DE­MAIN C'ES LOIN

Society (France) - - REPORTAGE - PAR PHI­LIPPE PU­JOL, À MAR­SEILLE PHO­TOS: YOHANNE LAMOULÈRE POUR SO­CIE­TY

C’est l’his­toire d’une ville qui s’ef­fondre. Et d’un maire qui va­cille. Ou l’in­verse. De­puis la chute, le 5 no­vembre der­nier, de deux im­meubles dans le quar­tier Noailles, près du Vieux-port, et la mort de huit ha­bi­tants, la ges­tion de Jean-claude Gau­din est poin­tée du doigt de toutes parts. En 23 ans de règne, le maire de Mar­seille a-t-il fait da­van­tage pour lui-même que pour sa com­mune?

“Le Vieux est au plus mal, ne l’ache­vez pas, lais­sez-le tran­quille, il a un ge­nou à terre.” Le mes­sage tourne un peu par­tout dans les cercles po­li­tiques de Mar­seille ces der­nières se­maines, par­ti­cu­liè­re­ment ceux de droite. “Ne tuez pas le père. Gau­din est ma­lade et cette his­toire d’im­meubles qui s’ef­fondrent,

ça l’a abat­tu.” Tou­jours les mêmes mots, tou­jours les mêmes élé­ments de lan­gage, tou­jours les mêmes mi­miques, avec de la tris­tesse dans le re­gard, de la sup­pli­ca­tion, de la culpa­bi­li­té qui se veut conta­gieuse. Et dé­sor­mais fuite dans le tout-mar­seille un su­jet qui, jus­qu’ici, res­tait ta­bou: les pro­blèmes de san­té du vieux maire de 79 ans. On le pro­met: “Lais­sez-le pas­ser Noël tran­quille­ment, après il dé­mis­sionne.” À la té­lé­vi­sion, sur France 2, Gau­din a même ver­sé une larme: “Pen­dant d’autres pé­riodes, j’étais plus heu­reux de voir les illu­mi­na­tions de Noël.”

Sa ville se fis­sure. Il en est le maire de­puis 23 ans, il y est élu de­puis 53 ans, il compte plus de 130 ans de man­dats cu­mu­lés et voi­là que, de fa­tigue, d’usure, de dé­lais­se­ment, deux im­meubles, un ma­tin de pluie, se sont ef­fon­drés en son coeur même, dans le quar­tier Noailles, près du Vieux-port. Dé­but no­vembre, huit ca­davres étaient sor­tis des dé­combres. De­puis, la fin de règne tran­quille de Jean-claude Gau­din a pris une nou­velle tour­nure. Il est som­mé de jus­ti­fier ce tas

de cha­grin et de co­lère. Pour le mo­ment, il a choi­si d’en­fi­ler le cos­tume du pe­tit vieux fa­ti­gué. Pour­tant, dix jours avant l’ef­fon­dre­ment, il se mon­trait ly­rique pen­dant l’inau­gu­ra­tion de la tour La Mar­seillaise, des­si­née par Jean Nou­vel. Du som­met,

il re­gar­dait sa ville. “C’est un hymne à la re­nais­sance de Mar­seille, un hymne à la lu­mière, di­sait-il. Une marche, un es­ca­lier, une as­cen­sion à des pas­se­relles vers ou dans le ciel.” De là-haut, on peut voir les toits de Noailles, du moins ceux qui sont en­core en place. Car 48% du quar­tier est dé­gra­dé, concluent tous les rap­ports qui ont été adres­sés ces der­nières an­nées à ses ser­vices.

Au coeur de la ville pal­pite dé­sor­mais la ré­volte. “Dans les quar­tiers sud, à Noailles, on nous ap­pelle les cras­seux ; mais même les cras­seux, tu les laisses pas cre­ver. Un peu de cha­ri­té

