cette an­née-là, j’ai eu mon deuxième fils… C’est un peu le mo­ment où tu te ré­veilles un ma­tin et tu te dis “bon, va fal­loir ar­rê­ter de jouer

au con”. 2007, c’est aus­si l’ar­ri­vée de l’iP­hone, une ré­vo­lu­tion, et l’élec­tion de Sar­ko­zy. Il avait re­çu Kadha­fi, tiens… Les grandes tentes dans le jar­din de l’hô­tel de Ma­ri­gny, ça m’a mar­qué. C’était le cirque Pin­der! Sans être de gauche ou de droite, j’au­rais ai­mé que Royal passe parce qu’au ni­veau du droit des femmes, on au­rait ga­gné dix ans. Le film qui m’a le plus mar­qué cette an­née-là, c’est Ta­ken, mais il y a aus­si eu La Ven­geance dans

la peau et le film des Simp­sons… Je les re­garde tou­jours, alors qu’on en est à la sai­son 25! Ça ap­prend à mon grand à re­gar­der un film avec un double mes­sage, c’est un bon ou­til pé­da­go­gique, une bonne cri­tique de la so­cié­té. Ni­veau mu­sique, c’était vrai­ment pas ter­rible en re­vanche. Je vois du Da­vid Guet­ta, c’est sû­re­ment l’an­née où il a ap­pris à faire du pia­no… 2008 par Sé­bas­tien Puy­gre­nier Vain­queur de la Su­per­coupe d’Eu­rope Cette an­née-là, je quitte Nan­cy. Ce départ m’a beau­coup tou­ché, j’en ai pleu­ré. C’était comme quit­ter sa fa­mille. Dans le cen­tre­ville, il y avait un res­to ita­lien où j’al­lais après les matchs, avec les gars de l’ASNL. C’était pas très dié­té­tique, mais c’était bon. Le pa­tron s’ap­pe­lait Jean-Ray­mond et par­fois, après avoir man­gé une bonne as­siette chez lui, on fi­lait en boîte, à l’Ar­que­buse... Quelques mois après, je rem­porte la Su­per­coupe d’Eu­rope contre Man­ches­ter Uni­ted avec le Zé­nith Saint-Pé­ters­bourg. J’avais re­joint la Rus­sie trois se­maines plus tôt. On gagne 2-1 à Louis-II, contre Vi­dic, Fer­di­nand, Évra, Na­ni, Roo­ney, Té­vez… Mo­na­co était ga­vé de Russes, le pu­blic à fond der­rière nous et pen­dant la cau­se­rie d’avant match, un garde du corps passe le té­lé­phone à notre coach, Dick Ad­vo­caat: c’était Vla­di­mir Pou­tine! Il vou­lait nous dire que la Rus­sie était der­rière nous. 2008, c’est aus­si la mort de Car­los. Il fai­sait par­tie des chan­teurs que j’écou­tais quand j’étais tout pe­tit, il avait un style bien à lui… Je me sou­viens aus­si du 100 mètres d’Usain Bolt en 9”69. Il m’avait cho­qué par son ai­sance, sa fa­çon de ter­mi­ner com­plè­te­ment re­lax. Je