L’amour au temps des sé­ries

Society (France) - - SOMMAIRE - PAR AR­THUR CERF / ILLUS­TRA­TION: JULES LE BA­RA­ZER POUR

Avant, c’était simple: on se ren­con­trait, on s’ai­mait, on se quit­tait. Et puis Net­flix est ve­nu tout com­pli­quer et re­mettre en ques­tion la fa­çon dont on se drague, dont on fait l’amour et dont on se sé­pare. Mais que se passe-t-il?

On se drague en y fai­sant ré­fé­rence, on passe nos soi­rées en­semble de­vant, on en fait des mar­queurs de nos his­toires, puis elles com­pliquent nos rup­tures. Ces der­nières an­nées, les sé­ries ont pris une place de choix au coeur du do­mi­cile conju­gal. Au point de de­ve­nir un tue-l’amour?

Jean* croit sa­voir qu’en amour, tout est une ques­tion de ti­ming. Voi­là sans doute pour­quoi, à l’heure de ra­con­ter sa re­la­tion avec Mé­lis­sa*, il com­mence par dé­tailler un bout de l’his­toire de la té­lé­vi­sion amé­ri­caine. “Les So­pra­no s’est ter­mi­née en 2007, The Wire en 2008, c’était le dé­but de Brea­king Bad et je l’ai rencontrée en 2009, au mi­lieu de cet âge d’or des sé­ries, re­si­tue-t-il. On a très vite orien­té la dis­cus­sion vers Mad Men. On al­lait en­fin en sa­voir plus sur l’iden­ti­té de Don Dra­per et la fin de la troi­sième sai­son s’an­non­çait or­gas­mique.” Pen­dant les mois qui suivent cette ren­contre, Jean et Mé­lis­sa flirtent en s’en­voyant des ré­pliques de Parks and Re­crea­tion et des clins d’oeil à The Big Bang Theo­ry. Ils voient leur dé­sir fluc­tuer au gré des ins­pi­ra­tions des scé­na­ristes et fi­nissent par tom­ber amou­reux. “Les sé­ries, ça a créé une his­toire com­mune entre nous”, in­siste Jean. De­puis, ils ont em­mé­na­gé en­semble et par­tagent un compte Net­flix. “La preuve que c’est le grand amour”, conclut Jean. Le jeune homme s’ar­rête au mi­lieu de son ré­cit, le temps de com­man­der un crumble aux fruits rouges –sans chan­tilly, il n’y en a plus– puis dé­roule la suite. D’un ton mo­no­tone, il dé­crit les heures pas­sées à “zo­ner sur Net­lifx” sur un ca­na­pé gris an­thra­cite IKEA avec des poufs “pour les jambes”. Les ma­ti­nées, les après-mi­di et les soi­rées ryth­més par la ré­pé­ti­tion de cette seule ques­tion: “Qu’est-ce qu’on se mate?” “On peut très bien com­men­cer au pe­tit dé­jeu­ner, si­non c’est le soir après le tra­vail, il n’y a pas de règles. Der­niè­re­ment, on a re­gar­dé tout Friends, par ses­sions d’une heure, ça prend du temps. Quand Queer Eye est revenu sur Net­flix, en trois jours c’était di­gé­ré. On a com­men­cé Mind­hun­ter un sa­me­di et on a fi­ni le di­manche.” Leur pro­gramme est dé­jà éta­bli jus­qu’en 2019. “On a pré­vu de re­gar­der Ma­niac avec Jo­nah Hill et Em­ma Stone, The Good Place re­prend le 27 sep­tembre et on a une grosse at­tente pour la sai­son 2 de Big Little Lies.”

Jean et Mé­lis­sa le savent-ils? Ce qu’ils vivent, à sa­voir une re­la­tion amou­reuse en grande par­tie gui­dée par les sé­ries té­lé, est de­ve­nu la norme. En 2016, l’étude Let’s Stay Home and Watch TV pu­bliée dans le Jour­nal of So­cial and Per­so­nal Re­la­tion­ships mon­trait que les couples re­gar­dant des sé­ries en­semble avaient des re­la­tions plus so­lides que ceux qui ne le fai­saient pas. Un an plus tôt, une étude me­née par Net­flix sur plus de 1 000 uti­li­sa­teurs fai­sait le même constat: 72% des couples in­ter­ro­gés as­su­raient qu’une soi­rée en amou­reux idéale consis­tait à se lo­ver l’un contre l’autre de­vant une bonne sé­rie. La preuve que les dia­logues bien écrits et les in­trigues bien