chré­tienne!” Ké­vin Va­cher est en thèse de so­cio­lo­gie, il ha­bite Noailles et est le porte-pa­role du Col­lec­tif du 5 no­vembre, créé au len­de­main de la tra­gé­die. Il le constate au fil des marches com­mé­mo­ra­tives ou de co­lère: il y a par­mi ceux qui dé­filent des gens des quar­tiers riches, même des gre­nouilles de bé­ni­tier, cha­pe­let en main, en che­mise en jean vi­chy et croix de l’ordre du Saint-sé­pulcre à la bou­ton­nière. Des bi­gots qui forment ha­bi­tuel­le­ment la clien­tèle du pieux maire de Mar­seille. “Là, la nou­veau­té, c’est que sous les dé­combres, il y a la di­ver­si­té mar­seillaise, il y a des ar­tistes, consi­dère Fa­thi Boua­roua, an­cien pré­sident ré­gio­nal de la Fon­da­tion Ab­bé Pierre. On ne s’en est pas aper­çu, mais ce n’est pas qu’un quar­tier d’étran­gers et de sans-pa­piers. C’est un quar­tier qui s’était mis à vivre et dans le­quel il y avait des forces nou­velles qui étaient pré­sentes et qui fai­saient en sorte que la mixi­té so­ciale, il n’était pas né­ces­saire de la dé­cré­ter. Elle était en train de se fa­bri­quer toute seule.” Par­mi les mé­con­tents fi­gurent aus­si les “Plai­nards”. Le quar­tier de La Plaine est ac­co­lé à ce­lui de Noailles. Une ré­no­va­tion de sa place prin­ci­pale s’y dé­roule de­puis plu­sieurs an­nées dans la dou­leur, les ha­bi­tants dé­non­çant no­tam­ment une ex­clu­sion par le prix des lo­ge­ments. “Des res­ca­pés de l’hé­roïne des an­nées 80 sont ve­nus se re­cons­truire ici, puis des bi­kers mul­ti­co­lores des quar­tiers nord avec un ac­cent mar­seillais à cou­per à la hache, les chour­mos du Mas­si­lia Sound Sys­tem, des Mar­seille Trop Puis­sant qui, avant de de­ve­nir un club de sup­por­ters de L’OM, était un mot d’ordre”, dé­crit Al­lès­si Dell’um­bria, cé­lèbre li­ber­taire plai­nard. “Alors

le chan­tier ne se fe­ra pas sans bor­del.” La Ville de Mar­seille, par le biais de la So­leam, son bras ar­mé ur­ba­nis­tique, ve­nait de construire un mur de bé­ton à 340 000 eu­ros cein­tu­rant la place pour fa­ci­li­ter les tra­vaux, quelques jours avant que les im­meubles de Noailles ne tombent, comme de désar­roi. De­puis, ça ne passe pas. Les ré­ponses aux ma­ni­fes­ta­tions qui se suc­cèdent sont in­va­ria­ble­ment la­cry­mo­gènes. De nuages ir­ri­tants sortent des CRS en cui­rasse. “Après la marche de la co­lère le 14 no­vembre, ils sont ve­nus ga­zer jusque dans Noailles, au bas du mé­mo­rial. C’est du mé­pris so­cial et po­li­tique”, s’in­surge Ké­vin Va­cher. Il y a eu par­mi le cor­tège quelques crânes ou­verts et tous ne l’avaient pas cher­ché. L’une des res­ca­pés d’un im­meuble tom­bé à Noailles était si stres­sée au re­tour de la pre­mière ma­ni­fes­ta­tion de sa vie qu’elle a trou­vé son ré­con­fort dans une over­dose de vi­déos de chats mi­gnons qui se font des câ­lins. Une lol­cat thé­ra­pie contre la bru­ta­li­té po­li­cière.

Zom­bies et coups tor­dus

Ré­tros­pec­ti­ve­ment, quelques dé­cla­ra­tions de Gau­din sonnent bi­zar­re­ment. Dans La Tri­bune du 5 dé­cembre 2001, le maire pro­phé­ti­sait, comme un oracle in­ver­sé: “Le Mar­seille po­pu­laire, ce n’est pas le Mar­seille magh­ré­bin, ce n’est pas le Mar­seille co­mo­rien. Le centre a été en­va­hi par la po­pu­la­tion étran­gère, les Mar­seillais sont par­tis. Moi, je ré­nove, je lutte contre les mar­chands de som­meil et je fais re­ve­nir des ha­bi­tants qui payent des im­pôts.” Très exac­te­ment ce qui n’est ja­mais ar­ri­vé. Si bien que dès l’ef­fon­dre­ment, la ges­tion de crise s’est faite comme tout à la mai­rie de Mar­seille: au gré du mis­tral. Ch­ris­tian Pel­li­ca­ni, élu com­mu­niste du sec­teur, a tou­jours dé­non­cé les “tam­bouilles mu­ni­ci­pales”, re­ce­vant en re­tour

sa ra­tion de sar­casmes. “Le jour du drame, je vais sur les lieux rue d’au­bagne, où mon fils tient une ga­le­rie d’art. Et là, je vois ar­ri­ver des bo­ni­men­teurs po­li­tiques, tous ceux qui viennent un peu comme les croque-morts, à cher­cher le sang. J’at­tends la vi­site of­fi­cielle du pré­fet et de Gau­din. Il ar­rive, il me voit et lance: ‘Oh Ch­ris­tian!

