DES BO­BINES ET DES HOMMES

RÉ­CIT AHURISSANT DE LA FER­ME­TURE D’UNE USINE.

Studio Ciné Live - - Critiques -

EN 2014, l’usine tex­tile Bel Maille de Roanne sert de dé­cor à la La fille du pa­tron, co­mé­die so­ciale d’Oli­vier Lous­tau sur une en­tre­prise me­na­cée. Les ca­mé­ras de ci­né­ma s’en vont. La do­cu­men­ta­riste Char­lotte Pouch reste. La so­cié­té est pla­cée en re­dres­se­ment ju­di­ciaire. Alors, elle filme, six mois du­rant, le pro­ces­sus qui touche tant d’en­tre­prises : la quête d’un re­pre­neur, la mise en place d’un PSE, les pa­roles de ses sa­la­riés qui voient leur vie bas­cu­ler, et aus­si le dis­cours du pa­tron. Ce der­nier ré­pète à l’en­vi qu’il tient à « pré­ser­ver la pé­ren­ni­té d’un savoir-faire dans son an­crage lo­cal ». Il a l’air sin­cère. Mais les pro­pos de ses em­ployés laissent peu à peu ap­pa­raître l’image d’un pa­tron voyou, qui s’est en­ri­chi en cou­lant une boîte. La jus­tice, de­puis, a tran­ché et l’a condam­né. C’est à la fois triste et ré­vol­tant d’as­sis­ter à la fin de l’aven­ture de Bel Maille. Car la ca­mé­ra de Char­lotte Pouch est tom­bée amou­reuse des bo­bines, et met en va­leur les ou­vriers au plus près de leur ins­tru­ment de tra­vail. Le titre du film fait écho à Des sou­ris et des hommes, de John Stein­beck. Pas de doute, la France tra­verse bien une pé­riode vrai­ment dif­fi­cile. S.B.

De Char­lotte Pouch • 1 h 17

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