fi­ce­lées sont le nou­veau ci­ment des re­la­tions qui durent. Avec sa femme, le sé­mio­logue François Jost, au­teur de l’ou­vrage De quoi les sé­ries amé­ri­caines sont-elles le symp­tôme?, re­garde Bet­ter Call Saul, s’ap­prête à dé­mar­rer Ozark et The Af­fair. Pour lui, en­trer dans une sé­rie avec sa com­pagne est dé­sor­mais à peu près l’équi­valent de “par­tir en voyage à l’étran­ger”. “Les per­son­nages des sé­ries sont de plus en plus com­plexes et réa­listes, ils font par­tie de la fa­mille. On voit les en­fants gran­dir et on vieillit au même rythme que les ac­teurs, dit-il. Tout ce­la crée des sou­ve­nirs com­muns qui s’ins­crivent dans le temps. Je me rap­pelle par exemple qu’on a passé tout un été à re­gar­der Oz.” La psy­cho­logue Na­tha­lie Ca­mart s’est elle aus­si pen­chée sur la ques­tion. Se­lon cette cher­cheuse et en­sei­gnante à Nan­terre, il n’est pas éton­nant que re­gar­der des sé­ries soit de­ve­nu l’ac­ti­vi­té de couple prin­ci­pale de notre temps. “re­gar­der une sé­rie, c’est un par­tage d’émo­tions, cha­cun vit la fic­tion à sa fa­çon mais en même temps que l’autre, dit-elle. Comme l’offre est de plus en plus im­por­tante, que les gens consacrent plu­sieurs heures par se­maine aux sé­ries avec des per­son­nages qui nous res­semblent, ça fa­ci­lite l’iden­ti­fi­ca­tion. Quand on de­mande aux gens ce que les per­son­nages de leurs sé­ries pré­fé­rées re­pré­sentent, cer­tains ré­pondent: ‘Ce sont des amants po­ten­tiels’ ou bien ‘Ce sont des autres moi’”. Tou­jours se­lon l’étude de Net­flix, un quart des uti­li­sa­teurs trou­ve­raient une per­sonne plus ou moins at­ti­rante en fonc­tion des sé­ries qu’elle re­garde. Ce fut le cas il y a quelques an­nées pour Cin­dy, sé­duite par un in­di­vi­du qui avait lis­té ses sé­ries pré­fé­rées sur le site de ren­contres Ok­cu­pid. Au pre­mier ren­dez-vous, il l’in­vite dans un res­tau­rant thaï qu’elle aime bien. Au se­cond, il l’em­mène voir quelques hu­mo­ristes sur un pla­teau de stand-up, puis l’em­brasse. La réa­li­té les rat­trape dès le troi­sième ren­dez vous, quand il in­siste pour uti­li­ser un plan Grou­pon sur le point d’ex­pi­rer –un faux pas. Mais il fait fort lors du qua­trième ren­dez vous. Alors qu’ils sont chez elle et qu’il s’as­soit sur le ca­na­pé, il de­mande: “Qu’est ce que tu veux re­gar­der?” “Je di­rais que ça nous a per­mis de bri­ser la glace”, re­si­tue Cin­dy. Des États-unis, Erin ra­conte le même genre d’his­toires. Avec son co­pain, leur sor­tie pré­fé­rée consiste à res­ter chez eux et re­gar­der une sé­rie. D’une voix pleine d’en­thou­siasme, elle dé­crit ces “ren­dez-vous” faits de pe­tits ri­tuels. “On es­saye de bien s’ha­biller, comme si on sor­tait, l’un de nous deux cui­sine, puis on ter­mine le re­pas par une glace de­vant une sé­rie et on en dis­cute, dit-elle. En plus de pas­ser du bon temps, ça m’a per­mis de com­prendre comment mon co­pain ré­flé­chis­sait, à quel per­son­nage il s’iden­ti­fiait et fi­na­le­ment qui il était”, ra­conte-t-elle. Même si par­fois, ça dé­rape. Le soir de leur ren­dez-vous pla­ni­fié pour le fi­nal de la pre­mière sai­son de West­world, Erin ne re­con­naît plus son amou­reux. Il reste si­len­cieux, éva­sif, dis­tant. Lors­qu’elle al­lume l’or­di­na­teur et lance l’épi­sode, elle voit son vi­sage, loin d’af­fi­cher une émo­tion à la hau­teur de l’en­jeu. De toute évi­dence, quelque chose cloche. Erin com­prend très vite: en réa­li­té, il ne l’a pas at­ten­due, et a dé­jà re­gar­dé la fin de la sai­son, seul dans son coin. “On s’est en­gueu­lés, confie-t-elle, en­core meur­trie. Il es­sayait de me ras­su­rer en me di­sant que ça ne le dé­ran­geait pas de le re­voir. Mais il n’avait rien com­pris: c’était quelque chose que l’on de­vait tra­ver­ser en­semble. J’ai trou­vé ça com­plè­te­ment in­con­si­dé­ré. Je ne me se­rais ja­mais per­mise. Je me suis sen­tie tra­hie.” Se­lon Net­flix, près d’un uti­li­sa­teur sur deux au­rait dé­jà “trom­pé” son par­te­naire en re­gar­dant un épi­sode sans lui. Soixante et un pour cent des traîtres as­surent d’ailleurs qu’ils le fe­raient da­van­tage s’ils sa­vaient qu’ils pou­vaient s’en sor­tir sans pro­blèmes, et 81% d’entre eux se­raient des ré­ci­di­vistes. Jen­ni­fer* en fait par­tie. Ré­gu­liè­re­ment, cette tren­te­naire re­garde les der­niers épi­sodes dans le dos de sa femme ou conti­nue de bin­ge­wat­cher quand cette der­nière, moins ré­sis­tante au som­meil, s’en­dort. “Ma stra­té­gie consiste à ne pas par­ler des der­niers épi­sodes que j’ai vus, dit-elle. Mais par­fois, je lui spoile des élé­ments sans le faire ex­près. Ma dé­fense, c’est de lui dire que ce n’est que de la té­lé.”

