PUZZLE PARTY

Society (France) - - EXTRAVAGANZA - JU­LIEN LANGENDORFF

“Je me sens comme un ar­chéo­logue re­cons­ti­tuant des images frag­men­tées et étranges, per­dues de­puis des mil­lé­naires.” Les re­liques cos­miques is­sues du cer­veau de l’amé­ri­cain Tim Klein sont le fruit d’épo­pées au cours des­quelles cet In­dia­na Jones des vide-gre­niers part à la re­cherche de puzzles vin­tage, qu’il s’éver­tue en­suite à ac­cou­pler afin d’ob­te­nir des images contre-na­ture et sur­réa­listes. “La dif­fi­cul­té ré­side dans le fait de trou­ver dif­fé­rents mo­dèles qui uti­lisent les mêmes dé­coupes de pièces, ex­plique le quin­qua­gé­naire aven­tu­rier, in­for­ma­ti­cien la jour­née dans l’état de Wa­shing­ton. Comme il n’y a ja­mais de moyen sûr de le sa­voir, je dois ache­ter beau­coup de boîtes. J’en ai main­te­nant plu­sieurs cen­taines sto­ckées dans ma chambre d’amis.” Lorsque deux puzzles ou plus sont com­pa­tibles, ces ex­pé­di­tions post-da­daïstes at­teignent alors leur cli­max: ca­niche-sphinx trô­nant au som­met d’une cas­cade, pro­messe de ré­con­fort avec un ours en pe­luche em­pri­son­né dans une can­nette de Bud ou mu­ta­tions in­fer­nales (por­ce­let-gre­nouille, va­che­trac­teur), les re­pré­sen­ta­tions kitsch ré­as­sem­blées par M. Klein de­viennent des créa­tures hy­brides et in­quié­tantes. Une ap­proche qui n’est pas exempte de conscience so­ciale, par ailleurs: “Si j’achète un puzzle dans un cha­ri­ty shop mais que je ne peux pas m’en ser­vir car les pièces ne sont pas com­pa­tibles, je me dis qu’au moins, mon ar­gent a été dé­pen­sé pour une bonne cause.” –

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