re­tiens aus­si l’élec­tion d’Oba­ma, qui mon­trait que cer­tains a prio­ri pou­vaient chan­ger. 2009 par Gré­go­ry Thil Meilleur bu­teur de L2 Le fait mar­quant, pour moi, c’est la mort de Mi­chael Jack­son. Il n’avait que 50 ans, et je ne di­rais pas que c’était le plus grand ar­tiste de tous les temps, mais qua­si­ment. Sa mort m’a plus mar­qué que Fe­de­rer qui gagne Ro­land-Gar­ros – et pour­tant j’adore Fe­de­rer. Mi­chael, si ça passe en soi­rée, j’y vais tou­jours, sur­tout Billie Jean. Je suis pas un grand dan­seur, mais j’es­saie alors d’avoir le meilleur jeu de jambes pos­sible. Les meilleurs sou­ve­nirs de foot, c’est évi­dem­ment la vic­toire chez nous contre Amiens, pour la mon­tée en L1: on était en CFA quatre ans plus tôt et l’an­née d’avant, on sauve notre tête en L2 à la der­nière se­conde, contre Niort… Ça et mon pre­mier but en ligue 1, le pre­mier de l’his­toire du club, contre Gre­noble. Un dou­blé, in­ou­bliable. Cette an­née-là, je ren­contre aus­si Ste­ven Gerrard à Ibi­za: j’avais pro­mis à l’équipe que je les y em­mè­ne­rais si on mon­tait, donc je tiens pa­role et je paie avion et hô­tel, mais pas les soi­rées. Bref, on se re­trouve un soir dans l’es­pace VIP du Space et Gerrard, mon idole, était là avec ses potes. Avec l’al­cool, je me sens bi­lingue, je vais le voir et je lui ex­plique que je suis avec mon équipe mo­deste, que je suis au club de­puis long­temps et ca­pi­taine comme lui, qu’on vient de Bou­logne-sur-Mer, que c’est un port, avec un peu la même culture ou­vrière que Li­ver­pool. Il était très sym­pa, c’est même lui qui est ve­nu me dire au re­voir en quit­tant la boîte “sa­lut mon pote”. J’ai des fris­sons en y re­pen­sant. Le pire sou­ve­nir, c’est la pre­mière grosse bles­sure de ma car­rière. Je contre une trans­ver­sale de Ru­di Ma­ter du bout du pied et, sur le coup, ma che­ville se plie à 90 de­grés. Tout éclate, rup­ture de deux des trois li­ga­ments ex­ternes de la che­ville. Quand je re­viens six mois plus tard, le club a dé­jà pris trop de re­tard pour le main­tien. 2010 par Mi­chaël Cia­ni Pre­mière sélection en équipe de France J’ai ado­ré cette pé­riode: j’achète une mai­son à Bor­deaux, je fais mes pe­tits bu­si­ness à cô­té du foot, je suis pro­duc­teur de mu­sique, on pré­pare le deuxième al­bum de Poi­son. Le tube de l’an­née, c’est

