5 RE­MAKES QUI FONT OU­BLIER LES ORI­GI­NAUX

KNOCK, DE LOR­RAINE LE­VY, AVEC OMAR SY, FE­RA-T-IL OU­BLIER L’ORI­GI­NAL DE 1950 AVEC LOUIS JOUVET ? CAR DANS L’HIS­TOIRE DU 7EART, CER­TAINS RE­MAKES SONT DE­VE­NUS BIEN PLUS CÉ­LÈBRES QUE LES FILMS DONT ILS SE SONT INS­PI­RÉS.

Studio Ciné Live - - Zoooom - PAR SO­PHIE BE­NA­MON

LE FAU­CON MAL­TAIS

LE PRE­MIER À EN­DOS­SER ⇢ le cos­tume du cy­nique et désabusé Sam Spade en­quê­tant sur des meurtres liés à une étrange sta­tuette n’est pas Hum­phrey Bo­gart (1). Le po­lar de Da­shiell Ham­mett, pu­blié dans un nu­mé­ro de Pulp ma­ga­zine, sus­ci­ta l’en­goue­ment de la War­ner dès sa pa­ru­tion en 1930. Moins d’un an après, une pre­mière adap­ta­tion voit le jour. Très tor­due. Comme le livre. Mais Le fau­con mal­tais de 1931 est in­ter­dit de dif­fu­sion par le code Hays qui le trouve amo­ral. Un nou­veau re­make, plus lé­ger, voit le jour en 1936 sous la di­rec­tion de William Die­terle (Sa­tan Met A La­dy), avec Bette Da­vis. Mais le stu­dio veut son po­lar et com­mande, en 1940, une ver­sion épu­rée à un jeune dé­bu­tant nom­mé John Hus­ton. Son manque d’ex­pé­rience ef­fraie George Raft, le pre­mier ac­teur contac­té pour le rôle. Hus­ton se tourne alors vers son ami Hum­phrey Bo­gart. L’ac­teur im­pose son phra­sé si par­ti­cu­lier face à une Ma­ry As­tor femme fa­tale à sou­hait. Le film fut un suc­cès. Même Bo­gart en était fier.

ELLE ET LUI

EN 1939, ⇢ Leo McCa­rey in­vente la co­mé­die ro­man­tique ul­time. Un homme et une femme se ren­contrent sur un ba­teau, tombent amou­reux et se donnent six mois pour se sé­pa­rer de leurs conjoints res­pec­tifs. Ren­dez-vous en haut de l’Em­pire State Buil­ding. Le Jour J, il est là et at­tend… Dix-huit ans plus tard, le ci­néaste a du mal à se re­le­ver d’un échec cui­sant : il vient de sor­tir un mélo an­ti­com­mu­niste, My Son John. Il a be­soin d’un suc­cès. L’his­toire d’Elle et lui en cou­leur plai­ra au pu­blic. Il res­sort son scé­na­rio et n’y ap­porte que peu de chan­ge­ments. Ca­ry Grant (2) est très ré­ti­cent quand McCa­rey, son ami, lui pro­pose de re­prendre le rôle pré­cé­dem­ment te­nu par Charles Boyer. Mais la fi­dé­li­té à ce­lui qui lui per­mit de de­ve­nir une star de la co­mé­die vingt ans plus tôt le pousse à ac­cep­ter. Le suc­cès est im­mé­diat. D’autres ci­néastes ont réa­li­sé eux-mêmes le re­make de leur propre film, comme Al­fred Hit­ch­cock avec L’homme qui en sa­vait trop.

BEN-HUR

EN 1925, ⇢ Ben-Hur, l’adap­ta­tion du livre de Lew Wal­lace, dé­fraya la chro­nique. Non parce qu’elle ra­con­tait un épi­sode mé­con­nu de la vie

du Ch­rist, mais parce que Fred Ni­blo fit de son Ben-Hur le film le plus cher de l’ère du muet. Qua­rante-deux ca­mé­ras étaient mo­bi­li­sées pour fil­mer une vé­ri­table course de chars me­née tam­bour bat­tant par les cas­ca­deurs. Des stars comme Dou­glas Fair­banks, Ma­ry Pick­ford et Harold Lloyd étaient par­mi les fi­gu­rants. Vingt-quatre ans plus tard, William Wy­ler, res­pon­sable des fi­gu­rants à la MGM au temps de Ben-Hur, s’est vu confier la res­pon­sa­bi­li­té du re­make avec Charl­ton Hes­ton (3). Sa course de chars d’an­tho­lo­gie né­ces­si­ta pas moins de cinq mois de pré­pa­ra­tion et 78 jours de tour­nage. Ré­sul­tat : 11 Os­cars pour un re­make ! Voi­là de quoi en­cou­ra­ger les pro­duc­teurs d’au­jourd’hui.

LES CHO­RISTES

CLÉ­MENT MA­THIEU, ⇢ le pion qui fait chan­ter les en­fants, Ra­chin, le ter­ri­fiant di­rec­teur, des gar­çons aux voix d’anges, tout est dans La cage aux ros­si­gnols, de Jean Dré­ville. Sor­ti en 1945, le film a ob­te­nu un im­mense suc­cès, et re­çu l’équi­valent d’un Cé­sar ex ae­quo avec Les en­fants du pa­ra­dis. Qua­si­ment soixante ans plus tard, Christophe Bar­ra­tier a ren­du hom­mage au film, dont il a fait un re­make, en réa­li­sant un do­cu­men­taire sur l’en­fant vedette de l’époque, Ro­ger Krebs, so­liste des Pe­tits chan­teurs à la croix de bois. En 2004, Les cho­ristes (4), c’est plus qu’un suc­cès. Un phé­no­mène. Ses chan­sons, écrites par Christophe Bar­ra­tier et Bru­no Cou­lais spé­cia­le­ment pour le film, ont fait le tour du monde.

LA COL­LINE A DES YEUX

EN 1977, ⇢ Wes Cra­ven ter­ro­rise les Amé­ri­cains avec un road trip fa­mi­lial qui vire au drame can­ni­bale. Avec La col­line a des yeux, le maître de l’hor­reur est né. De­puis, on lui doit les sa­gas des Griffes de la nuit (5) et de Scream. Le réa­li­sa­teur français Alexandre Aja, né en 1978,bi­be­ronne aux films de Cra­ven. Le suc­cès de Haute ten­sion (2003), son se­cond film, re­mar­qué au Fes­ti­val de Sun­dance, lui ouvre les portes d’Hol­ly­wood. Le maître l’ano­blit en lui pro­po­sant de re­faire un de ses films. Les fans l’at­tendent au tour­nant. Sa Col­line a des yeux est plus gore, plus ryth­mée, plus ef­frayante que celle de Cra­ven. Knock De Lor­raine Le­vy • Avec Omar Sy, Alex Lutz, Ana Gi­rar­dot, Sa­bine Azé­ma… • Sor­tie : 18 oc­tobre

Ben-Hur (1925) Ben-Hur (1959)

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