BLADE RUN­NER

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SCIENCE-FIC­TION

Fin des an­nées 70, l’uni­vers de la SF au ci­né­ma est coin­cé à L’âge de cris­tal, Star Trek, Star Wars et Zar­doz. Mé­chants contre gen­tils, rayons la­ser dans l’es­pace, créa­tures poi­lues. En 1982, Blade Run­ner marque un tour­nant : la science-fic­tion re­vient sur Terre. Sur les trot­toirs, les pa­quets de ci­ga­rette. Votre voi­sin peut être un Ré­pli­cant, une voi­ture vo­lante peut vous tom­ber sur la tête. Le New York Times évoque du « ja­mais-vu ». C’est un film noir, une en­quête po­li­cière dans la brume élec­trique et fan­tas­tique, qui de­vient un per­son­nage à part en­tière. Par la suite, les autres films de scien­ce­fic­tion, comme Ter­mi­na­tor, conti­nue­ront de ter­ri­fier le quo­ti­dien…

RÉA­LI­SA­TEUR

1979. En plein mixage d’Alien, Rid­ley Scott se voit pro­po­ser le script Dan­ge­rous Days, ins­pi­ré de la nou­velle Do An­droids Dream of Elec­tric Sheeps?, de Phi­lip K. Dick. Le réa­li­sa­teur re­fuse, « pas en­vie de ne faire que de la science-fic­tion ». Sur­tout que Scott est dé­jà boo­ké dans une autre ga­laxie, celle de Dune. L’adap­ta­tion du livre de Frank Her­bert, pro­duite par Di­no de Lau­ren­tiis, est sur le point de dé­col­ler, les dé­cors sont dé­jà construits. Mais la mort, à 45 ans, du grand frère de Rid­ley Scott, Franck, plonge le ci­néaste dans la dé­pres­sion. Il doit tra­vailler, s’oc­cu­per pour ne pas som­brer. Tout de suite. Il s’évade dans Blade Run­ner. Et dé­die son film à son fran­gin.

HAR­RI­SON FORD

Ro­bert Mit­chum, Tom­my Lee Jones ou en­core Christopher Wal­ken sont en­vi­sa­gés pour jouer Rick De­ckard. Le sto­ry­board montre même le vi­sage de Dus­tin Hoff­man dans plu­sieurs scènes. L’ac­teur du Lau­réat jette l’éponge. Har­ri­son Ford, qui sort des car­tons pla­né­taires des Aven­tu­riers de l’arche per­due et de Star Wars, sé­duit Rid­ley Scott. « À l’ori­gine, De­ckard de­vait por­ter un cha­peau, mais Scott re­je­ta l’idée », sou­ligne James Clarke dans son livre, Vir­gin Film : Rid­ley Scott. Ouf, on a évi­té In­dia­na Jones contre les Ré­pli­cants. Chuuuuut : l’idée risque de plaire à George Lu­cas…

PRÉ­PA­RA­TION

En avril 1980, Scott re­tra­vaille le script de Dan­ge­rous Days, qu’il veut re­nom­mer Go­tham Ci­ty. Re­fus de Bob Kane, créa­teur de Bat­man. Scott dé­couvre le ro­man Blade Run­ner, si­gné Alan E. Nourse, qui n’a au­cun rap­port avec l’oeuvre de Phi­lip K. Dick. Le titre sonne bien, il le prend. Le tour­nage com­mence le 12 jan­vier 1981 et dure quatre mois. Sous grosse ten­sion. Le ci­néaste bri­tan­nique, peu ha­bi­tué à tra­vailler à l’amé­ri­caine, a du mal à dé­lé­guer la di­rec­tion ar­tis­tique et à chan­ger ses mé­thodes. À tel point qu’il est écar­té à cause du dé­pas­se­ment de bud­get, et que le mon­tage se fait sans lui ! La ver­sion sor­tie en 1982 n’est pas la sienne.

AVEC LE FILM DE 1982, LA SCIENCE-FIC­TION RE­VIENT SUR TERRE: VOTRE VOI­SIN PEUT ÊTRE UN RÉ­PLI­CANT.

Har­ri­son Ford

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