Alors on danse de Stro­mae: on s’est tous mar­rés là-des­sus mais si tu me le mets au­jourd’hui, je vais te de­man­der d’ar­rê­ter tout de suite. Je dé­couvre aus­si La­dy Ga­ga,

comme tout le monde, et écoute pas mal le pre­mier al­bum de la Sexion d’as­saut, avec Cas­quette à

l’en­vers et tout. Le Wa­ka Wa­ka de Sha­ki­ra par contre, c’était moins mon truc: je ne maî­tri­sais pas la cho­ré­gra­phie. Cô­té foot, c’est la consé­cra­tion pour moi, avec cette sélection avec les Bleus contre l’Es­pagne. J’ai été à deux doigts de faire le Mon­dial et avec du re­cul, je ne suis pas mé­con­tent de ne pas avoir fait par­tie de cette his­toire de grève à Knys­na… Au ci­né, j’avais été mar­qué par Un

pro­phète d’Au­diard, même si je ne suis pas trop ci­né­ma fran­çais. Le seul point noir de la sai­son, c’est le cham­pion­nat. On fi­nit sixièmes, alors qu’on était cham­pions d’au­tomne avec huit points d’avance sur l’OM… On a su as­sez tôt que Laurent Blanc quit­te­rait le club en fin de sai­son pour de­ve­nir sé­lec­tion­neur, et ça a joué sur le men­tal. 2011 par Sé­bas­tien Cor­chia Sixième plus gros trans­fert de l’his­toire de So­chaux De cette époque, je re­tiens sur­tout la sor­tie du film In­tou­chables. Parce que j’aime bien les ac­teurs mais aus­si parce que l’his­toire est émou­vante et uni­ver­selle. Comme je suis de la ré­gion pa­ri­sienne et que j’ai joué au PSG en jeunes, je me sou­viens aus­si de l’ar­ri­vée des Qa­ta­ris. 2011, c’est l’an­née où je signe à So­chaux, qui m’a per­mis de goû­ter à l’Eu­rope avec un match de tour pré­li­mi­naire contre le Me­ta­list Khar­kov. C’est à So­chaux que je ren­contre Sé­bas­tien Rou­det, de­ve­nu plus qu’un co­équi­pier, presque un membre de ma fa­mille, alors qu’on n’est pas de la même gé­né­ra­tion au départ. Mon pire sou­ve­nir, c’est un match à Vannes pour la 37e jour­née de L2, avec Le Mans. On peut qua­si­ment va­li­der notre re­mon­tée, on mène 2-0 à la pause, mais ils re­viennent à 2-2 à un quart d’heure de la fin. Là, on plante le troi­sième à cinq mi­nutes de la fin. Vannes re­vient en­core, deux mi­nutes plus tard. Le match nul res­tait un bon ré­sul­tat mais dans les ar­rêts de jeu, on joue très mal un cor­ner, le mec de Vannes ré­cu­père le bal­lon, re­monte le ter­rain et marque. Vannes est re­lé­gué et nous on fi­nit au pied du po­dium, à la dif­fé­rence de buts. Si on avait ti­ré ce cor­ner à la ré­moise, Le Mans ne se­rait peut-être pas où il est au­jourd’hui… 2012 par Hen­ri Be­di­mo Cham­pion de France La plus belle image de 2012, c’est les gens qui pleurent de joie pour le titre, qui nous suivent du mas du pré­sident Ni­col­lin jus­qu’à la place de la Co­mé­die, mal­gré la pluie. Le soir du titre, j’ai dan­sé toute la nuit. Ce titre, c’est comme la foudre: elle tombe une fois à un en­droit et n’y tom­be­ra pas une autre fois. Cette an­née-là, j’al­lais au ci­né­ma Pa­thé de Mont­pel­lier tous les jeu­dis: le James Bond

Sky­fall était bon. La cam­pagne pré­si­den­tielle, en re­vanche, je m’en sou­viens pas trop. Je me rap­pelle juste de Hol­lande qui dit “moi, pré­sident…” et qui en­chaîne “moi, moi, moi…” C’est être un peu im­bu de sa per­sonne, non? À part ça, je me sou­viens que les Mayas avaient pré­dit la fin du monde pour 2012 et avec les at­ten­tats, les inon­da­tions,

“Pen­dant la cau­se­rie d’avant match de la Su­per­coupe d’Eu­rope 2008 entre le Zé­nith et Man­ches­ter, un garde du corps passe le té­lé­phone à notre coach, Dick Ad­vo­caat: c’était Vla­di­mir Pou­tine!” Sé­bas­tien Puy­gre­nier, Saint-Pé­ters­bour­geois

“La mort de Mi­chael Jack­son m’a plus mar­qué que Fe­de­rer qui gagne Ro­land Gar­ros –et pour­tant j’adore Fe­de­rer” Gré­go­ry Thil, fan 2 “En 2007, j’au­rais ai­mé que Royal passe, parce qu’au ni­veau du droit des femmes, on au­rait ga­gné dix ans” Steve Sa­vi­dan, chien de garde

les trem­ble­ments de terre, j’avoue que je me suis po­sé des ques­tions. Au­jourd’hui, je suis tou­jours aus­si con qu’en 2012, sauf qu’à l’époque je por­tais des pan­ta­lons taille basse... 2013 par Za­cha­rie Bou­cher Gar­dien de l’an­née de L2 Le dé­cès de Man­de­la m’a im­pac­té, parce que c’était un com­bat­tant, un homme qui a pas­sé la moi­tié de sa vie en pri­son à se battre non seule­ment pour sa li­ber­té, mais celle de son peuple. J’avais mis un truc sur mon Twit­ter. Si­non, j’avais bien kif­fé Le Loup de Wall

