PRÉQOUELLE OU RIBOUTE ?

Studio Ciné Live - - Édito - Éric Li­biot, di­rec­teur de la ré­dac­tion

IL S’APPELLE MONSIEUR KAK et il est temps de lui rendre hom­mage. C’est lui qui croque d’un coup de crayon gé­nial ce que le cinéma est en train de ra­con­ter. Son des­sin va­lant mieux qu’un trop long édi­to, je vais donc me conten­ter de pa­ra­phra­ser ce qu’il dit dans la page sui­vante. Après tout, ce sont bien­tôt les va­cances et quand les neu­rones meurent d’en­vie de se pré­las­ser au so­leil, l’im­pos­ture n’est ja­mais loin. Bref. Donc tour­nez la page. Et re­ve­nez ici si vous le sou­hai­tez (si­non mer­ci et à très vite). Ça y est ? Alors ? Pas mal, non ? Et drôle aus­si. Ah ben si, c’est drôle. Ce Spi­der-Man qui ne sait plus où don­ner de la ca­goule et de la toile à l’heure où Hollywood hé­site à le lan­cer dans un re­boot, une se­quel, un re­make, un pre­quel de la suite ou un fla­sh­back de la fin, c’est très juste. En sous-texte et en sous-trait, le des­sin pointe la fri­lo­si­té des studios à tour­ner le dos aux fran­chises en tous genres quand Net­flix et Ama­zon creusent leur sillon dans le cinéma in­dé­pen­dant et semblent ré­col­ter de beaux fruits – Scor­sese, De Ni­ro et Pa­ci­no pro­chai­ne­ment chez Net­flix, ce n’est pas rien. On a tou­jours l’im­pres­sion que les studios vont faire preuve de lu­ci­di­té et se rendre compte qu’ils vont dans le mur à force de mul­ti­plier les mêmes films, mais non. Der­nière preuve en date, La mo­mie, avec Tom Cruise, dont l’in­trigue ne fi­nit ni ne com­mence, s’épuise à mettre en place des per­son­nages fac­tices et des pé­ri­pé­ties mi­nus­cules, le scé­na­rio étant uni­que­ment là pour lan­cer un cha­pe­let de suites, de pré­qouelles et de ri­boutes… dans l’in­dif­fé­rence la plus to­tale, puisque le film s’est (heu­reu­se­ment) plan­té aux États-Unis. La car­rière de la énième ver­sion de l’homme-arai­gnée va aus­si être im­por­tante. Ou pas. Je pré­fère no­ter que Doug Li­man, l’homme de Edge of To­mor­row, ex­cel­lente grosse ma­chi­ne­rie, a réa­li­sé, avec The Wall, sor­ti dé­but juin, un pe­tit film réus­si au bud­get tout mince et au cas­ting in­con­nu. Le sa­lut vien­dra peut-être des réa­li­sa­teurs eux-mêmes, prêts à dire non et à s’in­ves­tir dans le plai­sir. Et s’il n’y en a qu’un, ce se­ra lui : De­nis Villeneuve, qui s’est ac­cro­ché au cultis­sime Blade Runner pour en ra­con­ter la suite dans Blade runner 2049. Le ci­néaste a ou­vert en ex­clu­si­vi­té à Stu­dio Ci­né Live les portes de la salle de mon­tage du film le plus at­ten­du de la ren­trée (le 4 oc­tobre). Une pre­mière pour cet homme dis­cret au ta­lent fou. Les coulisses du film comme si vous y étiez. D’après ce qu’en rap­porte So­phie Be­na­mon, en­voyée avec le sou­rire à Los An­geles et re­ve­nue aus­si sou­riante, Blade Runner 2049 est une suite, certes, mais sur­tout un film de De­nis Villeneuve, réa­li­sa­teur du for­mi­dable Pre­mier contact et des non moins for­mi­dables Po­ly­tech­nique, In­cen­dies et Pri­so­ners. Il a pen­sé cinéma et pas box-of­fice. Une ré­vo­lu­tion là-bas. D’ailleurs, je suis prêt à lan­cer la pé­ti­tion « Non à Blade Runner 2079. » Mieux vaut avoir de la suite dans les idées que de cher­cher des idées pour les suites.

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