“Fran­che­ment, je pré­fè­re­rais qu’on dorme”

Bru­no* sait que la vie imite par­fois les mau­vais feuille­tons. Pour preuve, sa der­nière ro­mance en date. Tout avait évi­dem­ment bien com­men­cé. Il était fan de Mas­ter of None, elle s’em­bal­lait pour I Love Dick. Leur vie pa­ri­sienne était faite de sa­me­dis plu­vieux et de di­manches ma­tin pas­sés de­vant Net­flix, sous les draps, à en­chaî­ner épi­sode sur épi­sode. Puis les choses ont com­men­cé à mal tour­ner au mo­ment où Friends est ar­ri­vé sur la pla­te­forme de strea­ming. Car Bru­no n’aime pas trop Friends. “J’ar­ri­vais chez elle vers 21h et, chaque soir, je la voyais as­sise à une table, en train de re­gar­der cette sé­rie en bu­vant un verre de vin, se plaint-il. Je li­sais un bou­quin en at­ten­dant qu’elle ter­mine.” D’abord sup­por­table, la si­tua­tion de­vient hors de contrôle lors­qu’ils partent en voyage en Ca­li­for­nie. “On était à Los An­geles, mais elle ne vou­lait pas sor­tir, elle vou­lait juste re­gar­der la sé­rie Friends, ra­conte-t-il, amer. Une fois, après une jour­née de vi­site, alors que l’on avait pré­vu d’al­ler au res­tau­rant, elle a pré­fé­ré prendre un Uber pour ren­trer re­gar­der Friends à l’hô­tel.” Le len­de­main, vers 21h30, Bru­no dé­cide de je­ter un froid. Il ap­puie sur la barre es­pace.

“APRÈS NOTRE RUP­TURE, ON A GAR­DÉ LE MÊME COMPTE NET­FLIX. C’EST COMME ÇA QUE J’AI VU QU’IL CONTI­NUAIT À RE­GAR­DER NOS AN­CIENNES SÉ­RIES PRÉ­FÉ­RÉES. JE N’AR­RÊ­TAIS PAS DE ME DE­MAN­DER S’IL PEN­SAIT À MOI EN LES RE­GAR­DANT OU S’IL LES RE­GAR­DAIT AVEC QUEL­QU’UN D’AUTRE. ÇA ME REN­DAIT DINGUE”

