CONFI­DENT ROYAL

STE­PHEN FREARS SIGNE UN RE­TOUR TRÈS EN FORME.

Studio Ciné Live - - Critiques - Laurent Djian

LA RÉVÉRENCE ap­pa­rente avec la­quelle Ste­phen Frears filme tous les pro­to­coles de la royau­té an­glaise confine à la ma­lice. Les fas­tueux plans larges et les longs tra­vel­lings cachent en ef­fet une pointe de mo­que­rie. Le ci­néaste ri­gole en douce de toute cette mas­ca­rade im­pé­riale, de cette ri­gi­di­té. Il se fend d’un hu­mour très cup of tea, d’une fi­nesse ré­jouis­sante. Le plan sur la reine Vic­to­ria en­dor­mie lors d’un ban­quet in­ter­mi­nable ? Il est moins là pour la railler que pour ex­pri­mer le sen­ti­ment de las­si­tude de la Queen. Sa garde rap­pro­chée, en re­vanche, en prend pour son grade. Le mé­de­cin, le ma­jor­dome ou en­core le fils, le Prince de Galles : tous des in­grats ar­ri­vistes qui songent à leur in­té­rêt per­son­nel. Et qui, for­cé­ment, voient d’un très mau­vais oeil l’ami­tié nais­sante de cette reine (éga­le­ment im­pé­ra­trice des Indes, on est en 1887) avec le bel In­dien, Ab­dul Ka­rim. Le va­let va de­ve­nir son confi­dent, son pro­fes­seur, et illu­mi­ne­ra sa fin de règne. Cette sur­pre­nante his­toire vraie n’a pas qu’une va­leur his­to­rique. Frears s’en est em­pa­ré parce qu’elle ré­sonne avec au­jourd’hui. Ab­dul est mu­sul­man, fier de ses tra­di­tions. Le film glisse des pics contre les ré­acs et prône avec in­tel­li­gence l’ou­ver­ture et la to­lé­rance. Et au fait, Ju­di Dench ? Elle ef­fec­tue ce qu’il est de cir­cons­tance d’ap­pe­ler une pres­ta­tion royale.

De Ste­phen Frears • Avec Ju­di Dench, Ali Fa­zal, Mi­chael Gam­bon… • 1h47

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