Sur la place pu­blique

Society (France) - - SOMMAIRE - PAR VIC­TOR LE GRAND ET THO­MAS PITREL, DE MON­TREUIL À KIN­GER­SHEIM

Pen­dant que les Gi­lets jaunes s’élèvent contre la hausse des prix, le mé­pris des élites et les dif­fi­cul­tés à bou­cler les fins de mois, d’autres tentent de ré­in­ven­ter la gauche. Re­por­tage dans les cou­lisses de Place pu­blique, le mou­ve­ment lan­cé par l’es­sayiste Ra­phaël Glucks­mann, l’éco­no­miste Tho­mas Por­cher ou en­core l’éco­lo­giste Claire Nou­vian.

Pen­dant que les Gi­lets jaunes s’éle­vaient contre la hausse des prix, le mé­pris des élites et les dif­fi­cul­tés à bou­cler les fins de mois, un groupe réuni au­tour de quelques per­son­na­li­tés comme l’es­sayiste Ra­phaël Glucks­mann, l’éco­no­miste Tho­mas Por­cher ou en­core l’éco­lo­giste Claire Nou­vian lan­çait le mou­ve­ment Place pu­blique, pour “ré­pondre à l’ur­gence éco­lo­gique, so­ciale et dé­mo­cra­tique de la France”. On a sui­vi ses pre­miers pas.

JO Spie­gel n’en croit pas ses oreilles. “C’est pas vrai?!

Les sa­lo­pards…” Ce 22 no­vembre, le maire de Kin­ger­sheim, com­mune de la ban­lieue de Mul­house, vient d’ap­prendre la nou­velle qui fait ja­ser ses 13 000 ad­mi­nis­trés de­puis ce ma­tin. Le quo­ti­dien L’al­sace ré­vèle que des per­sonnes mal in­ten­tion­nées ont ser­vi aux Gi­lets jaunes blo­quant le rond-point du Ka­li­gone une soupe et du ca­fé bour­rés de laxa­tif à “ef­fet im­mé­diat”. De­puis le dé­but du mou­ve­ment, l’édile de 67 ans, en poste de­puis 1989, a choi­si de ne pas s’en mê­ler. “Ce sont des gens ré­vol­tés qui ne veulent pas des syn­di­cats, des po­li­tiques, pré­sente-t-il. En res­pec­tant leur mou­ve­ment, je ne le ré­cu­père pas. Je crois que dans cer­taines si­tua­tions po­li­tiques, il y a une forme de pu­deur à avoir.” Sur le fond, le maire ex­plique le phé­no­mène par un “cock­tail ex­plo­sif: in­jus­tice so­ciale et fis­cale, anes­thé­sie dé­mo­cra­tique, in­di­vi­dua­lisme. On doit re­cons­truire le pays à par­tir de ces trois in­gré­dients pour faire com­plè­te­ment l’in­verse”.

Le “on” de Jo Spie­gel n’est pas un “on” gé­né­ral. Il dé­signe no­tam­ment les deux per­sonnes qu’il re­çoit cet après-mi­di-là sur le par­vis de son hô­tel de ville: l’es­sayiste Ra­phaël Glucks­mann et l’en­tre­pre­neure Dia­na Fi­lip­po­va, membres fon­da­teurs de Place pu­blique. Avec la se­conde, il co­pré­side ce mou­ve­ment lan­cé of­fi­ciel­le­ment le 7 no­vembre en com­pa­gnie, entre autres, de l’éco­no­miste Tho­mas Por­cher et de la mi­li­tante éco­lo­giste Claire Nou­vian. Le point com­mun de ces cinq pro­fils: une vo­lon­té de ras­sem­bler la gauche telle qu’ils l’ima­ginent, c’est-à-dire cet es­pace va­cant entre Em­ma­nuel Ma­cron et Jean-luc Mé­len­chon dans le­quel s’en­tre­tuent un PS mo­ri­bond, un EELV épar­pillé et

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