HAP­PY END

LA POP STAR HA­NEKE S’AUTOPARODIE JUS­QU’À L’AB­SURDE.

Studio Ciné Live - - Critiques - T.B.

HAP­PY END ra­conte l’his­toire d’une fa­mille bour­geoise de Ca­lais dont la for­tune s’est construite sur le BTP. Un ébou­le­ment sur un chan­tier va dé­clen­cher le lent (très lent !) ef­fon­dre­ment de cette cel­lule, dont l’équi­libre a dé­jà été mis à mal dans une sé­quence pré­gé­né­rique dont seul l’Au­tri­chien a le se­cret. L’ac­tion en ques­tion est vue à tra­vers l’écran du té­lé­phone por­table d’une fillette, qui filme son mal-être et son sa­disme. Ain­si po­sé, on sait. La suite ne dé­men­ti­ra rien. Pré­cise, la mise en scène d’Ha­neke aus­culte le quo­ti­dien de cha­cun des membres de la­dite fa­mille, en­fer­mée dans ses cer­ti­tudes de classe. « Tout au­tour du monde et nous au mi­lieu, aveugles », est-il pré­ci­sé, agré­men­té de la men­tion : « Ins­tan­ta­né d’une fa­mille bour­geoise eu­ro­péenne ». Sans blague ? Ici, tout est bien en place. Les pauvres (em­ployés ma­ro­cains, mi­grants) res­tent en pé­ri­phé­rie et entrent dans le cadre seule­ment quand on les y in­vite. Pas sub­til du tout et – cy­nisme oblige – ne cher­chant ja­mais à l’être. À vou­loir bien faire, Ha­neke dé­vi­ta­lise son film. Il agence son pe­tit ba­zar dans une sorte de tor­peur étu­diée, cha­cun des pro­ta­go­nistes évo­luant le plus sou­vent dans des cadres sé­pa­rés par les bar­rières, phy­siques et men­tales, qu’ils se sont for­gées, jus­qu’à l’ul­time sé­quence. La pop star Ha­neke peut donc pas­ser à autre chose. On a bien com­pris la le­çon.

De Mi­chael Ha­neke • Avec Isa­belle Hup­pert, Ma­thieu Kas­so­vitz… • 1h48

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