Le nombre de lo­ge­ments in­dignes à Mar­seille a été es­ti­mé à plus de 40 000. En 2017, la Ville en a trai­té 18, dont sept vides de tout oc­cu­pant

Tu n’es pas sous les dé­combres.’” Ce jour-là, Gau­din ne lui a pas sem­blé par­ti­cu­liè­re­ment abat­tu. Et puis est ar­ri­vée l’an­nonce mu­ni­ci­pale que l’ef­fon­dre­ment était dû aux fortes pluies, sui­vie le jour même par une soi­rée cho­co­lat re­layée sur Fa­ce­book par deux “bé­bés Gau­din”, Laure-agnès Ca­ra­dec et Yves Mo­raine –elle dé­lé­guée mu­ni­ci­pale à l’ur­ba­nisme, lui long­temps pré­sident de la So­leam, dont on s’in­ter­roge sur l’ac­tion dans la ré­no­va­tion du centre-ville, son ca­bi­net ayant sou­vent tra­vaillé avec la so­cié­té d’amé­na­ge­ment, ce qui pose ques­tion. Le 5 no­vembre, pen­dant que les pom­piers fouillaient les dé­combres de Noailles, les deux élus fai­saient des sel­fies en dé­gus­tant du cho­co­lat dans une as­so­cia­tion qu’ils sub­ven­tionnent. Quelques jours après, une dame qui re­gar­dait pas­ser la grande marche en hom­mage aux vic­times voyait s’ef­fon­drer sous elle son bal­con et s’en sor­tait avec de lé­gères bles­sures. Sou­dain, tout le centre-ville sem­blait se dis­soudre. Du jour au len­de­main, on a écou­té les ha­bi­tants qui dé­non­çaient les risques à vivre dans leurs tau­dis. On a ap­pris que même la pré­fec­ture de po­lice était frap­pée, de­puis plu­sieurs an­nées, d’un ar­rê­té de pé­ril. Dans Mar­seille, de­puis le 5 no­vembre, près de 2 000 per­sonnes ont été dé­lo­gées. Les re­lo­ge­ments sont chao­tiques. Les au­to­ri­tés sont dé­bor­dées. Lors des com­mé­mo­ra­tions du 11-No­vembre, les élus n’ont même pas osé por­ter leur écharpe et sont res­tés à l’écart. Mo­nique Dau­bet, la dé­lé­guée à l’hy­giène pu­blique, est, elle, par­tie tran­quille­ment le 12 no­vembre pour trois se­maines de va­cances en Inde pen­dant que l’on fai­sait ap­pel au bé­né­vo­lat dans ses ser­vices afin de faire face à la si­tua­tion. Les fonc­tion­naires, tou­chés par la honte et la co­lère, n’en peuvent plus, donnent ré­gu­liè­re­ment des in­for­ma­tions aux jour­na­listes ou, pire, aux ad­ver­saires po­li­tiques. Ceux du même camp, ceux qui s’es­pionnent sur les ré­seaux so­ciaux à ne plus en dor­mir, ceux qui en­voient des agents aux réunions des autres, ceux qui jettent leurres et di­ver­sions. Tant et si bien que le di­rec­teur gé­né­ral des ser­vices de la Ville a rap­pe­lé dans un long cour­rier in­terne “le de­voir de ré­serve des agents mu­ni­ci­paux sur les ré­seaux so­ciaux et les mé­dias”. Par­mi ces in­fos, un rap­port de l’agence ré­gio­nale de san­té (ARS) qui étrille la po­li­tique mu­ni­ci­pale. Le nombre de lo­ge­ments in­dignes a été es­ti­mé à plus de 40 000 dans la ville. En 2017, le ser­vice de Mo­nique Dau­bet en a trai­té 18, dont sept vides de tout oc­cu­pant. Avec des prises en charge an­ciennes, par­fois de sept an­nées. “La pré­fec­ture ne peut prendre des ar­rê­tés de pé­ril si les ser­vices de la Ville ne lui donnent pas la ma­tière pour le faire”,

