Ga­briel et la mon­tagne

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« Comme Ga­briel, j’ai été en­voû­té par l’Afrique. »

Cé­lé­brer un ami En 2009, Ga­briel Buch­man, un étu­diant bré­si­lien, est re­trou­vé mort sur le mont Mu­lanje, au Ma­la­wi, au terme d’un an de voyage au­tour du monde. Un fait di­vers très mé­dia­ti­sé dans son pays. Mais pour Fel­lipe Bar­bo­sa, Ga­briel était bien plus qu’un nom à la une des jour­naux: son ami d’en­fance. C’est l’un de ses mails, en­voyé à sa fa­mille de­puis l’Ou­gan­da, qui l’a in­ci­té à ra­con­ter son his­toire. « Il y par­lait de tous ceux qu’il avait ren­con­trés lors de son pé­riple afri­cain, à quel point ça l’avait ren­du heu­reux. » Ces mots parlent à Bar­bo­sa, lui­même ve­nu en Ou­gan­da don­ner des cours dans une école de ci­né­ma. « Comme Ga­briel, j’ai été en­voû­té par l’Afrique. Je me suis donc sen­ti en ca­pa­ci­té de ra­con­ter l’his­toire de quel­qu’un qui, en cher­chant le bon­heur, va peu à peu se perdre. »

« Je suis par­ti du prin­cipe que Ga­briel avait fait le cas­ting pour moi. »

Jouer avec la réa­li­té Le par­ti pris gon­flé et génial de Bar­bo­sa est ici de confier leurs propres rôles à tous ceux qui avaient croi­sé la route de Ga­briel. « Dans ce pé­riple de 6 000 ki­lo­mètres, je n’al­lais pas avoir les moyens de faire un cas­ting dans chaque pays. Alors je suis par­ti du prin­cipe que Ga­briel avait fait le cas­ting pour moi. » Et tous ont ac­cep­té, nour­ris­sant son scé­na­rio de leurs his­toires per­son­nelles. « En bou­le­ver­sant mon ima­gi­na­tion, ils m’ont don­né la co­lonne ver­té­brale du ré­cit : ra­con­ter Ga­briel se­lon leurs points de vue. À l’ex­cep­tion de la der­nière ligne droite qui le conduit, so­li­taire, vers la mort. »

«Dé­bu­ter par la fin me per­met de don­ner un but au spec­ta­teur. »

Cas­ser la chro­no­lo­gie Ce film s’ouvre sur la dé­cou­verte du corps de Ga­briel. Dès le dé­part, le spec­ta­teur connaît donc la fin fu­neste du voyage. « Je l’ai tou­jours pen­sé ain­si. Un peu en­vers et contre tous. » Mais sans en dé­mordre. « Dans son épo­pée afri­caine, Ga­briel n’avait pas un seul et unique et but, mais des di­zaines. Dé­bu­ter par cette scène me per­met d’en don­ner un au spec­ta­teur pour les deux heures qui vont suivre : com­prendre comment il en est ar­ri­vé là. » Un voyage fas­ci­nant dans une Afrique tout sauf de carte pos­tale.

« Je ra­conte Ga­briel dans toutes ses contra­dic­tions. »

Ne rien en­jo­li­ver Ra­con­ter Ga­briel donne une res­pon­sa­bi­li­té vis-à-vis de sa fa­mille. Et ce, d’au­tant plus que Bar­bo­sa n’en dresse pas un por­trait idyl­lique. « Je le ra­conte dans toutes ses contra­dic­tions. Il était à la fois gé­né­reux et égoïste. Humble et ca­pable de beaucoup d’ar­ro­gance. » Alors qu’à sa mort, la presse l’a pré­sen­té sous un jour uni­que­ment so­laire. Presque comme un saint. « J’étais donc an­gois­sé de mon­trer ce film à sa mère. Mais aus­si per­sua­dé qu’il per­met de com­prendre que Ga­briel est aus­si mort à cause de ses choix in­con­si­dé­rés. Comme s’il avait été en­va­hi par un dé­sir in­cons­cient de mort. » Une dé­marche ca­thar­tique sa­luée par ses proches. Ga­briel et la mon­tagne

De Fel­lipe Bar­bo­sa • Avec João Pe­dro Zap­pa, Ca­ro­line Abras, Luke Mpa­ta… • Sor­tie : 30 août

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