“Fran­che­ment, je pré­fè­re­rais qu’on dorme”, dit-il. Alors ils dorment. Mais le pro­blème re­vient dès le len­de­main, quand Bru­no en­tend les pre­mières notes de I’ll Be There for You. “On n’est pas là pour ça! On est à l’autre bout du monde et on se re­trouve à faire la même chose qu’à Pa­ris!” tente-t-il de la rai­son­ner. Leur his­toire s’achè­ve­ra dès leur re­tour en France. “C’était ab­surde parce que notre re­la­tion s’était construite sur un goût par­ta­gé pour les sé­ries et à la fin, elle m’ex­cluait de cette re­la­tion avec une sé­rie”, ana­lyse-t-il avec le re­cul. En couple de­puis trois ans, Léo* aus­si s’in­ter­roge sur ce que les sé­ries ont fait à sa vie amou­reuse. “Tous les soirs, c’est pa­reil, dit-il. On se fait à man­ger et on se met de­vant la té­lé. Je crois que l’on pour­rait très bien ne plus ja­mais faire l’amour.” Se­lon Na­tha­lie Ca­mart, cette triste der­nière phrase s’ex­plique ai­sé­ment: “Les sé­ries, c’est une bonne al­ter­na­tive pour dé­cul­pa­bi­li­ser le couple: on n’a pas de rap­port sexuel mais on fait un truc à deux.”

Pour au­tant, au­cun chiffre ne prouve que les sé­ries se­raient res­pon­sables d’une chute de la li­bi­do mon­diale. Certes, en 2016, une étude amé­ri­caine pu­bliée dans la re­vue Ar­chives of Sexual Be­ha­vior ré­vé­lait une baisse du nombre de rap­ports sexuels de­puis les an­nées 90, mais dif­fi­cile d’en iden­ti­fier les causes –le contexte so­cio-éco­no­mique et un sen­ti­ment d’in­sa­tis­fac­tion par­ta­gée chez les mil­le­nials joue­rait au moins au­tant que l’ar­ri­vée des sé­ries et des pla­te­formes de strea­ming (lire “Sexe: ça baisse dur” dans le So­cie­ty n°77). En 2015, une autre étude me­née par le sta­tis­ti­cien bri­tan­nique David Spie­gel­hal­ter, dans le cadre de son es­sai Sex by Num­bers, ar­ri­vait au même constat: en 2010, les couples avaient moins de re­la­tions sexuelles qu’en 1990. In­ter­ro­gé sur ces ré­sul­tats, Spie­gel­hal­ter lan­çait: “C’est sû­re­ment Net­flix!” Il n’en fal­lait pas plus pour que le Dai­ly Mail, le New York Post et le Sun re­layent la nou­velle, sui­vis par d’autres mé­dias, pour les­quels l’af­faire semble ac­tée: “Les sé­ries tuent le sexe.” Dans qua­si­ment tous les ar­ticles, David Spie­gel­hal­ter est ci­té. Et il n’en re­vient tou­jours pas. “C’était juste une blague!” dit-il. Na­tha­lie Ca­mart tient d’ailleurs à dé­dra­ma­ti­ser: “Les sé­ries per­mettent aus­si des échanges, sti­mulent l’ima­gi­naire et créent des fan­tasmes pour le couple, donc il est com­pli­qué d’éva­luer leur im­pact sur le dé­sir.” Pour la cher­cheuse en ci­né­ma Iris Brey, au­teure de Sex and the Se­ries, faire le lien entre baisse de la li­bi­do et bin­ge­wat­ching re­vien­drait même à pas­ser à cô­té de la grande ré­vo­lu­tion sexuelle me­née par les sé­ries. “La mul­ti­pli­ca­tion d’hé­roïnes et de sho­wrun­neuses a per­mis une re­pré­sen­ta­tion mul­tiple de sexua­li­tés fé­mi­nines dans les sé­ries. Ces der­nières poussent les spec­ta­teurs à re­pen­ser le sexe, écrit-elle dans son es­sai, en ré­fé­rence à I Love Dick, Mas­ters of Sex, Big Little Lies, Girls ou Love. Toutes dé­cons­truisent les normes de re­pré­sen­ta­tions et par­ti­cipent à une évolution du re­gard sur la sexua­li­té fé­mi­nine. C’est à elles que l’on doit la ré­vo­lu­tion des sexua­li­tés fé­mi­nines.”