re­grette-t-on à la di­rec­tion de L’ARS. Du cô­té de la So­leam, ça n’est pas mieux. De là-bas aus­si sont dis­crè­te­ment glis­sés quelques chiffres. Presque deux mil­lions d’eu­ros de­vaient être dé­ga­gés de­puis 2016 sur des cré­dits d’état pour 20 im­meubles dé­gra­dés du grand centre-ville. La So­leam n’en a ja­mais fait la de­mande. Elle ins­truit éter­nel­le­ment le dos­sier. Une po­li­tique amorphe, à peine plus ac­tive que l’iner­tie to­tale. “Il y a dans l’aban­don du cen­tre­ville un cy­nisme violent, ter­rible, in­des­crip­tible, de la part de cette mu­ni­ci­pa­li­té en­vers les plus pauvres de ses en­fants.” Le so­cia­liste Be­noît Payan se veut la re­lève d’un par­ti qui ne s’est pas en­core re­mis de ses an­nées Gué­ri­ni, entre af­fai­risme et po­li­tique d’ar­ran­ge­ments. Dans l’op­po­si­tion, Payan ap­prend du “Vieux”, “le der­nier de son es­pèce”. Gau­din l’aime bien. “Quand je suis de­ve­nu pré­sident du

groupe PS au con­seil mu­ni­ci­pal, il m’a dit en apar­té: ‘Au­tour de toi, c’est plein de zom­bies.’ Je lui ai de­man­dé: ‘Qu’est-ce que c’est, un zom­bie, mon­sieur le maire?’ Sa ré­ponse: ‘Un zom­bie, c’est quel­qu’un qui est mort et qui ne le sait pas.’ Ça se vé­ri­fie tous les

jours, ce qu’il me ra­conte.” Be­noît Payan n’y croit pas, au Gau­din pe­tit vieux abat­tu. Il a eu droit comme d’autres à la vi­site dans le bu­reau du maire, où trône, ac­cro­chée sous cadre juste dans

l’en­trée, cette grande pho­to de Game of Th­rones où les têtes de tous les per­son­nages de la sé­rie ont été rem­pla­cées par celles des Ré­pu­bli­cains de Mar­seille. “Re­gar­dez, dit in­va­ria­ble­ment le maire dans un geste ample et ri­go­lard quand il ac­cueille ses vi­si­teurs, ils sont tous là.” Lui est le vieux roi cour­bé sur son épée, au-des­sus de tous ceux qui veulent sa place, ceux de la soi­rée cho­co­lat, Re­naud Mu­se­lier, le pré­sident de la Ré­gion Sud, qui a été pen­dant douze ans son pre­mier ad­joint, ou en­core Mar­tine Vas­sal, la pré­si­dente de la Mé­tro­pole. “Il y en a dé­jà deux qui sont

morts”, s’amuse Gau­din en poin­tant ses zom­bies, son pre­mier ad­joint, Do­mi­nique Tian, in­éli­gible pour fraude fis­cale –il a fait ap­pel–, et ce­lui qu’il a cy­ni­que­ment dé­si­gné une fois comme son suc­ces­seur, Bru­no Gilles, mais qui de­puis a su­bi une greffe de coeur long­temps at­ten­due. “Et ils vont tous mou­rir.” Jean-claude Gau­din est un sar­do­nique, un homme dur. Avec le temps, sa cui­rasse s’est faite croûte. Pour le com­prendre, Be­noît Payan ap­pelle à ob­ser­ver sa longue pé­riode d’ac­cès à la Mai­rie, son che­min de croix. “Les hu­mi­lia­tions, les tra­hi­sons, ses propres re­nie­ments, le pas­sage en pri­son pour Ber­trand, son fi­dèle di­rec­teur de ca­bi­net, le qu’en-di­ra-t-on, la vin­dicte po­pu­laire, les faux pro­cès, les vrais pro­cès: il a connu les hor­reurs de la po­li­tique, les affres de la vio­lence po­li­tique qui n’existe plus au­jourd’hui, qui n’est plus que théo­rique, il sait ce que c’est que de re­ce­voir des lettres en­san­glan­tées chez lui, les me­naces, les stig­ma­ti­sa­tions… C’est une guerre qu’il a me­née de 1965 à 1995 pour la conquête du pou­voir. C’est pour ça que c’est un per­son­nage aus­si cy­nique, et froid, et violent, et dé­ter­mi­né, bien plus mé­chant que ce que l’on ima­gine. Il ne se construit que dans cette ad­ver­si­té.” Dans la guerre, on lui connaît l’oeil vo­race. Et les at­taques qu’il re­çoit de son propre camp de­puis l’ef­fon­dre­ment à Noailles –Re­naud Mu­se­lier a

