VOUS AVEZ DÉ­CLI­NÉ UNE IN­VI­TA­TION EN PRÉTEXTANT NE PAS ÊTRE LÀ ET, LE JOUR J, VOUS CROISEZ LA PER­SONNE QUI VOUS A IN­VI­TÉ(E)

Society (France) - - DOCUMENT -

DÉ­TAIL DE LA SI­TUA­TION: cette suf­fi­sance ty­pique de ceux qui n’ha­bitent pas à Ciu­dad Jua­rez et re­fusent de suivre les consignes de sé­cu­ri­té élé­men­taires quand ils sortent dans la rue (par exemple, ne pas sor­tir dans la rue) vous per­dra. Alors oui, il fut un temps où bran­dir la carte “week-end chez mes pa­rents” à un vague pote qui vous conviait à son dé­mé­na­ge­ment fonc­tion­nait. Mais au­jourd’hui, les chances pour que quel­qu’un comme vous (c’est-à-dire quel­qu’un qui ouvre son pa­quet de Do­li­prane cô­té no­tice huit fois sur dix) tombe sur le­dit pote le jour du­dit week-end fic­tif de­vraient faire l’ob­jet d’un prin­cipe de pré­cau­tion. Et vous voi­ci pour­tant bat­tant le pa­vé, sur le point de bé­gayer des ex­cuses nulles en vous tor­tillant sur un trot­toir blême. Tout ça parce que vous n’avez pas cru en la puis­sance des sta­tis­tiques.

LA PH­RASE À ÉVI­TER: “C’est pas du tout ce que tu crois!” Non seule­ment c’est tout à fait ce qu’il croit (vous vous êtes bien fou­tu(e) de sa gueule), mais c’est en­core pire que ça (vous vous êtes bien fou­tu(e) de sa gueule ET vous avez vou­lu faire le(a) ma­lin(gne) à jouer avec les sta­tis­tiques).

LA MÉ­THODE: agré­men­tez votre échange avec l’in­di­vi­du d’une tris­tesse de fa­çade tel­le­ment in­son­dable que votre in­ter­lo­cu­teur re­non­ce­ra à vous ques­tion­ner sur sa cause. Une fois le ma­laise ins­tal­lé, re­lan­cez d’un “du coup, je ne vais pas pou­voir la se­maine pro­chaine” qui, une fois rec­ti­fié par votre ami dé­si­reux de ne pas se col­ti­ner un(e) dé­pres­sif(ve) à sa fête (“non, non, c’est ce soir mais ne t’en fais pas…”), jus­ti­fie­ra votre ab­sence tout en la conso­li­dant.

L’AL­LIÉ PO­TEN­TIEL: le chat de Schrö­din­ger. Si ce fé­lin peut être à la fois mort vi­vant, pour­quoi ne pour­riez-vous pas être ici à Poi­tiers?

LA PRO­CHAINE FOIS, PEN­SEZ-Y: ap­pre­nez à pro­non­cer “je n’ai pas en­vie”. En­traî­nez-vous à la mai­son, c’est fa­cile: .

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