Street, et pas que pour Mar­got Rob­bie! J’adore Di Ca­prio, c’est un phé­no­mène. Gan­gnam Style de Psy pas­sait pas mal dans le ves­tiaire et ça reste dans la tête. Mais j’at­tache pas mal d’im­por­tance aux paroles… donc je pré­fé­rais une chan­son comme Hap­py de Phar­rell Williams. En plus, c’est la bande ori­gi­nale de Moi, moche

et mé­chant 2 et ceux qui me connaissent savent à quel point j’adore les Mi­nions. J’en ai sur mon sac de foot, sur mon sac de golf… Ma femme m’a même dé­jà fait un gâ­teau en forme de Mi­nion pour mon an­ni­ver­saire. 2014 par Gaë­tane Thi­ney Joueuse de l’an­née Si on ne de­vait re­te­nir qu’une chose, c’est Bré­sil-Al­le­magne, le 1-7. J’étais très triste pour les joueurs et les Bré­si­liens en gé­né­ral, peut-être parce que j’ai pu vivre ce Mon­dial de près, voir un match des Bleus au Ma­ra­ca­na, jouer avec des ga­mins dans une fa­ve­la, pieds nus… 2014 est une an­née char­nière pour moi parce que je fi­nis meilleure bu­teuse eu­ro­péenne des qua­li­fi­ca­tions pour la coupe du monde, mais aus­si parce que je mets un coup franc sur la barre à la 89e mi­nute du der­nier match à do­mi­cile de la sai­son, contre le PSG. S’il était ren­tré, Ju­vi­sy se qua­li­fiait en ligue des cham­pions… C’est aus­si l’an­née de Qu’est-ce qu’on

a fait au bon Dieu?, que j’avais beau­coup ai­mé, parce que ça parle d’in­té­gra­tion, d’iden­ti­té fran­çaise, de mul­ti­cul­tu­ra­lisme. 2014, c’est aus­si l’an­née où je passe mon di­plôme d’en­traî­neuse: j’étais dans la pro­mo­tion de Zi­dane, Dio­mède et Makelele. Zi­dane a beau être un de­mi-dieu, j’ai com­pris qu’il de­vait sa réus­site à son hu­mi­li­té, sa sim­pli­ci­té et son tra­vail. 2015 par De­nis Pe­tric Meilleur n°1 de deuxième di­vi­sion fran­çaise

C’est l’an­née où ma pe­tite est en­trée à l’école ma­ter­nelle, et je me suis po­sé des ques­tions comme n’im­porte quel pa­rent: “Va-t-elle s’en sor­tir toute seule? Va-t-elle réus­sir à par­ler fran­çais

à la maî­tresse?” Parce qu’on parle sur­tout slo­vène à la mai­son… Mais elle s’en est sor­tie! Mon meilleur sou­ve­nir, c’est for­cé­ment la mon­tée en ligue 1 avec Troyes, d’au­tant plus sa­vou­reuse qu’on avait un pro­duc­teur de cham­pagne par­mi nos spon­sors, on en a bien pro­fi­té dans le ves­tiaire… En­fin pas moi, vu que j’avais le contrôle an­ti­do­page: j’ai fi­ni une grosse de­mi-heure plus tard, je n’étais pas dans la même eu­pho­rie que les autres… 2015, c’est aus­si le choc des at­ten­tats de

Char­lie Heb­do: on était dans les ves­tiaires, avant l’en­traî­ne­ment, et on re­gar­dait les images de l’in­ter­ven­tion, après la prise d’otages… C’était ef­frayant mais je me sou­viens de l’uni­té du ves­tiaire quand il a fal­lu mettre le maillot