por­té le coup de grâce en dé­cla­rant: “Le maire bâ­tis­seur de­vient au­jourd’hui maire fos­soyeur”– n’en res­te­ront pas là. “Ça ex­plique qu’il soit Chro­nos, il ne pense que dans le temps long, il ne s’ins­crit que dans la frise his­to­rique, as­sure Be­noît Payan. Et Chro­nos, pour vivre, il mange ses en­fants. Gau­din fait ça pour vivre. Tous ceux qui sont au­tour de lui pour prendre sa place, ils ne se sont pas bat­tus pour ar­ri­ver là. Ils pensent que la ville est à droite parce que la ville est à droite. Ces gens-là ne com­prennent pas que c’est un casse qu’a fait Gau­din, une ef­frac­tion. Il a mis 30 ans pour en­trer dans la banque. Ce n’est pas pour que les Vas­sal ou Mu­se­lier y ac­cèdent en six mois. Gau­din va conti­nuer à les tuer, les uns après les autres.” Re­naud Mu­se­lier le sait. C’est pour­quoi il se tient sur ses gardes, sur­tout de­puis que l’un de ses vice-pré­si­dents, par ailleurs ami et avo­cat, Xa­vier Ca­chard, a été iden­ti­fié comme le pro­prié­taire d’un ap­par­te­ment dans l’un des deux im­meubles ef­fon­drés. Mu­se­lier l’a sus­pen­du de ses fonc­tions, de même qu’ar­lette Fruc­tus, elle aus­si vice-pré­si­dente mais sur­tout ad­jointe de Jean-claude Gau­din en charge du lo­ge­ment. Comme une com­pen­sa­tion, res­sent-elle. “De­puis le drame de la rue d’au­bagne, le pré­sident LR du con­seil ré­gio­nal n’a pas pris soin de me voir ou me té­lé­pho­ner une seule fois pour m’ap­por­ter son sou­tien ou pro­po­ser sa col­la­bo­ra­tion, ex­plique-t-elle dans une lettre se­crète adres­sée au pré­sident du groupe Union pour la Ré­gion. Plus fort en­core, il n’a pas ju­gé né­ces­saire de me pré­ve­nir lors­qu’il a dé­ci­dé de me ‘sus­pendre’ de mes dé­lé­ga­tions au même titre que le vice-pré­sident LR Xa­vier Ca­chard. Cette dé­ci­sion me concer­nant, comme la fa­çon dont elle est prise, in­ter­roge for­te­ment, car elle crée des amal­games in­ac­cep­tables dans les si­tua­tions pour­tant in­com­pa­rables des deux élus qu’elle vise. Coups bas? Coups tor­dus? Es­prit ou guerre de clans? Manque de dis­cer­ne­ment? Quand la po­li­tique se nour­rit d’am­bi­tions dé­vo­rantes, elle ac­couche de pro­cé­dés et de pra­tiques peu ho­no­rables.” Dans les sa­lons po­li­tiques, on pose des pièges à loup sur les che­mins qui mènent à la suc­ces­sion du Vieux.

“Il ne veut pas re­lo­ger les gens”

Dans le même temps, un mé­lange de do­ckers, sup­por­ters, Plai­nards et Mar­seillais en fu­rie contre la Mai­rie se cas­tagnent avec les CRS. “Ce 1er dé­cembre, c’était la pre­mière fois de­puis 1947

qu’il y avait des bar­ri­cades sur la Ca­ne­bière”, ob­serve Al­lès­si Dell’um­bria. Dans les rues de Mar­seille ce jour-là, peu de gi­lets jaunes, quelques syn­di­ca­listes et beau­coup de gens exi­geant un ha­bi­tat digne. Il est vrai que la si­tua­tion peut dé­rou­ter: des pauvres qui sur­vivent dans des tau­dis du centre-ville dont beau­coup sont la pro­prié­té de gens riches par­mi les­quels cer­tains

Rue Jean-roch. Une pièce, 20m2. Un ri­deau, une mère et un fils.

À proxi­mi­té de la rue d’au­bagne.

Rue d’au­bagne.

Ra­chid est sor­ti cher­cher des ci­ga­rettes. Quand il est re­ve­nu, son im­meuble s’était écrou­lé. Deux de ses amis dor­maient à la mai­son.

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