Net­flix & split

Il y a quelques an­nées, Erin sor­tait avec un mu­si­cien, sou­vent ab­sent pour cause de tour­née. Au bout de quelques mois, elle dé­ci­dait de par­ta­ger avec lui ses mots de passe Hu­lu et Net­flix. “Pour moi, c’était plus in­time que de lui don­ner le double de la clé de mon ap­par­te­ment, dit la jeune femme. D’ailleurs, quand je lui ai pro­po­sé de faire ça, il a ré­pon­du: ‘T’es sûre?’” Pen­dant quelque temps, Erin et son mu­si­cien ont ain­si pu suivre The Min­dy Pro­ject en­semble, mal­gré la dis­tance, “comme un ren­dez­vous di­gi­tal”. Mais Erin a ra­pi­de­ment dé­chan­té. “Je pou­vais voir tout ce qu’il re­gar­dait, à quelle heure et com­bien de fois, re­si­tue-t-elle. J’avais l’im­pres­sion de le tra­quer. Quelque part, ça a am­pli­fié la dis­tance entre nous.” Ils ont fi­ni par se sé­pa­rer. Fin de l’his­toire? Pas tout à fait. Car pen­dant des mois, Erin a conti­nué de voir ce que son ex re­gar­dait via son compte. “Il pas­sait du temps de­vant nos sé­ries pré­fé­rées. Je n’ar­rê­tais pas de me de­man­der s’il pen­sait à moi en les re­gar­dant, si je lui man­quais, s’il es­sayait de sa­voir si je conti­nuais à les re­gar­der moi aus­si ou s’il les re­gar­dait avec quel­qu’un d’autre. Ça me ren­dait dingue.” Elle a donc dé­ci­dé de chan­ger le mot de passe et de tour­ner la page pour de bon. De­puis, elle n’a plus de nou­velles. Les choses n’ont pas été aus­si simples pour Zac quand il s’est sé­pa­ré de sa co­pine, il y a de ce­la quatre ans. “Après notre rup­ture, j’ai vu qu’elle re­gar­dait les sé­ries d’ac­tion Mar­vel que j’ai­mais bien, alors je me suis de­man­dé si elle pen­sait en­core à moi, se sou­vient-il. Puis elle s’est mise à Orange Is the New Black, alors je m’y suis mis aus­si, en me di­sant que je la re­croi­se­rais peut-être un jour dans la rue et que ça nous fe­rait un su­jet de con­ver­sa­tion.” Le jeune Texan a en­ten­du par­ler de ceux qui at­tendent de voir leur ex ar­ri­ver à la fin d’une sai­son pour chan­ger le mot de passe, mais lui n’a pas le coeur aus­si sec. Quand il l’a mo­di­fié, il y a quelques mois, c’était par pur ha­sard. Il a re­çu un mes­sage de son ex dans les 24 heures sui­vantes. “C’est quoi le mot de passe Net­flix?” Ré­par­tie: “$9,99 par mois.” Mais Zac a fi­ni par cra­quer, il a don­né les nou­veaux iden­ti­fiants. À Pa­ris, Louis* n’a ja­mais par­ta­gé de compte Net­flix. Il le dit lui-même, il n’a ja­mais été “très sé­ries”. Sauf Brea­king Bad, que son ex lui avait fait dé­cou­vrir. En­semble, ils avaient re­gar­dé les quatre pre­mières sai­sons, avant de se sé­pa­rer. “Quand la cin­quième est ar­ri­vée, j’étais in­ca­pable de re­gar­der, dit-il au­jourd’hui. Alors j’ai dû lui en­voyer un mes­sage pour dé­con­ner: ‘Eh la cin­quième sai­son com­mence.’” Le fait est qu’ils se sont re­mis en­semble pour “des rai­sons qui n’ont rien à voir”, sont al­lés au bout de l’aven­ture puis se sont de nou­veau sé­pa­rés. De­puis, Louis s’est en­dur­ci: seul, il a vu les trois pre­mières sai­sons de Bet­ter Call Saul. “J’aime bien, mais je pré­fé­rais quand même Brea­king Bad.”

“TOUS LES SOIRS, C’EST PA­REIL. ON SE FAIT À MAN­GER ET ON SE MET DE­VANT LA TÉ­LÉ. JE CROIS QUE L’ON POUR­RAIT TRÈS BIEN NE PLUS JA­MAIS FAIRE L’AMOUR”

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