“Je suis Char­lie”. Les mu­sul­mans de l’ef­fec­tif nous di­saient tous “ce n’est pas ça, l’is­lam”. 2016 par Bap­tiste Rey­net Pro­mu en L1 avec Di­jon C’est l’Eu­ro et j’ai eu la chance d’al­ler voir France-Ir­lande à Lyon. La fi­nale, je l’ai vue à Di­jon, chez Cé­dric Var­rault et on était for­cé­ment très dé­çus. J’ai aus­si sui­vi les jeux olym­piques, les mé­dailles d’or de To­ny Yo­ka et de sa femme, Es­telle Mos­se­ly. J’avais été voir The Re­ve­nant au ci­né­ma, et j’avais ado­ré le film, comme le jeu d’ac­teur de Di Ca­prio… Si­non, l’ac­ci­dent d’avion de Cha­pe­co­ense m’a beau­coup tou­ché, parce qu’on fait le même mé­tier et qu’on voyage sou­vent, donc for­cé­ment on se dit que ça pour­rait aus­si nous tom­ber des­sus. Et puis on ne peut pas ou­blier l’at­ten­tat de Nice. On était en stage, on avait la soi­rée de libre et on était tous en­semble

au res­tau­rant quand on a ap­pris la nou­velle. On a pris peur, d’au­tant que cer­tains joueurs avaient de la fa­mille sur Nice. Ils es­sayaient de prendre des nou­velles… 2017 par Ha­tem Ben Arfa Rem­pla­çant de l’an­née avec le PSG La mort de John­ny m’a mar­qué parce que de­puis qu’on est pe­tits, on le voit à la té­lé. On a chan­té ses chan­sons à l’école. C’est comme si on se voyait gran­dir. Donc quand il meurt, ça nous donne un coup de vieux. Il y a aus­si l’af­faire de l’hé­ri­tage, avec ceux qui sou­tiennent Lae­ti­cia et ceux qui sou­tiennent les en­fants. Ça nous en ap­prend beau­coup sur l’in­fluence d’une cam­pagne mé­dia­tique. Les mé­dias dé­fendent les en­fants Hal­ly­day, et les gens sont très mou­ton­niers, ils s’iden­ti­fient à Da­vid et Lau­ra alors que moi, j’es­saie de gar­der de la dis­tance par rap­port à ce qu’on ra­conte. Si­non, il y a un film que j’ai beau­coup ai­mé en 2017, c’est Le brio. Ça parle d’une fille magh­ré­bine qui vient de la ci­té et veut de­ve­nir avo­cate. Ça se passe mal avec un prof à l’uni­ver­si­té, mais au fur et à me­sure, les deux font un ef­fort pour se com­prendre et une re­la­tion in­time se crée, une re­la­tion d’amour. Et elle de­vient une grande avo­cate, avec une grande élo­quence. C’est un film très fé­dé­ra­teur. Je suis moins mar­qué par les livres, peut-être parce que ma vie en est dé­jà un, de livre… 2017 a été une an­née dif­fi­cile, mais avec beau­coup d’en­sei­gne­ments: je n’ai plus peur de souf­frir. Je ne sais pas com­ment l’ex­pli­quer, mais j’y prends même du plai­sir. Il y a une cer­taine beau­té dans la souf­france.

“2017 a été une an­née dif­fi­cile, mais avec beau­coup d’en­sei­gne­ments: je n’ai plus peur de souf­frir. J’y prends même du plai­sir…” Ha­tem Ben Arfa, au nir­va­na

Me­thod pour rou­ler.“De­puis 2004, j’ai ja­mais dé­cro­ché de Me­thod Man, alors que je suis in­ca­pable de ci­ter un type d’au­jourd’hui” Jé­ré­mie Ja­not, ex­pert du rap jeu

Que des nu­mé­ros 17 dans ma team.

“Je me pré­sente, je m’ap­pelle Hen­ri.”

Le fa­meux ami noir de Vla­di­mir Pou­tine.

Quand tu cherches “bra­vi­tude” dans le dic­tion­naire.

De­vant PSG-Real.

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