TU M’AS PRIS POUR UN PI­GEON ? ES­CA­LA­TOR GE­NY­SIS

Stylist - - News - Un t our d u m onde t rès b ar­ré

Alors que les Bo­li­viens uti­lisent des la­mas pour faire pas­ser de la drogue au Chi­li, et que des pri­son­niers mol­daves uti­li­saient des chats pour faire en­trer de la came en pri­son (il faut croire que cha­cun com­pose avec sa faune), des po­li­ciers du Cos­ta Ri­ca ont cap­tu­ré un pi­geon qui s’ap­pro­chait un peu trop du centre de dé­ten­tion d’ala­jue­la, dans le centre du pays. Son crime? Trim­bal­ler 14 grammes de co­caïne et au­tant de ma­ri­jua­na, comme en té­moignent les photos de l’ani­mal, pos­tées sur le compte Fa­ce­book du mi­nis­tère de la Jus­tice cos­ta­ri­cain. C’est un peu dé­gueu­lasse, mais enfin il fal­lait bien trou­ver une uti­li­té à ces té­tra­podes ai­lés fin de race. Olu­fade Ade­koya est un homme de convic­tions. Par­mi celles qui ont for­gé ce ma­ri aux forts re­lents pa­triar­caux et mi­so­gynes: une bonne épouse est une épouse qui cui­sine… en temps et en heure. De­puis vingt-cinq ans, et se­lon les dires du pauvre bougre de 57 ans, sa femme lui ser­vait le re­pas trop tard lors­qu’il ren­trait le soir mettre les deux pieds sous la table. Un ar­gu­ment de taille qui a pré­va­lu dans ce cas de di­vorce, puisque, se­lon le quo­ti­dien Van­guard, le tri­bu­nal d’iko­ro­du à La­gos lui a don­né rai­son en août der­nier. «Il n’y a au­cune jus­ti­fi­ca­tion d’en­tre­te­nir une femme qui m’af­fame», avait-il ajou­té pour sa dé­fense. Son ex le soup­çonne plu­tôt de vou­loir se mettre à table avec une autre femme… Pas­sa­ble­ment aga­cé par des re­la­tions qui ne ces­saient de se dé­té­rio­rer avec son em­ployeur – le roi de l’es­ca­la­tor Schind­ler – qui ve­nait de le ré­tro­gra­der, un em­ployé ja­po­nais a dé­ci­dé de se ven­ger à sa fa­çon. Plu­tôt que de vo­ler de la pa­pe­te­rie ou de mettre le bronx à la ca­fet’, il s’est tout bon­ne­ment amu­sé à blo­quer plu­sieurs as­cen­seurs d’im­meubles si­tués près de To­kyo (sym­pa pour les claus­tros). Une femme s’est d’ailleurs sen­tie mal et a dû être hos­pi­ta­li­sée se­lon le Ja­pan Times. Le pe­tit plai­san­tin a été re­mer­cié et un pro­prié­taire a por­té plainte.

lle avance, le re­gard per­du, cher­chant son che­min et le sens de sa vie dans les rues mornes de Paris. Co­rinne Mar­chand sent mon­ter en elle une im­mense an­goisse et plus que ja­mais tu la com­prends.tu re­gardes Cléo de 5 à 7 d’agnès Var­da. Un orage gronde, mais ce n’est pas dans le film. Le mois d’août touche à sa fin et c’est seule­ment en cet ins­tant que tu en prends conscience.tu au­ras pas­sé tout l’été avec des vieux ou des morts, dont d’ailleurs on né­glige trop sou­vent la com­pa­gnie.tu t’es en­fer­mée dans ton ap­par­te­ment dont tu ne sor­tais que la nuit, comme tout mort-vi­vant qui se res­pecte, pour re­joindre le vi­déo­club – en­droit mo­ri­bond lui aus­si, tu le concèdes au lec­teur – afin de te ré­ap­pro­vi­sion­ner en fi­gures du pas­sé. Res­nais, Ri­vette, Truf­faut plus oc­ca­sion­nel­le­ment, ils ont tous fait un tour dans ta chambre où tu les at­ten­dais dans un lit per­pé­tuel­le­ment dé­fait.tu étais ra­vie du pro­gramme que tu t’étais choi­si pour les va­cances, pré­fé­rant la Nou­velle Vague à tout autre tour en mer. Tu as tou­jours chéri l’idée, de­puis l’école pré­ci­sé­ment, que cette pé­riode d’entre-deux avait un pou­voir obs­cur, ce­lui de faire gran­dir pour mieux af­fir­mer les contours d’un nouvel être, à la ren­trée. À l’époque, tu pou­vais comp­ter sur la crois­sance pour prendre quelques cen­ti­mètres, en long ou en large se­lon les crus. Dé­sor­mais, il n’y a plus que ton es­prit qui puisse en­core chan­ger de di­men­sion. Du moins, l’es­pé­rais-tu quand tu es al­lée ré­gler l’abonnement du­dit vi­déo­club, à la même époque où d’autres se ren­daient chez un tour ope­ra­tor pour prendre un billet vers la Grèce. Car tu as re­mar­qué que nombre de tes fré­quen­ta­tions, les vi­vants es­sen­tiel­le­ment, ont co­ti­sé toute l’an­née pour s’of­frir quelques jours par­fai­te­ment fas­tueux, ou­blier la mi­sère du monde et la leur aus­si, celle qui les guette dès le retour. Mais la plu­part de ces êtres ont choi­si des pays en crise, au bord de la faillite, pour goû­ter aux joies du luxe égoïste. Tu te de­mandes s’ils res­sentent mieux leurs pri­vi­lèges de plage quand le reste de la po­pu­la­tion est en train de se noyer. Que de­viennent-ils, d’ailleurs, ces autres que tu fré­quen­tais en­core au mois de juin? Tu ral­lumes ton or­di­na­teur, à re­gret, pour prendre quelques nou­velles de ce beau monde. Et tu dé­couvres quan­ti­té de pho­to­gra­phies de pieds ca­chant une mer azur à l’ar­rière-plan. Tu per­çois croître en toi une sourde pa­nique.tu te sens bor­der, dés­équi­li­brée par­mi ces bons vi­vants. Si tu ne re­trou­vais plus ta place à la ren­trée? Tu ouvres les vo­lets. Tu te re­gardes dans un mi­roir. Tu as un peu le teint de la fille Fritzl quand elle sor­tit enfin de sa cave. Tu sais que tu ne pour­ras pas dire la vé­ri­té quand les autres te de­man­de­ront ce que tu as fait, ces der­nières se­maines. Tu au­ras tou­jours la pos­si­bi­li­té de plai­der des va­cances dans le Nord.tu hé­sites, dé­cides de pro­lon­ger la trêve de quelques heures de plus, et poses un film de Bru­no Du­mont dans le lec­teur, parce que le Nord aus­si, c’est mieux au ci­né­ma.tu re­fermes les vo­lets. Noir.

“TU LES AT­TEN­DAIS

DANS UN LIT PER­PÉ­TUEL­LE­MENT

DÉ­FAIT”

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